La Presse (Tunis)

Tunisie: Interventions du Fonds de solidarité nationale 26-26 : Désenclavement des zones d'ombre et amélioration des conditions de vie

Chokri Gharbi

1 Décembre 2008


Des régions laissées pour compte et difficilement accessibles ont connu une véritable métamorphose à la faveur de l'introduction des commodités et des équipements nécessaires.

Des commodités dans toutes les zones, même les plus reculées

C'est une initiative historique et salutaire du Président Zine El Abidine Ben Ali qui, après une visite inopinée, en décembre 1992, dans deux zones d'ombre, en l'occurrence El Barrama et Zouakra, a décidé la création du Fonds de solidarité nationale (FSN) 26-26. Il a été révolté en constatant de visu que des populations vivaient dans des conditions précaires alors que la Tunisie a atteint dans plusieurs domaines un haut degré de prospérité. Financé en partie par les citoyens, le Fonds s'inscrit dans une approche solidaire et d'entraide. Dans un élan de solidarité, travailleurs, employés des entreprises privées et publiques ont répondu à l'appel pour contribuer au financement du Fonds.

Les réalisations sont multiples, depuis la création du Fonds, et concernent toutes les régions. Des dispensaires, des écoles, des routes sans oublier l'éclairage et l'eau potable sont désormais disponibles dans ces zones qui manquaient, il y a quelque temps de tout. Même les enfants n'allaient pas à l'école vu la distance qui séparait celle-ci des habitations. Les habitants se contentaient de petits travaux comme l'élevage et l'agriculture pour subvenir modestement à leurs besoins. Aujourd'hui, El Barrama, Zouakra et les autres zones d'ombre sont méconnaissables. Des appréciations positives ont été formulées par les invités étrangers qui ont constaté de visu ces acquis grandioses au profit de catégories sociales nécessiteuses ou à revenu limité.

Concrètement, le Fonds vise à intervenir dans les zones d'ombre qui ne peuvent bénéficier des programmes ordinaires de l'Etat en raison de leur éloignement et du coût élevé d'investissements. Il s'agit donc de réaliser des projets d'infrastructure de base dans ces localités en aménageant les routes et les pistes. L'introduction de l'électricité et de l'eau potable en plus de l'édification des écoles, des centres de soins de santé, des centres pour jeunes, et des espaces de loisirs sont parmi les interventions programmées. Mieux encore, à la faveur de projets bien ciblés, il a été possible d'améliorer le revenu des habitants qui ont eu droit à des micro-crédits pour monter des projets divers comme ceux de l'agriculture, de la pêche, de l'artisanat ou des petits métiers.

Ces bicoques et logements rudimentaires ne sont plus visibles puisqu'ils ont été remplacés par des logements décents dotés de toutes les commodités pour le grand bonheur de ces habitants. Les interventions du Fonds depuis 1993 sont source de fierté puisque les indicateurs de développement en milieu rural ont été sensiblement améliorés malgré les ressources naturelles du pays.

Activités socioéconomiques dynamisées

Ainsi, le taux d'électrification rurale a été porté à 98,7% en 2006, contre 53% en 1992, ce qui correspond au raccordement de 72.800 familles au réseau grâce aux interventions du Fonds, pour un investissement de 146,3 millions de dinars. Cela représente 26% de l'effort global dans ce domaine. Autre élément vital : l'eau potable dont le taux d'alimentation en milieu rural s'est élevé à 92,6% en 2006, contre 49,5% en 1992. L'intervention du Fonds a permis à 83.891 familles d'être raccordées pour un investissement de plus de 109 MD avec une contribution du Fonds de 70% dans l'effort global.

Les activités socio-économiques ne peuvent être dynamisées sans un accès facile vers et à partir de ces zones dont certaines se caractérisent par une configuration difficile nécessitant des fonds faramineux pour l'aménagement de pistes. Pourtant, le Fonds a prévu l'amélioration du réseau des routes et des pistes avec l'aménagement de 4.530,7 km pour un coût de 226,9 MD.

L'amélioration des conditions d'habitat constitue l'un des acquis d'envergure à l'actif du Fonds. Pas moins de 64.776 familles ont effectivement pu bénéficier de la construction de 39.884 logements depuis 1993, dont plus de 26.300 entre 2000 et 2004, et la réhabilitation et le réaménagement de 24.892 autres logements pour un coût total de 215,3 MD.

Ces réalisations ont contribué au programme national d'éradication des logements rudimentaires dont l'exécution a été confiée au FSN. Quelque 26.342 logements édifiés entre 2000 et 2004 ont permis l'éradication des logements rudimentaires recensés au cours de l'année 2000, et leur remplacement par des logements décents. Il n'est pas digne, en effet, de voir ces maisons rudimentaires qui manquent de tout dans un pays qui espère accéder au concert des pays développés grâce à une modernisation tous azimuts qui se poursuit.

Les habitants n'ont plus besoin de faire de longs kilomètres pour se faire soigner même s'il s'agit de cas urgents qui peuvent mettre en péril la vie du malade (accouchement, accident, brûlure ) puisque 140 centres de santé de base pour un coût de 6,3 MD ont vu le jour. Les habitants de ces zones ne s'empêchent pas souvent de laisser leurs enfants et notamment les filles à la maison pour aider la famille dans les travaux ménagers et agricoles sous prétexte que l'école est éloignée, ce qui était bien vrai. Maintenant, avec la réalisation de 133 noyaux scolaires pour un coût supérieur à 4 MD les choses ont changé positivement.

Ces habitants ont un revenu modeste ne leur permettant pas de subvenir à leurs besoins comme il faut. C'est pourquoi, le Fonds a jugé bon la création, entre 1994 et la fin de l'année 2000 de sources de revenus au profit de 61.471 bénéficiaires pour un coût de 87,9 MD. Le Fonds a cessé, cependant, depuis 2000, d'intervenir dans ce domaine, après avoir été relayé dans ce rôle par la Banque tunisienne de solidarité (BTS) et le système des microcrédits accordés par les associations. Les habitants ont été en mesure de monter des projets pour satisfaire les besoins locaux en produits alimentaires et autres et vendre même pour d'autres régions. Avec l'aménagement des cités de métiers, les activités sont plus organisées selon des critères bien définis.

Ces zones ne sont plus isolées mais liées par des routes et des pistes avec les autres régions. Mieux, elles sont dotées d'espaces de loisirs, des clubs culturels et de jeunesse où les habitants peuvent pratiquer certaines activités artistiques et montrer leur talent. La maintenance a permis de mettre les écoles en bon état pour améliorer les conditions de travail en leur sein. L'écologie n'est plus laissée pour compte grâce à ces projets environnementaux qui visent en définitive à concilier les habitants avec le milieu naturel sans porter atteinte à la diversité biologique abondante dans ces contrées.

Le FSN a accompli, en déployant de grands efforts, les missions qui lui ont été confiées pour la période s'étalant de1993 à 2004. Il a poursuivi avec le même élan la réalisation, au cours des années 2005-2007, de certains programmes dans le domaine des commodités de base et de l'édification de logements. Les lots identifiés sont notamment ceux qui se trouvent dans les zones frontalières et les délégations prioritaires. Depuis 2007, le travail a été orienté particulièrement vers la concrétisation du programme présidentiel de promotion des quartiers populaires situés autour de la capitale et des autres grandes villes.

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