Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Le Comité pour le jugement de Habré préoccupé par un "risque d'enlisement"

25 Novembre 2008


Dakar — Le président de la Rencontre africaine pour la défense des Droits de l'Homme (RADDHO), Alioune Tine, a indiqué, mardi à Dakar, que le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré (CIJEHH), est préoccupé par le "risque d'enlisement" du procès de l'ancien président tchadien.

M. Tine a fait cette déclaration en marge d'une conférence-débat sur le thème "Hissène Habré face à la justice : Un défi historique pour l'Afrique", organisée par la RADDHO, à l'occasion de la rencontre à Dakar du CIJEHH.

"Après le dépôt de la plainte, nous avons voulu un peu faire le point. Toute la journée d'hier, nous avons travaillé à un plan d'action, à une nouvelle stratégie pour voir effectivement que les choses avancent, parce que nous sommes véritablement inquiets et préoccupés, des risques d'enlisement du procès Habré", a-t-il dit à la presse.

Il a ajouté que le comité est également inquiet et préoccupé "par les déclarations récentes du chef de l'Etat, qui prennent le contre-pied de la conférence de presse de Madické Niang (ministre de la Justice) au Méridien Président".

"Après effectivement un travail fantastique de réforme des textes (le Code pénal, le Code de procédure pénal, la Constitution), après avoir conçu aujourd'hui vraiment une loi de compétence universelle parmi les meilleures au monde, après avoir suscité un espoir fou de voir ce procès se tenir, quand le président de la République dit : "si je n'ai pas d'argent, je ne fais pas de procès, franchement ça suscite une déception très profonde, très profonde bien entendu de la part des victimes de Hissène Habré", a déclaré Alioune Tine.

Selon M. Tine, si les victimes "viennent au Sénégal", "c'est parce que le Sénégal est un Etat de droit, parce qu'il respecte les Droits humains, parce que c'est un Etat démocratique et parce que, effectivement, c'est un des rares pays où on peut avoir l'espoir justice".

De ce point de vue, "quand nous avons des propos de cette nature, il y a des problèmes", a-t-il affirmé.

Il ajaouté que le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré est venu à Dakar pour aussi "rencontrer les bailleurs de fonds, pour leur dire d'assouplir leur position". Le CIJEHH a par la même occasion "voulu" leur signifier que "le Sénégal ne peut pas seul faire face, dans une conjoncture extrêmement difficile, à un procès comme celui de Habré".

Reed BRODY- 'Ce serait une humiliation que de renoncer à un jugement d'Hissène Habré'

"Et je pense que nous avons été entendus. Le problème qu'il y a, c'est que les bailleurs de fonds attendent. L'Union européenne a déjà trois millions d'euros. Vous avez déjà le Tchad qui a déposé deux milliards de francs CFA et qui demande simplement au Sénégal de faire une demande pour acquérir cet argent. Donc, les bailleurs attendent", a-t-il répété.

Insistant sur la nécessité d'une meilleure communication qui permettrait à tout le monde s'entendre, il a estimé que "les premières réquisitions peuvent avoir lieu sans être liées à des problèmes de budget".

Hissène Habré est réfugié au Sénégal depuis qu'il a été renversé en 1990.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2008 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques