Séraphine Some
28 Novembre 2008
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Pour la protection des droits des femmes et la lutte contre l'exclusion, le ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale, Pascaline Tamini, a annoncé un programme de lutte contre le mariage forcé au Sahel, au Centre-Est, au Centre-Sud, à l'Est et au Centre-Nord.
Elle a également fait cas des auberges de la solidarité pour accueillir les veuves, un programme d'éducation en milieu ouvert. Quant aux questions liées à l'enclavement, le ministre des Transports, Gilbert Ouédraogo, s'est voulu rassurant : "Bientôt la route Dédougou-Koudougou sera bitumée".
Les travaux sont prévus pour commencer en début de l'année 2009. La construction de pistes rurales, l'aménagement de ponts et la réfection de routes viendront également répondre aux soucis d'écoulement des produits des femmes.
Un forum riche en enseignements
Le gouvernement a réaffirmé sa disponibilité à Å"uvrer au bien-être des femmes.
Les participants au forum repartent informés des actions menées en leur faveur par le gouvernement.
Un compte rendu fidèle des conclusions du forum débuté il y a trois jours a été fait au chef de l'Etat. Les 1 000 délégués venus des treize régions du Burkina Faso ont échangé en plénière sur le thème central du forum : "Investir dans les femmes et les filles pour un développement humain durable".
Composés d'acteurs Å"uvrant dans la promotion de la femme, ils ont bénéficié de communication sur des sous-thèmes en rapport avec le thème central et approfondi leur réflexion à travers des travaux en commission.
Les conférenciers ont "souligné le rôle prépondérant des femmes dans la production agricole dans les pays en développement", a indiqué le ministre de la Promotion de la femme, Céline Yoda dans la restitution des travaux au président Blaise Compaoré.
"L'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ne sont pas seulement un objectif en soi mais une condition nécessaire pour réussir les autres objectifs internationaux de développement y compris l'atteinte de ceux du millénaire pour le développement", a-t-elle ajouté.
Mme Yoda a expliqué que les échanges issus des fora régionaux révèlent des difficultés qui entravent l'épanouissement socioéconomique des femmes. Celles-ci se résument entre autres à l'insuffisance d'appui aux activités génératrices de revenus, la persistance des violences et pratiques néfastes à la santé de la femme (mutilations génitales, mariage forcé, lévirât, etc), les problèmes de scolarisation et d'accès à la terre.
Les femmes reconnaissent cependant les efforts du gouvernement pour corriger ces inégalités et améliorer leurs conditions de vie. La constitution consacrant l'égalité des sexes, la création du ministère de la Promotion de la femme, la gratuité des manuels et fournitures scolaires et la lutte contre les mutilations génitales féminines sont des exemples évoqués à cette occasion.
En dépit de cela, les progrès pour corriger de manière conséquente les disparités sont lents. Ce qui a amené les femmes à formuler des recommandations en vue d'accélérer l'amélioration de leur situation socioéconomique et politique.
Les recommandations concernent notamment la formation en leadership, l'alphabétisation, l'accès au foncier et au financement, l'accélération du processus d'adoption de la politique nationale genre et du projet de loi sur le quota de 30% des femmes sur les listes électorales.
Les participants au forum estiment que le ministère en charge des questions liées aux femmes doit être doté d'un budget qui lui permette de jouer pleinement son rôle de veille et d'impulsion et bénéficier d'un "siège digne de son nom".
Une vision partagée
"Le développement du Burkina Faso ne peut être accompli sans un épanouissement intégral de la femme, particulièrement en terme d'amélioration et de stabilisation de son statut social et juridique, d'accès au savoir, aux progrès sanitaires et aux sphères de prise de décisions", a indiqué le président du Faso.
Ce qui a conduit, a-t-il poursuivi, le gouvernement à adopter une politique nationale de promotion de la femme avec le concours des partenaires au développement et les points focaux. On retient que l'un des objectifs stratégiques pour l'Etat est la réduction de la pauvreté par l'accès facile aux microcrédits, l'alphabétisation, la construction des infrastructures sanitaires et l'appui aux groupements féminins.
"J'encourage les concertations en cours au niveau des décideurs pour une responsabilisation plus large des femmes dans la vie politique et administrative", a confié le président du Faso. Il a par ailleurs appelé à l'intensification des actions de sensibilisation et de lutte face aux pesanteurs socioculturelles qui "fragilisent les acquis des combats".
Le président a rassuré l'assemblée en ces termes : "notre vision est de faire en sorte que la femme burkinabè vive dans (...) un environnement social de paix, de solidarité et d'égalité favorable à sa pleine participation au développement continu du Burkina Faso".
Un hommage lui a été fait par les femmes pour ses actions visant à leur donner leur véritable place dans la société. "Elles lui ont exprimé leur reconnaissance pour les efforts dans le sens de l'amélioration du statut socioéconomique et politique, la paix, les libertés démocratiques et la bonne gouvernance". A l'unanimité, les femmes ont félicité Blaise Compaoré pour ses actions dans la sous-région Ouest-africaine en faveur de la paix.
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