Jacques Doo Bell
1 Décembre 2008
L'ancien président du Nigeria, envoyé spécial de l'Onu pour la République démocratique du Congo (Rdc), Olusegun Obasanjo est revenu vendredi à Kinshasa pour la suite des discussions séparées entre le président Joseph Kabila et le chef rebelle Laurent Nkunda.
Cette deuxième visite s'inscrit dans le cadre des consultations entamées il y a une quinzaine de jours entre les deux hommes. Après une première réunion de travail au siège de la Mission des Nations unies en Rdc (Monuc), M. Obasanjo, qui était accompagné de l'ex-président tanzanien Benjamin Mkapa, a rencontré en début de soirée le chef de l'Etat congolais dans sa résidence privée de Kinshasa sur les bords du fleuve Congo. Il devait également prendre langue samedi avec le chef rebelle qui exige d'avoir un dialogue direct avec les autorités congolaises. Ce que Kinshasa ne veut pas jusqu'à présent. Attitude que semble soutenir M. Nkapa qui la juge "imprudente" car selon lui, "le dialogue ne commence pas nécessairement au sommet". Faut-il préciser que l'ancien chef de l'Etat tanzanien prend part à ces pourparlers comme représentant de la conférence internationale de la région des Grands Lacs.
Au cours de sa première visite "exploratoire" l'ancien président nigérian s'était vu remettre par M. Nkunda une liste de huit revendications parmi lesquelles les négociations directes avec Kinshasa, assurant pour sa part respecter le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par son mouvement le 29 octobre.
Après une série d'humiliantes défaites infligées à l'armée nationale, la rébellion s'est retirée volontairement de près de 40 km sur plusieurs axes plus au nord. Elle procède depuis quelques jours à des "opérations de sécurisation" contre des miliciens pro-gouvernementaux qui tentent d'occuper le périmètre "abandonné" par les troupes rebelles.
Sur le plan humanitaire, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) a entamé le transfert des déplacés des camps de Kibati, sur la ligne de front au nord de Goma. Il prévoit de déplacer ainsi quelque 30.000 personnes sur les 67.000 des camps de Kibati. A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu s'est réuni en session extraordinaire pour se pencher sur la situation dans l'est de la Rdc.
L'incapacité
de l'Onu intrigue
Pendant que le missionnaire de l'Onu et celui de la Conférence des Grands Lacs mènent leurs entretiens à Kinshasa et à Goma, la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme est arrivée aussi dimanche à Goma. Elle devait rencontrer les familles des civils qui ont fui leur domicile à cause des combats qui font rage dans cette région.
A son arrivée, Rama Yade a eu un échange à huis clos avec le gouverneur de la province, mais n'a pas souhaité s'entretenir avec la presse. Toutefois, selon le Quai d'Orsay, cette visite a pour objectif de réaffirmer "le soutien de la France aux autorités et à la population congolaises, ainsi que la détermination du gouvernement français à accompagner leurs efforts pour consolider la paix."
Il faut souligner que plus de 250.000 personnes sont jetées dans la nature et vivent dans des conditions extrêmement pénibles. Situation devant laquelle les 17 000 soldats et policiers de l'Onu se montrent d'une inefficacité intrigante.
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