Georges Nesta Diop
28 Novembre 2008
Le plan annoncé par le ministre de l'Economie et des finances, dans le but d'assainir les finances publiques, ne répond nullement, de l'avis des socialistes à l'ampleur de la banqueroute financière de l'Etat. D'abord, relève le bureau politique du Parti socialiste, le plan préconisé par le gouvernement se révèle insuffisant dès lors qu'aucune mesure n'a été prise pour la diminution du nombre 'pléthorique de ministres d'Etat, de ministres, des institutions et de leur coût prohibitif ; pour la réduction des agences et de leurs coûts bureautiques inconsidérés ; pour la rationalisation de la carte diplomatique et la réduction du personnel dans les ambassades ainsi que pour la suppression des contrats spéciaux et pour la réduction du train de vie d'Abdoulaye Wade lui-même'.
Ensuite, Ousmane Tanor Dieng et ses camarades relèvent un paradoxe saisissant entre les 'incantations' sur la nécessité d'assainir les finances publiques et le maintien dans la loi de finances 2009 de dépenses non indispensables. A ce sujet, le Parti socialiste cite 'l'augmentation surréaliste' des crédits alloués à la Présidence de la République, à l'Assemblée nationale et au Sénat.
Non sans dénoncer 'l'impudeur qui consiste à allouer un 'budget de campagne électorale' de plus 9 milliards au ministère de la famille, de la solidarité nationale, de l'entreprenariat féminin et de la micro-finance, et la provocation de l'indemnité de session allouée aux parlementaires, en sus de leur salaire mensuel, démontrent l'irresponsabilité du pouvoir'.
En outre, souligne le bureau politique du Ps, la crise socio-économique rend encore plus injustes les options actuelles du gouvernement. En effet, explique-t-il, 'dans un contexte de dégradation continue du pouvoir d'achat, le rétablissement de la Tva sur les denrées alimentaires de base et la suppression tous azimuts des subventions sur les produits et denrées de grande consommation constituent des facteurs d'aggravation de la pauvreté des ménages, sans être un moyen efficace d'assainissement des finances publiques'. Il s'y ajoute, selon le Ps, le niveau 'injustement' élevé des prix de l'électricité et du carburant en dépit de la forte baisse des cours mondiaux du baril du pétrole.
En définitive, les socialistes estiment que le gouvernement se livre, une nouvelle fois, à un exercice qui s'apparente 'davantage à un plan cosmétique de communication qu'à un véritable plan d'assainissement des finances publiques et de soutien aux ménages puisqu'il propose une politique d'austérité qui affecte exclusivement les populations'.
A l'opposé de ces mesures, le Parti socialiste maintient sa proposition d'un 'véritable plan d'économies budgétaires', fondé sur des mesures radicales de rationalisation des dépenses publiques, et orienté vers la juste affectation des ressources publiques à l'assainissement financier, à l'amélioration du quotidien des populations ainsi qu'à l'apurement des arriérés de paiement, avec un effet d'entraînement sur l'économie. Différend entre Etat du Sénégal et Sentel : Le Ps prend la défense de la société de téléphonie mobile
Le Parti socialiste s'est indigné du climat 'malsain d'insécurité des investissements et de la dégradation continue de l'image du Sénégal à l'étranger', avec cette 'sordide affaire de renégociation' de la licence d'exploitation de téléphonie attribuée à Tigo.
'Plutôt que de se livrer à un racket institutionnalisé et à un chantage intolérable', les socialistes invitent le gouvernement à éclairer l'opinion sur la contre-lettre qui a permis à Tigo de poursuivre son activité après le retrait officiel de la licence par le décret de 2001, exhumé et promulgué en 2008 pour justifier la résiliation du contrat.
La même interrogation porte sur les actions de l'Etat dans le capital de la Sonatel, 'au sujet desquelles le gouvernement se dérobe à son obligation de transparence et d'information'. A cet effet, le Parti socialiste exige du gouvernement qu'il édifie l'opinion sur 'la nébuleuse' qui entoure ces actions en s'expliquant sur leur situation actuelle, et au cas où elles auraient été cédées, en précisant le nombre d'actions concernées par cette cession, le montant de la transaction ainsi que les garanties prises pour influer sur les orientations stratégiques et la politique sociale de la Sonatel.
Par ailleurs, le Parti socialiste a exprimé sa surprise devant les décisions annoncées de nationalisation de la société de transport Dakar dem dik et de l'Aéroport International Blaise Diagne, 'eu égard à la nébuleuse qui entoure les conditions et modalités de constitution de ces sociétés, leur statut juridique, l'identité de leurs actionnaires et la provenance de leurs actifs'.
Ousmane Tanor Dieng et ses camarades expriment, également, leur crainte de voir ces opérations 'qui contrastent d'ailleurs avec la frénésie actuelle du gouvernement dans la cession des actifs publics', se transformer en des opérations d'enrichissement sans cause, réalisées sur le dos des contribuables.
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