Reece H Adanwenon
2 Décembre 2008
Annoncée à grand tapage médiatique, la gratuité de la césarienne prévue pour démarrer le 1er décembre 2008 n'est qu'un vain mot. Au Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), c'est le statu quo. L'administration du Cnhu réclame le payement des sommes dues par l'Etat avant toute mise en application de cette décision.
Nombreuses sont les femmes enceintes qui espéraient une intervention chirurgicale gratuite hier. Mais contre toutes attentes, elles ont dû payer elles-mêmes les frais de prestation de service. Du Centre de santé de Mènontin à l'Hôpital de la Mère et de l'enfant Lagune (Homel) en passant par le Cnhu et l'Hôpital Suru Léré, le constat est le même. La gratuité de la césarienne annoncée par les autorités sanitaires et gouvernementales n'est pas effective. "Nous ne sommes pas informés et nous n'avons reçu aucune instruction pour ce qui concerne le démarrage de la gratuité de la césarienne". C'est ainsi que s'exprimaient hier les responsables des centres de santé sillonnés. Les lieux sanitaires retenus par le ministère de la santé pour accueillir l'offre de la gratuité de la césarienne attendent toujours les mesures d'accompagnement prévues par l'Etat pour mettre en application cette décision. "Aujourd'hui, nous avons eu des cas de césarienne mais rien n'a été gratuit. Les patientes paient elles-mêmes les kits, les médicaments et les frais d'hospitalisation", a confié Mme Laurence Montéiro, maîtresse sage-femme à la Cugo et présidente de l'association des sages-femmes du Bénin. "Je viens de voir mon chef service qui m'a rassuré qu'il n'a reçu aucun kit. Si cela doit effectivement commencer, les kits de césarienne ne devraient plus être achetés par les femmes enceintes et on ne devrait plus leur demander de déposer une certaine somme avant l'intervention chirurgicale. Car, la gratuité de la césarienne comprend l'ambulance qui doit transférer la malade, le matériel, l'acte opératoire et l'hospitalisation ", a-t-elle expliqué. Toutefois, les agents de santé restent sereins quant à la mise en oeuvre de la gratuité de la césarienne. " Peut-être que ce n'est pas parce qu'on a dit 1er décembre que cela va commencer aujourd'hui. Nous attendons toujours parce que nous estimons que le gouvernement ne peut pas dire quelque chose et ne pas l'appliquer", a laissé entendre un agent de santé en service au Centre de santé de Mènontin.
3 milliards à verser au Cnhu avant d'espérer
À en croire le directeur du Centre national hospitalier et Universitaire (Cnhu), le colonel Abdoulaye Idrissou, l'Etat reste devoir des milliards de Fcfa à l'hôpital. "J'attends toujours le payement des frais de prise en charge des dialysés qui s'élèvent à plus de 1 milliard 500 milles et les frais de prise en charge des indigents qui est estimé à plus d'un milliard", a-t-il affirmé. "Je pense que si l'Etat béninois nous rembourse aujourd'hui la somme de 3 milliards qu'il reste nous devoir, nous rendrons effective la gratuité de la césarienne. La gratuité de la césarienne en elle-même est une bonne chose mais le personnel de l'administration du Cnhu doit pouvoir se sentir à l'aise en rendant la décision effective et ne plus avoir des problèmes dans les autres secteurs sanitaires. Le Cnhu paie ses employés sur la base de ses recettes et si tout devient gratuit comment faire pour payer les agents", a indiqué Laurence Montéiro qui, en dépit de tous, estime que la décision de l'Etat est salutaire quand bien même son effectivité reste à voir.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Fraternité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.