27 Novembre 2008
La musique religieuse islamique sénégalaise constitue 'un bon créneau' même s'il lui reste 'beaucoup de travail' à faire pour se mettre à niveau de la moderne, a estimé le chanteur et compositeur Ismaël Lô.
Selon lui, beaucoup de chanteurs, spécialisés dans la musique religieuse islamique, sont passés du 'côté beaucoup plus moderne' du monde de la musique, à la faveur notamment de la multiplication des chaînes de télévisions privées. 'En général, c'est de bons chanteurs parce qu'ils sont restés dans l'ombre pendant des années, dans un autre milieu', en évoluant dans un créneau certes 'porteur mais en circuit fermé', a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l'Aps.
'Maintenant, avec nos différentes chaînes de télévision, il y a des émissions consacrées aux chants religieux. On commence à les distinguer, à les connaître à travers les différentes émissions', a ajouté l'artiste en parlant de ces artistes spécialisés dans la musique religieuse.
'Il y a beaucoup de grands talents qui sont là et qui n'évoluent pas dans le folklore ou dans le moderne, dont Moustapha Mbaye [qui a fait un duo avec Youssou Ndour dans Yonet, en 2004, un titre en hommage au prophète Mohamed] qui, selon moi, est l'une des meilleures voix du Sénégal', a-t-il indiqué.
Pour lui, le défunt chanteur Ndongo Lô est un peu venu de ce flanc de la musique sénégalaise. Ismaël Lô rappelle que pour s'échauffer la voix lors de ses enregistrements, cet artiste adoré de la banlieue dakaroise chantait les louanges du Prophète de l'islam.
'Quand tu dis Ndongo Lô, du coup, j'ai des frissons, des larmes aux yeux. Voilà un chanteur qui me touche, mais vraiment profondément, qui me touche profondément de par la texture de sa voix, son sérieux', a confié M. Lô. 'Ndongo Lô, quand il chantait, il y avait un plus (...) et ça me mets en transe, c'est automatique. Il avait quelque chose de mystérieux que tout le monde avait ressenti', a-t-il poursuivi à propos de ce chanteur décédé à la fleur de l'âge.
Rappelé à Dieu le 16 janvier 2005, à l'âge de 29 ans, Ndongo Lô était l'idole de tout un pays, surtout des jeunes de la banlieue dakaroise d'où il est originaire. L'annonce de son décès a plongé des milliers de ses fans dans une tristesse inconsolable. Un monde fou l'a raccompagné à sa dernière demeure à Touba, capitale de la confrérie mouride dont il était également un adepte.
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