Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Putsch manque en Guinée-Bissau - Les auteurs activement recherchés

Afp

25 Novembre 2008


Les auteurs de l'attaque ce week-end de la résidence du président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira, étaient toujours activement recherchés hier, alors qu'une délégation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) était attendue à Bissau. Le coup de force dimanche de militaires mutins, une semaine après des élections législatives exemplaires censées apporter la stabilité à ce petit pays, a été condamné "fermement" par la communauté internationale, notamment le Secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon

Mutinerie motivée par des intérêts catégoriels ou tentative de coup d'Etat, plus politique, le flou subsistait hier sur les motivations des auteurs du coup de force, qui a déstabilisé un pays déjà fragilisé par le trafic de la cocaïne sud-américaine en transit vers les marchés européens. Le sergent Alexandre Tchama Yala, présenté comme le "cerveau" de l'attaque, était toujours "activement recherché lundi", selon des sources militaires. Il est le neveu de l'ex-président bissau-guinéen Kumba Yala (2000-2003), qui a vivement contesté les résultats des élections législatives.

Une rencontre entre le procureur général de la République Luis Manuel Cabral et le chef d'état-major des armées, le général Tagmé Na Waié, était par ailleurs prévue hier pour notamment discuter du sort de "cinq personnes arrêtées" à la suite de l'attaque de dimanche, selon M. Manuel Cabral. Sur le plan diplomatique, une délégation de la Cedeao comprenant notamment le président de la Commission de cette organisation, Mohamed Ibn Chambas et le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alain Bédouma Yoda, devait arriver hier soir dans la capitale pour "une visite de solidarité".

De son côté, le président Abdoulaye Wade a demandé la "tenue urgente à Dakar d'une conférence internationale sur la Guinée-Bissau", pays voisin du Sénégal. Cette réunion "permettrait de diagnostiquer en profondeur tous les problèmes de ce pays frère, avec un accent particulier sur celui que posent les narcotrafiquants en vue d'y apporter des remèdes efficaces et durables". Hier, le calme était complètement revenu à Bissau où certains points stratégiques menant notamment vers le palais présidentiel, dans le centre-ville, étaient plus strictement surveillés, selon une source proche de la présidence.

"Nous avons renforcé la sécurité autour du palais", a déclaré cette source. A la présidence, des militaires armés et "inhabituellement" vêtus de gilets pare-balles patrouillaient, a constaté un journaliste de l'Afp. Selon un membre de la garde présidentielle, "l'attaque, qui a commencé un peu avant (dimanche) 01h 00 (Gmt et locale), a duré deux heures" et a été menée par une "dizaine de personnes encagoulées".

Dimanche, une marche de la Société civile "pour montrer que les populations de Guinée-Bissau en ont marre de la guerre" a réuni un millier de personnes dans la capitale, selon Etienne Sambou, un militant des droits de l'Homme.

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