Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Maïs et palmier à huile - 1,300 millions d'hectares de terrain pour les Sud -Coréens

Z.R.

21 Novembre 2008


Les Coréens du Sud négocient. Une première délégation d'investisseurs est venue au mois de Mai. Elle aboutit à l'issue de son séjour à un mémorandum. Elle est revenue au mois de juillet, avec plus d'empressement et de détermination. Résultat, la préparation de la signature d'un contrat très important avec le gouvernement malgache. Les détails ont été entourés de discrétion.

Les quelques informations qui ont filtré à cette époque ont fait part tout simplement de la grande volonté des Sud- Coréens d'investir dans l' agro- business à Madagascar et l'intérêt qu'ils portent à la culture de maïs et de palmiers à huile. Une forte délégation sud-coréenne est encore venue fin octobre rencontrer les autorités malgaches. Sa présence confirme l'importance des négociations et du partenariat établi même si rien n'a encore été signé.

Elle a été conduite par le Président de la Compagnie Daewoo Madagascar, Kim Kwon Lin, accompagné du Président Directeur Général de Kores Resources Corporation, Kim Sihng Jong, du représentant de Daewoo Logistics Corporation, Yong Nam Ahn, et enfin du Vice-Président de la compagnie Posco EC, Jeong Tae Hyun. Elle a rendu compte au Chef de l'Etat des progrès et avancement des investissements qu'elle appuie à Madagascar.

De quoi s'agit-il exactement ? C'est Daewoo qui apporte les précisions. La nouvelle est reprise dans la presse anglophone, Financial Times et BBC en tête. Les Coréens du Sud veulent louer pour 99 ans des terrains arables à Madagascar d'une surface de 1,300 millions d'hectares pour la culture du maïs. La surface louée représente l'équivalent de la moitié de la Belgique. Ou encore de la moitié des surfaces cultivables à Madagascar.

Négociation. Daewoo Logistics estime qu'elle ne doit rien avoir à payer pour l'acquisition du terrain. Comme il s'agit d'un bail pour 99 ans et le montant du loyer n'étant pas encore fixé, elle pense encore négocier. D'après la compagnie, le terrain est non développé mais les investissements permettront de donner du travail aux malgaches. Les prévisions avancées tablent sur la création de quelques 70 000 emplois. Daewoo Logistics pense utiliser de la main d'oeuvre locale et des experts sud-africains. Madagascar bénéficiera aussi des infrastructures, routes en particulier, qui seront construites.

Toujours est-il que selon un diplomate européen, «il n'y aura que des bénéfices très limités pour Madagascar » parce qu'il ne s'agirait que d'un «projet d'extraction». Autrement dit, Daewoo va seulement planter du maïs sur 1 million d'hectares dans la zone Ouest et du palmier à huile à l'Est sur 300 000 hectares. Elle exportera la récolte brute en Corée du Sud et dans d'autres pays. En d'autres termes, les usines seront ailleurs, mais pas à Madagascar. Daewoo Logistics pense réaliser 5 millions de tonnes par an d'ici 2023.

Daewoo Logistics à travers sa filiale, Madagascar Future Enterprise, a déjà entre les mains son agrément pour effectuer des études pour l'exploitation de plantations de palmiers à huile, de maïs et de soja dans plusieurs régions du pays. Selon les explications de son Président, Daewoo Logistics s'intéresse tout particulièrement à Madagascar parce que le pays présente des similarités avec l'Indonésie où son entreprise travaille déjà dans le domaine de l'agriculture, particulièrement dans la plantation de palmiers à huile et qu'il y a une forte demande mondiale, estimée à 50 millions de tonnes par an.

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AllAfrica - All the Time
Author: Micely
Sun Nov 23 12:47:40 2008

Selon mon opinion personnelle, l'acceptation par le gouvernement malgache de ce projet sud-corréen, pose des questions sur sa vision de l'intérêt du peuple malgache dans tout projet. Comme l'affirme l'un des experts corréen, "le bénéfice pour MAdascar sont limités" pour ce projet, en effet aucune usine ne sera construite dans ce pays. Et encore heureux si l'on regarde bien, car les usines agro-alimentaire sont parmis les plus polluantes. Economiquement parlant, ce projet pourrait orienter Madagascar vers une économie d'extraction de matières premières. Il faut savoir qu'une telle économie n'a aucune chance de se dévolopper ,dans le sens humain du terme, mais verra plutôt grandir sa dépendance, et créera une population de travailleurs peu qualifiés. Environnementalement, le mais et l'huile de palme sont des plantes qui recquirent beaucoup d'eau. Il faut s'attendre à ce qu'une grande partie de l'eau disponible dans les régions de plantation sera utilisée uniquement pour le projet. De plus, de grandes étendues de maîs vont détruire les aménites qui auraient pû constituer des ressourves intéressantes pour le tourisme qui est en train de se construire à Madagasacar. Tout cela sans parler bien sûr de la destruction des éco-systèmes particuliers et fragiles qui ne résisteront pas à la mécanisation et l'introduction de "choses" extérieures. Au niveau de la position de Madagascar par rapport à l'environnement international, l'image de Madagascar va se dégrader considérablement, non seulement en terme de "valeur" du pays, mais aussi en terme de capacité de négociation. Quels bénéfices le gouvernement espère-t'il? La construction de routes? La construction d'infrastructures? Toutes ces choses bénéficient déja de lignes crédit de la part de l'Europe et d'autres organismes internationaux de financement, le problème est que l'argent ne va jamais ou il doit... Laisser une terre en jachère est à mon avis mieux que l'exploiter intensivement à n'importe quel prix...


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