Certains musées à Gorée ne jouent pas leur véritable rôle dans la transmission de la mémoire de la traite atlantique. Les Musées d'histoire, de la femme, de la mer gagneraient à s'imprégner du travail de la Maison des esclaves. Gorée doit jouer pleinement son rôle de patrimoine mondial de l'humanité.
Pour le directeur du patrimoine, Hamady Bocoum, la transmission, sans altération, des mémoires de la traite atlantique, que l'île a si bien incarné jusqu'ici, doit être dans l'agenda de l'ensemble de ses sites historiques de Gorée. Les musées doivent, à l'image de la Maison des esclaves, jouer pleinement leur rôle dans la vulgarisation de l'histoire de la traite négrière. Mais certains musées de Gorée sont des lieux 'hors sujet', regrette Bocoum. Car, fait-il remarquer, les messages véhiculés ne prennent pas en compte la tragédie qui a eu pour cadre Gorée.
'Sans changer leurs thématiques actuelles dans la typologie des communications des musées, les autres structures pourraient évoluer vers une plus grande imprégnation dans l'ambiance de la traite atlantique', a indiqué le directeur du patrimoine, lors de la conférence organisée, trente ans après le classement de l'île au patrimoine mondial, dans le cadre du dernier festival Gorée Diaspora. Pour Bocoum, le message des musées goréens peut être axé sur le thème qui motive la plupart des visites sur l'île : la traite négrière.
Parmi les institutions muséales qui doivent orienter leur communication, on cite le Musée de la femme 'Henriette Bathily'.Il gagnerait, souligne Hamady Bocoum à s'orienter vers la dimension genre dans le contexte de la traite. En plus de la vulgarisation de la place et vie de la femme africaine, il pourrait inclure le rôle des femmes dans la résistance et la libération du peuple noir.
Le Musée de la mer aussi pourrait recentrer son récit sur la traversée, les conditions et l'abominable vie des esclaves dans les caves des négriers. Le Musée Historique, quant à lui, a les ressources pour présenter au public un panorama exhaustif et illustré de la production historique, documentaire et archivistique sur la traire atlantique. Il peut, d'après Bocoum, aider à rendre l'image de Gorée plus conforme à la diversité qui régna en ces lieux colonisés par les Hollandais, les Français, les Anglais, etc.
A côté de ces structures, le patrimoine immatériel a aussi sa place dans la transmission et la valorisation de la culture de l'île, en particulier le style musical dénommé Assico. 'Nous ne devons pas nous limiter seulement aux Signares', soutient Hamady Bocoum. Pour arriver à ces résultats, plaide un élu de l'île de Gorée, Doudou Dia, 'il faut former les populations sur la sauvegarde du patrimoine'. L'ancien directeur de l'Unesco Amadou Moctar Mbow, suggère, la création dans les maisons de chambres d'hôte par les Goréens pour accueillir les visiteurs. Ceci, afin de tisser des liens plus forts avec la diaspora qui vient se ressourcer sur la terre de leurs ancêtres.

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