Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Le Botswana apporte son soutien à Tsvangirai contre Robert Mugabe

Pierre Emangongo

27 Novembre 2008


Kinshasa — Le ministre botswanais des Affaires étrangères Phandu Skelemani a suggéré hier mercredi 26 novembre 2008, dans un entretien à la BBC, que son pays pourrait accepter de donner refuge au chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai pour qu'il y organise un mouvement de résistance pacifique opérant au Zimbabwe.

M. Skelemani a déclaré à l'émission «Hardtalk» du BBC World News que le Botswana serait prêt à accueillir le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) si celui-ci demandait à s'y réfugier pour assurer sa sécurité.

«Nous ne chassons pas les gens qui viennent au Botswana depuis leur propre pays disant qu'ils craignent pour leur vie, parce que si nous le faisions, est-ce que nous voudrions qu'ils soient tués», a déclaré le ministre.

A la question de savoir si M. Tsvangirai serait le bienvenu au Botswana en tant que leader politique en exil organisant un mouvement démocratique de résistance dans son pays, M. Skelemani a, selon l'AFP, répondu que ce serait «le moindre de deux maux», face à la perspective de voir la crise politique dégénérer en affrontement militaire au Zimbabwe.

Le chef de la diplomatie botswanaise a cependant bien précisé que le chef du MDC «ne serait pas autorisé à préparer une attaque (militaire) sur le Zimbabwe» depuis le Botswana.

Si la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ne parvenait pas à résoudre la crise politique, elle devrait simplement menacer le président zimbabwéen Robert Mugabe de bloquer les frontières du Zimbabwe, a encore estimé M. Skelemani. «Je ne pense pas qu'il tiendrait longtemps. Si aucun pétrole ne vient pendant une semaine, il ne peut pas tenir», a-t-il jugé.

A scruter la situation actuelle du Zimbabwe, les sanctions économiques ne seraient pas appropriées au motif qu'elles aggraveraient les souffrances des populations civiles qui constituent actuellement des victimes innocentes.

Le mieux à faire serait, d'après un analyste, de multiplier les contacts pour amener le président Robert Mugabe et son opposant farouche Morgan Tsvangirai à accorder leurs violons sur la formation du gouvernement d'union nationale. Ce qui va favoriser, non seulement la relance économique mais aussi et surtout accélérer la normalisation de la coopération entre le Zimbabwe et ses partenaires.

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