PIERRE EMANGONGO & BIENVENU IPAN
21 Novembre 2008
Kinshasa — Trois rebelles soudanais sont sous mandat d' arrêt de la Cour pénale internationale pendant que l'ONU accuse le gouvernement d'avoir violé l'embargo sur les armes au Darfour.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé, hier jeudi 20 novembre, qu'il demandait aux juges de la CPI d'émettre des mandats d'arrêt contre trois commandants de groupes rebelles, auteurs présumés d'une attaque qui a causé la mort de 12 soldats de la Force de l'Union africaine (UA) au Darfour en 2007, a fait savoir l'AFP.
«Je ne permettrai pas que des attaques de ce genre restent impunies », a déclaré le procureur Luis Moreno-Ocampo dans un communiqué. « Il y a des motifs raisonnables de croire que ces commandants rebelles portent la responsabilité pénale de trois chefs d'accusation de crimes de guerre présumés, à savoir le meurtre, des attaques dirigées intentionnellement contre le personnel ou des biens employés dans le cadre d'une mission de maintien de la paix et le pillage », a-t-il précisé.
Douze soldats de la force de maintien de la paix de l'Union africaine avaient été tués et huit autres blessés le 29 septembre 2007 lors d'affrontements armés à Haskanita, au Darfour, région de l'Ouest du Soudan déchirée depuis 2003 par une guerre civile. «Ils ont organisé l'offensive, mené leurs troupes et dirigé l'attaque au cours de laquelle douze soldats de maintien de la paix ont perdu la vie et huit autres ont été blessés», a-t-il relevé.
Le ministre soudanais aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et un chef des milices pro-gouvernementales Janjawids, Ali Kosheib, sont visés, depuis mai 2007, par deux mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre au Darfour.
VIOLATION DE L'EMBARGO
Parallèlement à ce mandat de la CPI contre les crimes de guerre perpétrés au Darfour, une commission de l'ONU vient de dénoncer récemment les violations de l'embargo sur les armes dans cette région du Darfour.
Selon le rapport de 93 pages remis au conseil de sécurité de l'ONU dont une copie est parvenue à la presse canadienne, « le gouvernement soudanais et les Forces rebelles au Darfour ont violé de manière flagrante un embargo des Nations unies sur les armes ». « Les survols aériens militaires et offensifs, qui étaient supposés s'être arrêtés, continuent en toute impunité», poursuit ce rapport. Les experts ont constaté que la nouvelle force des Nations unies et de l'Union africaine chargée depuis janvier du maintien de la paix «a prouvé jusqu'ici son incapacité à se défendre elle même, ou la population du Darfour, et qu'elle ne remplit pas son mandat de contrôle de l'embargo sur les armes ».
Le rapport contient en particulier des photographies d'hélicoptères utilisés par le gouvernement soudanais, et des avions Antonov-26, les deux types d'appareils peints en blanc, aux couleurs de l'ONU, mais sans sa marque distinctive.
Le rapport indique que des Antonov-12 et des Ilyushin 76, deux appareils russes, ont été utilisés pour transporter des armes lourdes et légères à El Fasher, la capitale du Nord Darfour.
Eu égard à tout ce qui précède, la Communauté internationale devra exercer davantage des pressions aussi bien sur les rebelles que sur le gouvernement soudanais afin de respecter les droits fondamentaux des citoyens et parvenir à une paix durable au Soudan.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.