L'Autre Quotidien (Cotonou)

Afrique: Conférence sur le financement de Doha - Les pays développés doivent honorer leurs engagements

Marie-Louise B. Matchoudo

1 Décembre 2008


Au moment où le monde fait face à des défis sans précédent, la conférence internationale sur le financement du développement débutée depuis vendredi dernier à Doha au Qatar est prévue pour s'achever mercredi prochain. La conférence entend limiter l'impact de la crise financière sur les pays en développement.

«Le développement des pays les plus pauvres ne peut pas être sacrifié sur l'autel de la crise financière et économique actuelle », déclarait déjà samedi dernier, le président français Nicolas Sarkozy lors de la conférence de l'Organisation des nations Unies sur le financement du développement à Doha. Quelques heures avant la rencontre, déjà, la Banque mondiale était montée au créneau en demandant instamment aux bailleurs de fonds d'accroître leur aide, car les investissements dans les pays en développement vont se trouver pris dans une « tempête magistrale.

« Les responsables de l'action publique dans les pays développés doivent éviter d'adopter des politiques et des structures qui compromettent les intérêts des pays en développement », a déclaré le Président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick. Les gouvernements de nombreux pays en développement qui ont pris en effet des mesures courageuses afin de mettre en place des politiques macroéconomiques et budgétaires judicieuses, se retrouvent aujourd'hui à la merci d'une crise dont ils ne sont nullement responsables.

Pour la Banque mondiale, il est impératif que les bailleurs de fonds honorent les engagements relatifs à l'allégement de la dette et à l'accroissement de l'aide qu'ils ont pris à Gleneagles. L'appui fourni par les pays du G-7 actuellement est inférieur de 30 milliards de dollars aux montants qu'ils s'étaient engagés à verser. Selon le rapport The Implications of Global Crises on Developing Countries, de la Banque mondiale, les pays en développement sont exposés à une « tempête magistrale » par suite de la convergence du ralentissement de la croissance mondiale, de l'arrêt des apports de fonds propres et de financements au secteur privé et de la hausse des taux d'intérêt.

Pour Robert B. Zoellick, le financement du développement n'a plus rien à voir avec l'ancien modèle de la dépendance à l'égard de l'aide ou de la charité. Il s'agit, au contraire, d'investir dans un avenir stable, prospère et solidaire. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban ki-moon, de son côté, a appelé à mettre en oeuvre un plan de stimulation de l'économie concerté qui réponde aux besoins des pays en développement et émergents. L'aide publique au développement doit être maintenue et étendue pour aider plus d'un milliard d'êtres humains dans le besoin, a-t-il réclamé.

Selon lui, la crise financière n'était pas la seule à laquelle il faut faire face. Il a appelé à ce que la lutte contre le changement climatique et la réforme des institutions intègre une approche multilatérale. Le président Nicolas Sarkozy, au nom de l'Union européenne, a déclaré que celle-ci respecterait son objectif en matière d'Aide publique au développement: porter celle-ci à 0,7% de son Produit intérieur brut (Pib) en 2015 au lieu de 0,3% à 0,4% aujourd'hui. L'aide publique au développement de la France représente 0,39% de son Pib, ce qui correspond à la moyenne de l'Union européenne.

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