Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Manifestation en réaction aux accidents de la route - Des collégiens bloquent la circulation à Sébikotane

Malick Ciss

1 Décembre 2008


Pour la troisième fois de leur histoire, les Sébikotanois ont bloqué la route nationale 2 longeant leur ville. Cette fois-ci pour le même motif : trop d'accidents, souvent mortels. En s'opposant aux forces de l'ordre, le 1er mars 2008, dans une violente manifestation, la population espérait l'implantation, au moins, d'un poste de gendarmerie. Elle attend toujours et continue à compter les victimes de la route.

La route nationale 2 a été paralysée, samedi dernier, à hauteur de Sébikotane, par de jeunes manifestants, en majorité des élèves. Ces derniers ont barré cette voie, en protestation contre la fréquence des accidents de la circulation dans cette localité située à 43 Km de Dakar, a constaté un reporter de l'Aps.

Les protestataires sont composés essentiellement des élèves du collège d'enseignement moyen (Cem) de la commune qui a payé un lourd tribut de l'imprudence de chauffeurs. Ils mettent en cause l'excès de vitesse des véhicules dans les graves accidents survenus dernièrement.

Un parent d'élèves interrogé par l'Aps réclame l'installation de check point, des postes de contrôle de la gendarmerie pour réguler la circulation à l'entrée et à la sortie de Sébikotane, une ville de près de 20.000 habitants, traversée par la route nationale. Les collégiens de Sébikotane ont libéré la voie, après quatre heures de blocage.

« Ils l'ont levé (le siège) à 12 heures 10, suite à l'intervention du préfet de Rufisque et du principal du collège (de Sébikotane) », selon un reporter de l'Aps.

« De 8 heures à midi, aucune voiture n'est passée. Il y en avait une centaine », a-t-il ajouté. Il a également signalé la participation de parents d'élèves venus appuyer les collégiens afin, disaient-ils, « de mettre fin au laisser-aller » (sur la circulation). Ces derniers temps, quatre victimes ont été enregistrées.

Ce n'est pas la première fois que les populations de Sébikotane bloquent la circulation pour crier leur ras-le-bol des accidents meurtriers dus le plus souvent à l'indiscipline de chauffeurs qui ne respectent pas les limitations de vitesse dans cette agglomération.

Dans les années 1990, on avait assisté à un blocage de la circulation après qu'un garçon du quartier de Yéba fut mortellement fauché alors qu'il revenait d'un match de navétanes. Le 1er mars dernier, les Sébikotanois se faisaient entendre une seconde fois en remettant ça. Et avec beaucoup de colère.

Sébikotane attend toujours

Plusieurs accidents aussi meurtriers que spectaculaires en l'espace de quelques jours avaient poussé les populations à descendre dans la rue. De 19h à 02h du matin, les populations avaient bloqué la route nationale numéro 2 longeant la ville sur plusieurs kilomètres.

La descente des forces de l'ordre n'avait pas refroidi la détermination des populations à se faire entendre en paralysant cette voie névralgique. Des pneus avaient été incendiés sur la chaussée jonchée de grosses pierres.

Des véhicules avaient même été endommagés. Aux grenades lacrymogènes des forces de l'ordre venues disperser les populations en colère, les manifestants répondaient par des jets de pierres et se repliaient dans les quartiers.

Les locaux abritant l'ex-poste de santé de la ville portent toujours les stigmates de l'un des nombreux accidents de février ayant fait déborder le vase en cette soirée du 1er mars 2008.

Quarante-huit heures après les manifestations, une rencontre s'était tenue à la préfecture de Rufisque, réunissant le maire de Sébikotane, Abdoulaye Diouf, des délégués de quartiers de ladite ville, le commandant de la brigade de gendarmerie de Diamniadio et les autorités administratives au niveau départemental afin de trouver des solutions aux accidents fréquents et mortels.

Parmi les solutions issues de cette rencontre, il était question de l'implantation à Sébikotane d'une unité de gendarmerie, nous avaient confié le maire et le commandant de brigade.

Selon le maire, ce projet de doter la commune d'une unité de gendarmerie « date de 2004-2005 ». Jusqu'à présent, les populations attendent la concrétisation de l'implantation d'une unité de gendarmerie dans leur ville.

Sébikotane, érigée en commune en 1996, ne dispose pas de commissariat de police et compte sur la présence, à certains moments de la journée, des éléments de la brigade de gendarmerie de Diamniadio pour espérer une régulation de la circulation.

En l'absence des gendarmes, certains automobilistes violent les limitations de vitesse, d'où la violence ou la mort en cas de choc.

La présence d'éléments de la brigade de gendarmerie de Diamniadio à certains endroits de la ville n'a pas réglé la fréquence des accidents. Au grand dam des Sébikotanois qui continuent de compter leurs enfants et adultes victimes de la route.

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