Face à l'ampleur des accidents de la route sur la RN1(66 morts et une trentaine de blessés), le gouvernement annonce des mesures drastiques pour mettre de l'ordre dans le transport routier: "les contrôles et la répression vont s'accentuer". C'est le ministre des Transports entouré de ses collègues de la Sécurité, Emile Ouédraogo, du Travail et de la Sécurité sociale Jérôme Bougouma, qui l'a déclaré, jeudi 20 novembre 2008 devant un parterre de transporteurs, de chauffeurs et de journalistes réunis autour de la problématique de l'insécurité routière.
Pour le ministère des Transports, il faut désormais sévir pour réduire la surcharge et le transport mixte qui sont en passe de devenir une règle sur les routes nationales. Il prévoit des mesures strictes en vue d'une application sans complaisance de la réglementation en matière de transport routier et de sécurité routière. Concrètement, cela veut dire que les contrôles et la répression vont s'accentuer de manière à ce qu'il n'y ait plus une seule vie en péril sur les routes du Burkina Faso, a rappelé Me Gilbert Noel Ouédraogo au cours d'une réunion sur la problématique de l'insécurité routière.
Il préconise de réinstaller la feuille de route dans le transport interurbain et international afin de faciliter l'identification des passagers. Car martèle-t-il, "quand on veut prendre des mesures énergiques, les gens se débinent mais quand survient un drame, ils sont les premiers à accuser les autorités. Il faut revenir sur la feuille de route pour faciliter l'identification des voyageurs. Quand il y a un accident d'avion, on ne va pas regarder les victimes pour savoir qui était là ou pas".
Outre ces mesures, le gouvernement avait marqué son désir de faciliter la fluidité du trafic routier par des sessions annuelles de formation des Petites et moyennes entreprises (P.M.E.) de transport en matière de sécurité routière, de gestion technique, logistique et commerciale. Mais cette volonté s'est surtout matérialisée par la levée de tous les postes de contrôle routier et l'exonération des droits de douane au profit des transporteurs pour l'acquisition de véhicules.
Malheureusement, ces dispositions ont, semble-t-il, donné lieu plutôt à des pratiques anormales: surcharges, excès de vitesse, transport mixte, non respect des normes en matière de sécurité routière.
Pour le ministre des Transports répondant à un journaliste soucieux de savoir si le drame de Boromo va sonner le retour des forces de sécurité sur les routes, il n'en est pas question. A contrario, Gilbert Noel Ouédraogo interpelle les chauffeurs routiers, leurs organisations professionnelles, les passagers et la presse à une prise de conscience citoyenne sur leur rôle et leur responsabilité dans la mise en oeuvre d'un système de transport sûr.
C'est aussi l'avis du ministre de la Sécurité, Emile Ouédraogo, pour qui ce n'est pas à l'ordre du jour. Toutefois, il prévient que les contrôles vont s'intensifier dans les centres urbains pour mettre le grappin sur les véhicules surchargés et le transport mixte.
De son côté, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Jérôme Bougouma insiste sur la nécessité de conclure une convention collective qui va régler le rythme et la cadence du travail des chauffeurs. "Nous devons amener tous les acteurs à s'entendre sur le temps de repos des chauffeurs pour que le facteur humain soit valorisé", a précisé M. Bougouma. Si dans l'ensemble, les représentants du secteur des transports déplorent le drame survenu à 10 km de Boromo, il n'en demeure pas moins qu'ils sont favorables à la répression.
Pour le président de l'Union des chauffeurs du Burkina Faso, Jacques Ilboudo il est temps de veiller à l'application des formations reçues par les acteurs dans leur pratique quotidienne.
Pour lui, les chauffeurs sont entre le marteau et l'enclume en matière de surcharges et de transport mixte. "Nous sommes complices et contraints parfois. Nous sommes contents d'entendre qu'il y a des mesures pour asseoir la sécurité routière", a indiqué M. Ilboudo. Et Mamadou Barry de l'Union des transporteurs routiers d'ajouter, que le transport mixte est dangereux :"On comprend l'importance de la mesure. Mais, il faut un contrôle sévère car c'est une lutte que les syndicats avaient engagée sans succès".
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