Nord-Sud (Abidjan)
Correspondant Régional Ousmane Diallo
1 Décembre 2008
Débutée le 25 novembre autour du thème «Violences sexuelles», la commémoration des «Seize jours d'activisme contre les violences faites aux femmes » a vu son lancement officiel le 29 novembre. Une manifestation présidée par Mme Jeanne Peuhmond, ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales qui a vu la participation des partenaires de son ministère que sont le système des Nations Unies en Côte d'Ivoire, la Banque africaine de développement et plusieurs représentations diplomatiques.
La gent féminine de Yamoussoukro qui s'est mobilisée a rempli l'auditorium du lycée Mamie Adjoua qui a accueilli la cérémonie. Rappelant une étude réalisée en 2007 par son ministère avec l'appui de l'Unfpa, Mme Peuhmond a révélé que « dans le seul département d'Abidjan, 21.35% des personnes enquêtées avouent avoir été victimes de violences sexuelles et la majorité est de sexe féminin.»
Selon ses dires, en trois mois, dix cas de victimes de violences sexuelles dont l'âge varie entre 4 et 32 ans ont été recensés. Quant au représentant résident de l'Unfpa (Fond des Nations Unies pour la population) qui parlait au nom du système des Nations unies, M. Philippe Delanne, citant les résultats d'une enquête réalisée dans les zones Centre, Nord et Ouest par le ministère de la Famille, de la Femme fait remarquer que : «chaque année en Côte d'Ivoire, environ 10% des femmes subissent au moins un acte de violence sexuelle.
En ce qui concerne le viol, 3% de la population féminine en sont victimes chaque année.» Et M. Delanne d'ajouter que la prise en charge de ces victimes concerne 44% pour le volet psychologique, 13% pour le volet médical, 9% pour l'assistance juridique et 5% pour le volet économique et communautaire. Des chiffres qui justifient amplement la tenue de cette quinzaine activiste en vue de « permettre l'éradication du phénomène des violences sexuelles», selon M. Touré Ladji, directeur régional du ministère de la Famille et des Affaires sociales à Yamoussoukro.
Pour qui les violences sexuelles sont « une urgence politique et un défi social basés souvent sur des pesanteurs culturelles.» Pour le représentant de la Bad, M. Sangbé, l'appui de cette structure, dans le cadre du programme de sortie de crise en Côte d'Ivoire s'élève à environ 15 milliards de Fcfa dont 1,16 milliard est destiné aux activités de promotion de la santé, de la reproduction et de lutte contre les violences basées sur le genre.»
Pour lui, ces violences amenuisent les efforts de développement durable, menacent non seulement les actions menées pour réduire la pauvreté et la mauvaise santé, mais aussi celles en faveur de la paix et la sécurité.
Aussi Jeanne Peuhmond en appelle-t-elle au législateur ivoirien pour qu'il complète les textes de lois, permettant ainsi aux magistrats de disposer de moyens plus adaptés « pour réprimer les violences sexuelles et réparer en toute justice les victimes de ce type d'abus.» Les 16 jours d'activisme prennent fin le 4 décembre par des activités de sensibilisation des populations dans les quartiers populaires de Yamoussoukro.
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