K. Bakhoum
21 Novembre 2008
La question de la privatisation ou non de la Société nationale d'électricité (Senelec) a été au coeur des débats lors du passage du ministre de l'Energie, mardi, devant les députés. Samuel Sarr a annoncé que les découpages devant conduire à l'érection de la Senelec en holding devront intervenir en janvier 2009.
Le vote du budget du ministère de l'Energie a été l'occasion pour les députés et le département géré par Samuel Sarr de faire le diagnostic de la Senelec. En ce sens, les parlementaires libéraux ont vivement déploré la gestion de la société d'électricité sous l'ère de l'ancien régime.
Et la privatisation de la Senelec par Hydro-Quebec, a été, d'après certains députés, 'l'erreur à ne pas faire'. A l'heure actuelle, plaident-ils, quelles que soient les difficultés que le secteur de l'énergie puisse rencontrer, la privatsation doit être le dernier recours.
Pour recadrer le débat sur ce point, Samuel Sarr fait noter qu'il faut plutôt parler de d'évolution institutionnelle de la Senelec. Il souligne, par ailleurs, que si la restructuration ne s'est pas encore faite, c'est parce qu'il fallait rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande et restructurer financièrement la Senelec, après les audits techniques et financiers.
En février dernier, avec l'adoption de la nouvelle Lettre de politique sectorielle, le gouvernement avait pris l'option d'éclater les activités de la société, dans le cadre d'un holding avec, d'une part, la participation du privé national et international et d'autres part l'implication des consommateurs et des travailleurs aux côtés d'un partenaire technique.
Ainsi, la Senelec disposera de trois filiales : Transport, Production et Distribution d'énergie. En janvier 2009, assure-t-on, va commencer le dégroupage avec l'invitation au Conseil d'administration, d'un représentant du patronat, des consommateurs, des travailleurs et de l'association des banques du Sénégal.
Par ailleurs, sur la planification des paiements - que la Senelec doit effectuer auprès des créanciers et des fournisseurs - et la déconcentration financière, le ministre délégué au Budget, Mamadou Abdoulaye Sow déclare que l'argent est disponible.
Aussi, note-t-il, 'le Trésor public paie toujours suite aux requêtes de la Senelec et, en l'absence de trésorerie, l'Etat a toujours donné sa garantie .
Au courant de l'année 2008, la société d'électricité a reçu, soit du Trésor ou par l'intermédiaire des banques, 37 milliards au titre du reliquat de la capitalisation, 13 milliards pour la compensation sur le gel du tarif d'électricité en 2007 et 6 milliards au même titre en 2008.
Dans ce même ordre, la Senelec a empoché 20 milliards par anticipation au titre de l'appui budgétaire de la Banque mondiale avec des garanties données au niveau de quatre banques.
Vingt autres milliards ont été déboursés au titre de la lettre de garantie que l'Etat a cautionnée pour l'approvisionnement de la Senelec'.
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