Denise D. Zarour
28 Novembre 2008
L'attaque contre le palais du Président Bissau-guinéen dans la nuit du samedi au dimanche dernier, n'a pas eu de répercutions graves sur l'économie du pays. Cette affaire n'aura duré que 24heures avant qu'elle ne soit maîtrisée. La circulation continue d'être fluide et les commerçants poursuivent leurs activités sans être inquiétés.
(Envoyée Spéciale -Guinée-Bissau ). Au niveau de Guinée Bissau, la situation est revenue à la normale après l'attaque contre le palais du président Nino Vieira. Dans le pays Bissau Guinéen, 96 heures après l'incident, la population vaque à ses occupations.
Les activités reprennent leur cours et les différents services retrouvent leurs locataires ou leurs propriétés. Le pays très clame, ne donne pas l'impression d'avoir subi une tragédie le week end dernier. Pour ce natif du terroir rencontré à Sao Domingo : « c'est du coté de la capitale à Bissau que s'est passé l'incident.
J'ai été informé de l'attaque le lendemain (le dimanche) et c'est juste pour vous dire que la situation n'est pas très critique sinon on aurait dû nous déloger » et de poursuivre que « la Guinée a vécu des situations pires que celle-là ; on n'osait même pas circuler tellement la peur d'être tué nous animait à chaque seconde ».
Les infrastructures de l'Etat Bissau-guinéen n'ont pas été endommagées par les malfaiteurs. Ce qui fera dire à Mamadou Diallo que « leur cible était le Président et non la population, sinon il aurait dû piétiner tous les chantiers de l'Etat pour manifester leur mécontentement. Ce qui nous aurait porté préjudice. »
Au niveau de Boula , toujours en territoire Bissau-guinéen, la population n'est pas inquiétée. Certains habitants ne sont pas au courant de l'attaque. Pour ce sexagénaire qui rentrait des champs « les choses sont allées très vite.
Je me suis même pas rendu compte que mon pays est secoué mais Dieu merci que la situation a été maîtrisée très vite car nous ne souhaitons pas revivre les fortes tensions des années antérieures ».
Dans la capitale, Bissau, la présence des militaires attire l'attention des étrangers. L'attaque alimente les débats et la psychose demeure dans l'esprit des populations. Certains habitants n'osent pas quitter leur demeure, ils sont toujours sous l'effet du choc.
D'autres ont fermé leur maison à deux tours et ne répondent pas aux inconnus, à moins que vous leur parliez dans leur langue natale. Avec les journalistes, c'est la grande muette.
D'après nos sources : « ce qui est arrivé en Guinée était prévisible mais nous n'avons jamais pensé qu'il arrivera de sitôt. La population a du mal à accepter le président Nino Vieira et aujourd'hui ils l'ont manifesté. La Guinée est loin d'être stable. Depuis notre indépendance, on continue d'assister à des coups d'Etat. Le président n'a pas accédé au pouvoir de manière légale. »
Du côté des deux camps sénégalais et Guinéen, la vigilance reste de mise après l'attaque du palais du président Nino Vieira. Même si la situation est revenue à la normale, force est de reconnaître que les deux pays surveillent de près leurs zones d'intervention.
Transport et commerce
Le transport a repris sur l'axe Ziguinchor/ Guinée. Au niveau de la gare routière de Ziguinchor, si les chauffeurs avaient du mal à remplir leurs véhicules en partance pour la Guinée les premiers jours de l'attaque, ce n'est plus le cas 96heures après l'incident.
Jeudi dernier en route pour la Guinée, nous n'étions pas les seuls à prendre ce risque. Cependant durant tout le trajet, c'est des contrôles à n'en pas finir du côté des deux pays.
Pour cette commerçante « je fais la navette entre les deux frontières. Le commerce me permet de nourrir ma famille si je ne le fais pas, je n'aurais personne pour m'aider ».
Elle reconnaît que c'est un risque : « nous n'avons pas le choix. Mais juste après la frontière, c'est le calme. Ils ne sentent même pas l'effet de la crise. Sinon à l'entrée de la frontière avec la présence massive de l'armée sénégalaise » et de conclure que « c'est Dieu qui nous protège mais en attendant je dois nourrir ma famille ».
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