Le Front populaire ivoirien (FPI), conduit par son président Pascal Affi N'Guessan, a rendu un vibrant hommage au grand penseur Harris Memel-Fotê rappelé à Dieu le 15 mai 2008. C'était la nuit du jeudi 20 à vendredi 21 novembre dernier au Palais de la Culture à Treichville. Les responsables des différentes structures du parti qui se sont succédé à la tribune ont retracé les qualités humaines, de militant et les dimensions de l'homme politique, de culture et de sciences. Au total le savant.
Les professeurs Zacharie Séri Bailly et Dédi Séri ont rappelé le parcours «du penseur» sur la terre des hommes et ses qualités. Pour eux Memel-Fotê était un homme exceptionnel aux multiples qualités.
Le Comité de Contrôle dont il fut le président de 1999 à 2000 n'a pas eu assez de mots forts pour retracer les dimensions «du plus illustre des présidents que le Comité de Contrôle ait connu», selon Yayi Jacques. «Personnalité hors du commun qu'on pourrait difficilement confiner dans le comité de contrôle», a soutenu l'orateur. Il a ensuite évoqué le parcours politique du défunt en deux étapes : l'engagement de Memel-Fotê pour la lutte des indépendances et sa lutte pour la démocratie post indépendance.
La CEFPI a reconnu le courage et le patriotisme du «maître». Patriotisme qui, selon la CEFPI, a amené Memel-Fotê à«refuser la compromission qui devait faire de lui un militant du PDCI». Tous les orateurs se sont accordés à dire que «Memel-Fotê était un homme de devoir, intègre et rigoureux, un militant et un panafricaniste. Toute chose qui l'a amené à s'engager auprès de Sékou Touré».
Son intégrité l'aura poussé à refuser, selon les intervenants, d'entrer dans le Bureau politique du PDCI-RDA, alors qu'il n'en était pas membre. Ce refus lui a valu des difficultés. Ainsi il fut l'une des premières victimes des complots de Félix Houphouet -Boigny.
Memel-Fotê a été présenté comme un personnage hors du commun. Un personnage plein d'humilité et d'humanisme. C'est pourquoi, quant bien même il était le plus âgé et malgré ses connaissances scientifiques et culturelles, Memel-Fotê n'avait jamais revendiqué un quelconque poste au gouvernement ni à la tête d'une institution nationale. Il s'est contenté de briguer un poste de député pour le compte de sa sous préfecture, Dabou.
Le public a été instruit aussi que c'est par le charisme et la sagesse de Memel-Fotê que le parti qu'il a porté sur ses vieilles épaules a résisté à l'éclatement. De fait, l'homme était un rassembleur qui écoutait avec sagesse et courtoisie toutes les parties en conflit, avant de trancher juste.
Dans l'hommage rendu, le FPI n'a pas occulté la dimension scientifique du penseur que la Côte d'Ivoire pleure aujourd'hui. Anthropologue et philosophe achevé, Memel-Fotê a été présenté comme le maître des maîtres. Un réservoir où venaient s'abreuver tous ceux qui avaient soif de connaissance. C'est donc à juste titre que le professeur N'Guessan Kouakou a dit de lui que «le canari est cassé» à l'occasion de la veillée académique.
A cette nuit d'hommage du FPI au professeur Harris Memel-Fotê considérée comme l'adieu au penseur, toute la crème du parti était présente pour pleurer le camarade de lutte qu'ils ne reverront plus jamais. Les membres du Secrétariat général, du Comité de Contrôle, du Comité central et des structures spécialisées du FPI se sont mobilisés autour de la famille pour le dernier adieu. Plusieurs artistes ont contribué à soutenir la famille politique du défunt.
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