L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Andry Ratovo
21 Novembre 2008
Après la sortie du nouveau texte fixant le statut du sport à Madagascar, le CIO a saisi le Comité olympique malgache. L'intégration du Sport malgache au niveau international est compromise. L'étau se resserre petit à petit autour de Jean Louis Robinson, ministre de la Jeunesse, des sports et de la culture.
En session extraordinaire, hier, à Mahamasina, les membres du Comité olympique malgache (COM) se sont adressés au Comité international olympique (CIO). Ils y ont fait part de leur point de vue sur le nouveau décret gouvernemental fixant le statut du sport à Madagascar.
Ils étaient assistés par quelques présidents de fédérations sportives affiliées. Une loi qui a fait couler beaucoup d'encre dans la mesure où elle est jugée comme contradictoire par certains membres du mouvement sportif. Cela que se soit sur la forme ou sur le fond par rapport à la charte olympique.
Aucune information officielle n'a filtré de cette réunion. Certains membres du COM ont toutefois promis d'émettre un communiqué, sans préciser ni l'heure ni la date exacte, aux quelques journalistes qui ont attendu à l'extérieur. Peu de temps après, les langues se sont déliées et le contenu de la missive envoyée au CIO fut enfin dévoilé. Un rapport qui n'augure rien de bon pour le ministère des Sports, auteur principal de ce fameux texte.
«Nous regrettons l'initiative du ministère responsable des Sports quant à la prise de telles mesures sans consulter l'avis du COM. Nous n'avons pas manqué de citer, dans le rapport adressé au CIO, certains points saillants du décret qui pourraient entraîner la suspension de toutes les fédérations sportives nationales vis-à-vis des fédérations internationales», s'inquiète un président de fédération membre du COM.
Un beau geste pour sauver le sport malgache mais qui vient un peu tard. Le comité olympique a brillé par son silence depuis quelques années et monte au créneau seulement quand il se trouve dans l'oeil du cyclone.
En attendant la réplique du CIO, l'ambiance reste tendue à Madagascar. Le ministère, après avoir promulgué ce nouveau texte, exhorte toutes les fédérations à proposer chacune une date pour organiser leur assemblée générale élective. Aucune d'elles n'a, jusqu'ici, bougé le petit doigt.
«Organiser des élections n'est pas du ressort du président de la fédération. Nous avons, au sein de la FMF, une commission électorale et il lui appartient d'en décider», a-t-il formulé avant d'enchaîner que «même si le ministère n'a pas limité le mandat d'exercice des présidents de fédération, je ne me porterai pas candidat.
Avec ce nouveau texte, Madagascar sera sûrement exclu du mouvement international sportif. Une fédération coupée du réseau international, merci je ne suis pas intéressé», a-t-il souligné. De son côté, Mamy Rakotoarivelo, président du COM, s'abstient de tout commentaire afin d'éviter des polémiques autour de cette affaire.
Une affaire qui pourrait remettre en cause le poste de Jean Louis Robinson. Ndalana Réné, Henri Randrianjatovo et Xavier Patrick Ramiaramanana, ses prédécesseurs, en savent quelque chose. En outre, entre le gouvernement malgache et le mouvement sportif international, à savoir la CIO, ainsi que les différentes fédérations sportives internationales, le bras de fer est engagé.
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