Youcef Salami
29 Novembre 2008
Tout porte à croire que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne devrait pas baisser sa production avant la conférence extraordinaire prévue le 17 décembre à Oran. Etait-ce prévisible ? La rencontre du Caire ouverte aujourd'hui en marge de la réunion des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) sera consacrée à l'examen du marché. Sans plus. Les membres de l'OPEP et, certainement, des représentants de pays non-OPEP vont analyser des données chiffrées sur l'évolution des marchés, sur les stocks, se concerter et réfléchir à une décision finale à approuver à Oran.
C'est ce à quoi aspirent, en tout cas, nombre de pays, dont l'Iran et le Qatar. En Egypte, nous allons «préparer des données» et, «peut-être, y aura-t-il une décision finale en Algérie», a déclaré Golam Hossein Nozari, ministre iranien du Pétrole. Nous avons en tête «l'équilibre» du marché, «l'offre» et la «demande», a-t-il ajouté. Le ministre qatari de l'Energie, Abdallah Ben Hamad Al Attiyah, a estimé : «Nous irons à Oran en décembre et nous sommes au Caire pour parler et voir comment nous pouvons réagir.»
Il soulignera que les stocks de pétrole des pays industrialisés de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) étaient «à leurs moyennes les plus élevées depuis 5 ans». La baisse de la production de l'organisation semble être arrivée à maturité. Les raisons ? La chute des prix ? Pas seulement. Un surplus en pétrole se fait sentir, malgré le fait que l'organisation en ait retiré une partie, lors de sa réunion ordinaire tenue le 9 septembre dernier. Cet état de fait, le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, le Libyen Abdallah El Badri, en parle.
Il dit que le marché était «trop approvisionné», signe que l'organisation «pourrait baisser» sa production prochainement. Il estime également que les stocks étaient «élevés». El Badri a expliqué dans une déclaration à l'AFP que les stocks pétroliers des pays industrialisés de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques représentent «55 jours de consommation», ce qui est «trop pour l'OPEP».
Autre chose, avant le début des travaux de la réunion du Caire, la Russie se déclare favorable à une réduction de l'offre pétrolière mondiale. La Fédération de Russie, par la voix de son président, Dimitri Medvedev, souhaite un prix du pétrole «juste et stable». Les prix ne devraient pas être «trop bas ni trop spéculatifs à la hausse». On veut des prix «raisonnables», a-t-il déclaré. Le vice-Premier ministre, Igor Séchine, avait préparé, lui, un projet de mémorandum sur la coopération avec l'OPEP qui sera présenté en décembre lors de la conférence ministérielle d'Oran. La Russie est un grand exportateur de pétrole.
Une coordination sur les marchés mondiaux avec les autres grands producteurs «est nécessaire», a fait remarquer Igor Séchine. Et pendant que des pays OPEP et non-OPEP réfléchissent à des décisions à prendre en vue de stabiliser les marchés, la chute des cours continue. Dans les échanges matinaux, en Asie, hier, le cours du brut était en baisse : il cédait 89 cents à 53,55 dollars le baril à New York et 48 cents à 52,65 dollars à Londres.
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