Le Potentiel (Kinshasa)

Afrique: 5ème Forum pour le développement de l'Afrique - La CEA réfléchit sur les freins au développement du continent noir

Freddy Monsa Iyaka Duku

20 Novembre 2008


Kinshasa —

1958 - 2008. Il y a 50 ans que la Commission économique pour l'Afrique a été créée. De commun accord avec la Banque africaine de développement et l Union africaine, la CEA a tenu à fêter cet anniversaire de façon particulière en organisant le VIème Forum pour le développement de l'Afrique. Forum qui se déroule depuis hier mercredi à Addis-Abeba avec comme thème principal: «Agir pour l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'élimination de la violence contre les femmes en Afrique». Un thème d'une importance particulière pour autant qu'il se penche justement sur les insuffisances qui freinent le développement réel du continent.

Près de 500 délégués venus de tous les coins de l'Afrique mais également de l'Europe et des Etats-Unis sont réunis à Addis-Abeba pour parler du développement de l'Afrique. Une rencontre qui marque le 50ème anniversaire de la Commission économique pour l'Afrique, CEA. Rencontre qui a été également rendue possible grâce au concours de la Banque africaine de développement. La BAD s'est engagée à imprimer une nouvelle impulsion à toute initiative visant à relancer le développement de l'Afrique.

Le choix de la réflexion porte sur la place et le rôle de la femme dans le processus du développement tant au niveau national que régional. Ce qui explique certainement le choix du thème central: « Agir pour l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'élimination de la violence contre les femmes en Afrique ».

Un choix qui pourrait se justifier par le constat amer fait par l'Union africaine depuis que cette initiative a été lancée en 1999. Certes, il a été constaté que certains pays africains ont réalisé un taux de croissance allant de 5 à 10 pour cent. Mais ce résultat moins performant par rapport aux Objectifs de développement du Millénaire, ODM, ne peut permettre de relever les défis de la pauvreté, de la santé, de l'éducation pour ne citer que ceux-là. D'où cette préoccupation d'investir dans la femme afin qu'elle accompagne toutes les volontés exprimées dans le cadre du développement tant au plan national que régional.

Tour à tour, le président de la BAD, Donald Kaberuka, le président de la Commission africaine, Jean Ping, la déléguée du Canada sont montés à la tribune pour mettre un accent particulier sur la nécessité de renforcer la capacité de la femme à travers l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes pour que la femme assume ses fonctions d'agent économique.

Pour sa part, le président de la République de l'Ethiopie s'est voulu pragmatique. Après avoir salué cette initiative et reconnu les efforts accomplis par plusieurs pays africains, il a tenu à faire remarquer que ce résultat moins performant a des incidences sur la pauvreté, mais également sur la femme et l'enfant.

Mais au-delà, il a insisté sur le fait que cette réflexion se tient au moment où l'Afrique a des défis importants à relever face à cette crise alimentaire qui s'annonce impitoyable, aux effets néfastes du changement climatique, et pire, la crise financière internationale qui cause déjà des dégâts. Cette crise, a-t-il dit, est une menace pour la femme, la réduction de la pauvreté devant les insuffisances de moyens financiers qui freineront la croissance, empêcheront la création des emplois. Or, ce sont justement la croissance et la création des emplois qui permettront à la femme de jouer le vrai rôle économique que l'on attend d'elle.

Devant cette situation inquiétante, le chef de l'Etat éthiopien a invité les organisateurs et les participants à élaborer un plan d'action détaillé et réaliste. Ce plan portera sur les stratégies de production, notamment agricole, l'accès au crédit à tous, la fourniture de l'énergie et le renforcement spécifique bien sûr de la femme en la responsabilisant. Ce plan devra être adopté tant au plan national que mondial afin de combattre la pauvreté.

Evidemment, les débats en plénière qui ont débuté depuis hier mercredi, porteront sur différents aspects du problème relatif au développement de l'Afrique. Comment intégrer la femme africaine dans le processus de développement sans perturber un certain ordre national marqué par les exigences de la culture ou les cultures africaine. Ce qui amènera le forum à s'appesantir sur les droits coutumiers, le droit foncier, les pratiques traditionnelles nuisibles et les institutions, l'accès à l'emploi, les droits économiques, les droits politiques, l'impact des médias, la bonne gouvernance, et nous en passons. Autant de sujets intéressants pour mieux apprécier et savoir comment agir en ce qui concerne l'égalité des sexes.

Comment réagir face à cette mondialisation? Une participante a fait une réflexion intéressante. " Agir pour l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'élimination de la violence contre les femmes en Afrique, c'est avant tout une réaction morale. Mais elle doit être surtout économique". FREDDY MONSA IYAKA DUKU, ENVOYE SPECIAL A ADDIS-ABEBA

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