La Prospérité (Kinshasa)

Nigeria: Gouvernement-CNDP, Obasanjo jette le pont !

Emissaire de Ban Ki-moon dans le conflit à l'Est du Congo, Olusengun Obasanjo effectue une seconde visite en RDC. Il est venu cette fois-ci pour dire ce que le Président congolais, Joseph Kabila, et le chef de guerre, Laurent Nkunda, doivent faire pour stopper le désarroi des milliers des déplacés.

Le dialogue direct serait, à ses yeux, le grand remède. Sans le dire explicitement, il avait estimé que les revendications de Nkunda de dialoguer directement avec le Gouvernement ne seraient pas scandaleuses. Sera-t-il suivi par Kabila ? Toute la question est là.

Nommé le 3 novembre dernier par le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-moon, en qualité d'Emissaire spécial de l'ONU pour le conflit dans la partie Est de la RD Congo, Olusegun Obasanjo est arrivé, hier vendredi, à Kinshasa.

Pour sa seconde visite au Congo en l'espace d'une dizaine des jours, l'ex-Président nigérian vient, une fois de plus, rencontrer les protagonistes de la guerre, Joseph Kabila, pour le compte du Gouvernement congolais, et Laurent Nkundabatware, pour celui de la rébellion.

Objectif affiché, tenter de rapprocher les vues diamétralement opposées de ces deux hommes quant à l'idée de dialoguer directement pour mettre un terme à la guerre avec sa cohorte des malheurs : plus de 250.000 déplacés logés actuellement parfois dans des endroits difficilement accessibles pour les secours en vivres et non vivres des humanitaires.

Aux grands maux, de grands remèdes

La première visite exploratoire de M. Obasanjo auprès de Joseph Kabila, à Kinshasa, et à Nkunda, dans son fief natal de Jomba, lui avait permis de jauger la température dans la région et de se faire une idée exacte des revendications des uns et des autres, avant de les transmettre, pour dernières dispositions utiles, au Secrétaire Général de l'ONU.

A la lumière des avis et considérations du patron de l'ONU, et au regard des derniers développements de la situation tant militaire qu'humanitaire sur terrain, il n'est pas exclu qu'il pousse les deux hommes à mettre chacun de l'eau dans son vin afin de favoriser un dialogue direct, franc et sincère.

Là, sera inéluctablement un remède puissant. Une étroite issue pour conjurer cette harassante crise aux effets multiples.

Occasion rêvée de poser les problèmes de fond

Ici, au lieu de chercher à esquiver le dialogue direct avec la rébellion, maints analystes politiques estiment qu'il serait plutôt un moment tant rêvé pour la RD.

Congo de poser des balises, de soulever un véritable débat de fond. C'est notamment l'heure d'exiger que la communauté internationale fasse véritablement pression sur Paul Kagame pour l'amener à ouvrir un espace politique chez lui, pour une concertation inter rwandaise.

Une telle perspective aurait le mérite de favoriser une transition pacifique devant déboucher sur des élections démocratiques dans ce pays.

De sorte que Nkunda, et finalement ses parrains, ne trouvent plus d'alibis avec le rapatriement des FDLR au Rwanda, leur pays d'origine.

Quant aux autres revendications de Nkunda, parce qu'il en avait proposé 8 à l'Emissaire de Ban Ki-moon, lors de son passage au Nord-Kivu à la mi-novembre, elles répondront au principe qui dit que l'accessoire suit le sort du principal.

Danger de persévérer dans l'obstination

Récuser toute idée de dialogue direct serait de nature à marginaliser le Gouvernement dans le box de voix qui fusent de partout. Pour cause ! La représentation nationale avait proposé une voie de sortie de crise avec, en toile de fond, le dialogue direct avec le CNDP.

De son côté, l'Envoyé spécial du Secrétaire Général dans le conflit à l'Est du pays n'avait pas trouvé mieux que de dire que : « Les revendications de Nkunda ne sont pas scandaleuses ». Et comme tel, le Gouvernement risque de porter le chapeau de tous les maux qu'entraînent généralement les affrontements armés.

Déjà, l'Organisation internationale Human Right Wacht a donné le ton avec un rapport accablant sur les violations flagrantes des droits de l'homme au Congo.

Quand bien même Lambert Mende l'a blackboulé au nom du gouvernement, il ne demeure pas moins un message discréditant, pour un pays en quête des moyens pour son budget 2009.

A tout bien considérer, le dialogue direct va dans l'intérêt de toute la population congolaise.

C'est même un raccourci pour sortir le Congo des griffes impitoyables des protagonistes.


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