Le Messager (Douala)

Cameroun: La Bvmac courtise l'Afrique centrale

Alain Noah Awana

26 Novembre 2008


Ses responsables tentent de convaincre les pays de la sous-région Cemac de se réunir autour d'un marché boursier unique. La première étape était le Cameroun, dont l'adhésion pourrait fortement peser sur l'engagement des autres.

La Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac) semble être en campagne depuis la semaine dernière. Une conférence publique a en effet été tenue vendredi dernier, 21 novembre 2008, à la salle des conférences du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), à Douala. La sortie des responsables de la Bvmac sonne comme un plaidoyer pour convaincre les pays de la sous-région Afrique centrale à adhérer au projet d'une bourse des valeurs mobilières régionale.

Concrètement, et selon ses explications, le directeur général de la Bvmac souhaite que les investisseurs et les Etats de l'Afrique centrale s'impliquent véritablement dans le projet d'une bourse régionale. Actuellement, la zone Cemac a en son sein deux marchés bourses des valeurs : celle de Douala (la Douala stock exchange (Dsx) et son acolyte de Libreville. Mais, les sociétés et les investisseurs ne se bousculent pas beaucoup. En deux ans de fonctionnement, deux entreprises seulement sont cotées à la Douala stock exchange (Dsx).

La situation n'est pas plus reluisante à la Bvmac. Cette bourse des valeurs régionales ne compte que quatre entreprises. D'où la nécessité du directeur général de partir dans un long plaidoyer sous-régional, dont la première étape aura été le Cameroun. Une étape importante puisque le Cameroun est " un gros calibre " dans la sous-région, et son adhésion à la Bvmac peut être le levier de vitesse pour les autres pays. De plus, des quatre sociétés cotées à la Bvmac, trois sont camerounaises.

Fiscalité difficile

L'on reconnaît cependant à la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale que l'implication de ces pays à une bourse régionale n'est pas chose aisée. L'une des épines étant le dispositif fiscal applicable. Selon le Dg de la Bvmac, la fiscalité est l'un des principaux freins à l'introduction en bourse à la Bvmac. Certes, les pays de la sous-région ont déjà adopté un texte garantissant des facilités fiscales. Mais en attendant son entrée en vigueur prévue normalement en mars 2009, Willy Ontsia explique que " la fiscalité limite le développement du marché financier ". Le dispositif fiscal de la Bvmac prévoit un taux d'imposition à l'impôt sur les sociétés (Is) de 20% au lieu de 35%. Le directeur général de la Bvmac présente d'autres avantages, notamment l'accroissement de la trésorerie disponible et une hausse mécanique des bénéfices.

Willy Ontsia a profité de son long monologue pour présenter aux rares personnes qui avaient fait le déplacement les activités de la Bvmac. Des précisions qui ont permis de comprendre les questions liées aux acteurs du marcher financier de la zone Cemac, les différentes missions et services offerts par la Bvmac, son système d'information, ses différents compartiments et leur fonctionnement, sans oublier les critères d'admission à la Bvmac. L'on aura par ailleurs appris que cette bourse à caractère régionale s'apprête à ouvrir des antennes dans chacun des Etats membres de la Cemac. Pour ce qui est du Cameroun, elle sera basée à Douala et devrait être opérationnelle d'ici mars 2009. Un autre appel du pied lancé au pays de Paul Biya.

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