Simon Pierre Etoundi
28 Novembre 2008
Elles ont crevé l'écran. Ces derniers temps on a vu qu'elles à la télévision. Hasard du calendrier, la 6e édition de la Coupe d'Afrique des nations féminine de football se tient en Guinée équatoriale, en même temps que le Championnat du monde des moins de 20 ans qui se déroule au Chili.
A longueur de journée, il est difficile d'échapper au spectacle de 22 jeunes filles, tentant des gestes techniques à la façon des Ronaldinho, Messi, Eto'o et compagnie. Phénomène marginal, voire curiosité absolue jusqu'à une date récente, le football féminin gagne petit à petit ses lettres de noblesse.
Si sur le plan mondial, il commençait déjà à faire son trou, au niveau africain, l'engouement était encore moindre. Certes, la Confédération africaine de football tente de planifier les choses en organisant depuis 1998, une coupe d'Afrique des nations.
Mais jusqu'ici, cette compétition n'avait pas suscité de l'engouement. Toujours est-il que la dernière quinzaine a fait bouger les lignes. La Guinée Equatoriale hôte de la 6è édition de la CAN a réussi le pari d'organiser une compétition populaire.
A Malabo et Bata, les deux villes qui ont vu évoluer les huit équipes participantes, les stades ont toujours été remplis. Les joueuses ne sont donc pas senties dépaysées. Par ailleurs, pour la première fois, la CAN féminine a été entièrement télévisée. A travers tout le continent, des millions de spectateurs ont pu admirer le talent de ces dames.
Au demeurant, la CAN 2008 qui s'achève demain avec la finale entre la Guinée équatoriale et l'Afrique du Sud, marque une étape décisive dans l'évolution du football féminin en Afrique. Sur le plan du jeu, on a observé de réels progrès dans la plupart des pays. On ne veut pour preuve, l'affiche inédite de la finale qui pour la première fois en six éditions ne verra le Nigeria au rendez-vous.
Même si l'on peut légitimement penser que c'est le Nigeria, vainqueur des cinq premières CAN qui a régressé, il est plus juste de reconnaître que l'Afrique du Sud et surtout la Guinée équatoriale ont énormément progressé. D'autres pays comme le Congo ou le Mali ont également amélioré la qualité de leur organisation. Dans ce rayon, le Cameroun même s'il n'est pas parvenu en finale, a démontré qu'il avait aussi de la qualité. Néanmoins, la prestation du Cameroun démontre qu'il y a encore beaucoup de travail à effectuer pour espérer gagner la CAN.
D'une façon générale, dans l'équipe camerounaise si de nombreuses joueuses faisaient leurs premiers pas à la CAN, force est de constater que le renouvellement des cadres n'est pas conséquent. L'ossature de l'équipe camerounaise était encore constituée de nombreuses jeunes filles que le temps commence à user, malgré leur talent. Françoise Bella et Séraphine Mbida par exemple fêtaient en Guinée équatoriale, leurs 10 ans au haut niveau.
Christelle Ngnipoho, Cathy Bou Djouh et Marlyse Ngo Ndoumbouk naviguent dans les mêmes eaux. On comprend aisément pourquoi à certains moments, l'équipe camerounaise a manqué de fraîcheur. L'équipe du Nigeria semblait elle aussi souffrir des mêmes tares que son homologue camerounaise. Et ce constat interpelle les responsables des fédérations nationales et de la Confédération africaine de football (CAF).
Car si on peut se féliciter du talent de la génération actuelle, il n'est pas assez tôt pour préparer la relève et susciter très tôt des vocations. Cela passe nécessairement par la multiplication des compétitions pour les jeunes tant à l'échelle nationale que continentale. Les filles ont montré qu'elles avaient du talent et surtout l'envie de jouer au football. Il faut les encourager.
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