Spécial Jean Pires
25 Novembre 2008
L'Hôtel de Paris à Monte Carlo (Monaco) abritait vendredi soir la cérémonie de remise des prix aux artistes sénégalais sélectionnés à la première édition du Concours de peinture de la Fondation Cuomo Monte Carlo 2008. Trois prix ont été attribués ex aequo à six artistes parmi les dix jeunes Sénégalais retenus pour cette première édition dédiée aux artistes des pays du Tiers-Monde.
Monaco - La Première dame du Sénégal, Viviane Wade, le ministre de la Culture Mame Birame Diouf, le consul du Sénégal à Monaco, M. Cohen, le président de la Fondation Cuomo, Alfredo Cuomo, ainsi qu'Abdoulaye Racine Senghor, directeur des Arts, et plusieurs personnalités de la Principauté de Monaco, ont rehaussé de leur présence la soirée de gala marquée par une vente aux enchères des oeuvres des artistes sénégalais.
A l'issue de cette première édition du concours de peinture, six finalistes ont été retenus au lieu des trois prévus. En effet, le jury, tiraillé par la qualité des oeuvres, a fait preuve de magnanimité en décernant chacun des trois prix avec des ex aequo. Les premiers prix sont Cheikh Tidiane Keïta (avec son oeuvre intitulée La danse 1) et Mamadou Dramé (La clé des lectures). Les deuxièmes prix sont revenus respectivement à Coly Faye (Portrait annuel) et Mamadou Bâ dit « Grand » (La lecture). Les troisièmes prix ont été attribués à Abdoukarim Fall (Thiossane) et Fatou Marie Françoise Aw dite Kiné Aw (Illusion d'optique).
Quelque 150 invités triés sur le volet ,se pressaient doucement pour prendre leur carton et leur catalogue. Une occasion pour la Jet-set monégasque de se réunir pour une cause utile, au nom de l'art, de la culture, du dialogue des peuples et de la promotion de la paix. Dans la fraîcheur mordante annonçant l'hiver, autour de l'esplanade illuminée entre l'avenue des Beaux-arts et la Place du Casino, le son des tam-tams sortant de l'intérieur du prestigieux Hôtel de Paris indiquait un événement spécial en ce lieu séculaire dont les lambris dorés sont mieux adaptés aux notes de la musique classique et aux tourbillons entraînants des valses autrichiennes.
Un jet d'eau, avec ses volutes jaillissant du bassin, scintille sous les projecteurs face au Casino de Monaco. Des voitures de luxe se garent dans les parkings bien aménagés entre les allées piétonnes et les parterres décorés de mille fleurs exotiques. De rares passants, touristes, visiteurs fraîchement débarqués, au détour d'une rue séparant le territoire français de la Principauté de Monaco, fixent au moyen d'appareils photos l'instant et surtout le lieu.
Il tient un peu de la féerie à la fois pour son décor, mais surtout pour son prestige et son histoire liée à Monaco, à la famille Grimaldi, au Prince régnant Albert II, à ce haut lieu que la Jet-set internationale fréquente assidûment pour son régime fiscal parmi les plus attractifs. Le parterre de personnalités était bien fourni. « Sene gala » : les organisateurs n'ont pas trouvé meilleure appellation et mise en scène pour placer les visiteurs d'un soir dans le bain africain et l'ambiance des soirées sénégalaises.
Le concert de « djembés » en ouverture et l'orchestre moderne sénégalais Xalima (la plume) venu de Nice dans un style résolument world music, de l'afro beat au jazz, ont donné un cachet africain à la soirée. La Jet-set monégasque s'est donné rendez-vous à cet événement, l'un des nombreux moments de convivialité abrités par la petite Principauté de Monaco, qui est l'un des Etats dont la superficie (2 km2) est la plus petite après celle du Vatican.
Après les mots de bienvenue, c'est l'heure du service avec un menu haut de gamme, juste avant le début de la vente aux enchères des oeuvres. Sur les vingt oeuvres exposées les 20 et 21 novembre 2008 dans les salons Bosio et Beaumarchais de l'Hôtel de Paris de Monte Carlo, sept ont été achetées avant la soirée de gala qui a rapporté aux artistes sénégalais pas moins de 33.150 euros (21.713.250 francs Cfa) pour 13 oeuvres. La moitié de cette somme (50%) revient aux oeuvres de la Fondation Cuomo.
Le Prince Albert II de Monaco a envoyé une enveloppe à la Fondation pour la soutenir dans son oeuvre, à l'instar de nombreuses personnalités et oeuvres publiques ou sociales monégasques. Dans son allocution, le ministre sénégalais de la Culture, Mame Birame Diouf, a évoqué le caractère solennel et symbolique de la cérémonie. La découverte du lot d'oeuvres sélectionnées parmi les meilleurs ambassadeurs de la peinture contemporaine sénégalaise a été possible grâce au pacte scellé entre le peintre Kalidou Kassé et Alfredo Cuomo, président de la Fondation Cuomo.
C'est aussi la célébration de la générosité d'un mécène et sa rencontre avec un talent artistique, référence de l'art contemporain sénégalais qui cherche à partager son expérience et son ouverture internationale avec ses confrères. Le ministre de la Culture a salué ce partenariat exceptionnel en s'engageant à le soutenir. Le peintre Kalidou Kassé a mis l'accent sur le capital humain que représente tous ces jeunes créateurs du Tiers-Monde pétris des beaux idéaux de partage et de fraternité et de paix.
Exprimant sa reconnaissance, il a évoqué les perspectives heureuses qui se dessinent désormais pour les artistes avec la proximité de la Fondation Cuomo. Cette structure, créée en Principauté de Monaco le 4 mai 2001, se fonde sur le fait que l'éducation est « l'arme gagnante » contre la pauvreté. En Inde, elle réalise des programmes éducatifs, accorde des bourses d'études, construit des écoles et des pensionnats. Elle finance aussi des programmes au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
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