Mamanding Nicolas Sonko
29 Novembre 2008
interview
Le Sénégal affronte la Guinée ce dimanche à Conakry pour le compte du deuxième et dernier tour des éliminatoires du Championnat d'Afrique des nations (Chan) réservé aux joueurs évoluant sur le continent.
En cas de victoire, les 'Lions' prendraient une bonne option sur la qualification pour la compétition prévue en 2009 à Abidjan (Côte d'Ivoire).
Dans cet entretien, réalisé jeudi dernier, le sélectionneur national, Joseph Koto, qui est actuellement dans la capitale guinéenne avec son groupe, indique qu'ils visent la qualification avant le match retour dans 15 jours à Dakar.
Quel est l'état d'esprit qui prévaut dans votre groupe à 72 heures du match (l'entretien s'est déroulé jeudi) contre la Guinée Conakry ?
Actuellement, on touche du bois, tout se passe très bien. Tous les joueurs convoqués sont en pleine forme. Il n'y a aucun bobo à signaler. Le seul regret que nous éprouvons, c'est d'avoir perdu deux bons éléments. Il s'agit de l'attaquant Amath Ibrahima Diédhiou et du latéral gauche Djilambodji.
Nous n'avons eu aucune nouvelle de ces deux joueurs qui ont fait un excellent tournoi de l'Uemoa à Bamako. Mais, nous n'avons pas eu de difficultés majeures pour remplacer ces deux joueurs. On a fait appel à Pape Ngom du Stade de Mbour et à Mohamed Benjelloum de Xam Xam.
Quel secteur a plus retenu votre attention durant le stage ?
Lors du tournoi de l'Umeoa, à Bamako, on a constaté que notre secteur offensif ne tournait pas bien. C'est peut-être la raison pour laquelle nous n'avons pas pu atteindre la finale de ce tournoi.
Partant de ce fait, on a renforcé le secteur offensif en faisant appel à des attaquants tels que Mohamed Benjeloum et Mbaye Babacar Bâ. Des joueurs qui font partie des meilleurs artificiers du championnat national de première division. On a aussi fait appel à Ibou Sène de Niary Tally pour plus étoffer l'animation offensive de notre équipe.
Est-ce à dire qu'au tournoi de l'Uemoa vous étiez confronté à un problème de casting ?
Du tout. On s'est rendu au Mali avec les meilleurs joueurs sénégalais du moment. Malheureusement, une fois à Bamako, Moussa Dembélé et son coéquipier à la Linguère Mourchid Iyane Ly, qui est le meilleur buteur du championnat, ont été terrassés par un méchant palu.
De sorte que sur les dix-huit joueurs du groupe, il ne restait que quinze dont deux gardiens. Par conséquent, c'est l'absence de ces deux éléments, qui faisaient partie de notre onze de départ, qui a handicapé notre secteur offensif.
Mais, nous n'avons aucune raison de mettre à la touche un joueur qui peut nous apporter quelque chose dans l'équipe. En faisant la sélection, on essaie d'être le plus honnête avec nous-mêmes.
Nous sommes là pour une cause nationale. On donne le maximum de nous-mêmes pour monter la meilleure équipe nationale possible. Nous sommes conscients de la lourde tâche que nous portons sur nos épaules.
Quelle sera à votre avis la clé du match ?
'Ce n'est pas à Koto de remettre sur les rails le football sénégalais'
La concentration et la lucidité. Si les gosses restent concentrés et très lucides sur les dernières actions pour faire la différence, je suis sûr qu'on peut revenir de Conakry avec un résultat positif. En tout cas, on se rend à Conakry pour revenir avec le meilleur des résultats : c'est-à-dire la victoire.
C'est de là-bas que nous voulons assurer notre qualification avant le match retour prévu à Dakar deux semaines après. Attendre la manche retour pour assurer la qualification, ça n'existe plus dans le football. Il faudra être patient et très rigoureux sur toutes les lignes pour faire la différence.
La moindre inattention peut s'avérer fatale. Par exemple, au Mali, contre la Côte d'Ivoire, on a juste perdu par manque d'attention. Nous avions dominé tout le match et la Côte d'Ivoire a profité d'une petite période de flottement de notre équipe pour concrétiser la seule occasion nette de but qu'elle a eue dans le match.
C'est ça aussi le football. Contre la Guinée, nous allons tenter de concrétiser toutes les occasions nettes de but pour éviter le syndrome de notre élimination au Mali.
Après l'élimination de la course pour la Can et le Mondial 2010 ne craignez-vous pas un chaos général avec une éventuelle élimination du Chan ?
C'est très important à souligner. C'est vraiment là une autre charge que nous portons sur nos épaules. Mais, je pense que je ne suis pas seul dans ce challenge.
Il est certes important de qualifier le Sénégal à cette compétition en vue, mais il faut reconnaître que cela n'a rien à voir avec la reconstruction du football sénégalais.
La reconstruction du football sénégalais incombe à tous les acteurs. Nous sommes tous appelés à travailler la main dans la main pour rebâtir notre football. Ce n'est pas à Koto de remettre sur les rails le football sénégalais.
Comment avez-vous accueilli le sacre de la Douane en championnat ?
Joseph Koto : On a eu droit à championnat d'un très bon niveau. Le seul hic, c'est qu'il a été très court. 18 à 20 matches, c'est très peu pour des équipes de première division.
Mais, il faut quand même avoir l'honnêteté de reconnaître le bon niveau du championnat. N'empêche, il est impératif de passer à un palier supérieur. Il est temps de professionnaliser le football sénégalais.
Tous les problèmes qui se posent au football sénégalais, c'est qu'il est encore amateur. Par conséquent, il faut passer au professionnalisme.
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