Le Nouveau Réveil (Abidjan)

Côte d'Ivoire: L'Abbé James Aka Wadja - "Malheur à ceux qui travaillent contre le peuple, contre son unité, contre son progrès"

Abbé James Aka Wadja

2 Décembre 2008


La messe du 1er dimanche de l'Avent a été une occasion pour l'abbé James Aka Wadja de parler à l'ensemble des Ivoiriens. Son homélie a porté sur trois aspects : La réalité inéluctable de l'avènement de Jésus. Puis, l'observance du précepte divin de la vigilance comme condition du salut du genre humain. Et enfin, la problématique de la purulence morale et sociale de la Côte d'Ivoire.

L'Eglise, soucieuse du salut des âmes de ses enfants que nous sommes, nous propose aujourd'hui de nous arrêter un moment pour, à la faveur du Temps de l'Avent, Temps de vigilance, de prière et de conversion, méditer sur un sujet qui lui tient à coeur, un sujet qui est du reste l'objet de son attention de tous les instants.

Il s'agit, vous l'avez compris, Frères et Soeurs, de la fin des temps, du jugement dernier ou encore de l'Avènement de Jésus notre Seigneur.

L'Avènement de Jésus, tel est le matériau qui va servir à notre réflexion théologique de ce 1er Dimanche de l'Avent Année 8, laquelle réflexion sera bâtie sur deux points majeurs: d'abord, la réalité inéluctable de l'Avènement de Jésus, ensuite, l'observance du précepte divin de la vigilance comme condition du salut du genre humain.

Nous aborderons, en dernier ressort, la problématique de la purulence morale et sociale de la Côte d'Ivoire, pour livrer les réflexions que nous inspire l'impérieuse nécessité de conversion des Ivoiriens et des Ivoiriennes, dans l'attente de l'Avènement de Jésus.

1- La réalité inéluctable de l'Avènement de Jésus

On donne, dans l'Eglise latine le nom d'Avent, au temps destiné par l'Eglise à préparer les fidèles à la célébration de la Fête de Noël, anniversaire de la Naissance de Jésus Christ; cela, nous le savons.

Mais pénétrons dans les profondeurs du mystère qui occupe l'Eglise à cette période. Nous trouvons alors que ce mystère de l'Avènement de Jésus Christ est à la fois simple et triple; il est simple, car c'est le même Fils Dieu qui vient. Il est triple, car il vient en trois temps en trois manières.

Oui, Frères et Soeurs, il y a trois Avènements du Seigneur. Le premier eut lieu au milieu de la nuit. Ce premier Avènement est déjà passé; il s'est passé il y a plus de 2000 ans, car le Christ a été vu sur la terre et a conversé avec les hommes.

C'est un évènement historique, certain et divin qui nous est confirmé par le récit de la Naissance du Christ, dans l'Evangile de St Luc: " il arriva qu'en ces derniers jours-là parut. Un édit de César Auguste ordonnant un recensement de toute la terre", Lc 2,1

Les historiens nous rapportent que Marie et Joseph décidèrent alors de se rendre à Bethléem pour le recensement, cette localité étant celle d'où leurs familles étaient originaires, Marie et Joseph descendant tous de la famille du Roi David.

Ainsi, en lançant son décret de recensement, l'Empereur Auguste ne se doutait pas qu'il servait d'instrument à la Providence divine par la réalisation de la prophétie laquelle le Messie attendu par les Juifs, à cette période particulière de l'histoire humaine, devait naître à Bethléem.

Le second Avènement, consiste en la visite que l'Epoux fait à son Epouse, l'Eglise, car chaque année Avènement a lieu dans la Fête de Noël; l'Eglise, durant l'Avent, demande donc d'être visitée par celui qui est son Chef et son Epoux, visitée dans sa hiérarchie, dans membres, dans ceux qui ne sont point de sa communion et dans les infidèles eux-mêmes, afin qu'ils se convertissent à la vraie lumière qui luit pour eux.

Le troisième Avènement: mais cette visite annuelle de l'Epoux ne satisfait pas l'Eglise, qui aspire après le troisième Avènement qui consumera toutes choses en ouvrant les portes de l'éternité.

Ce jour de l'arrivée de l'Epoux sera en même temps un jour terrible. La Ste Eglise ne frémit-elle pas souvent à la seule pensée des formidables assises devant lesquelles comparaîtront tous les hommes? N'appelle-t-elle pas ce jour "un jour de colère", "un jour de larmes et d'épouvante" ?

Frères et Soeurs, si le premier Avènement de Jésus a eu lieu dans l'humilité, dans l'extrême pauvreté: "il n' y avait pas de place pour. eux dans l'hôtellerie", ou encore "sa mère l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche", Lc 2,7 ; si la Naissance de Jésus a eu lieu dans une mangeoire d'animaux, le dernier Avènement, par contre, se fera dans l'autorité et la majesté souveraines.

C'est ainsi que toute la cour angélique sera autour de Jésus, car ce sont les Anges qui forment son cortège habituel. "II s'assiéra sur le Trône de sa gloire.

Ainsi, toutes les Nations seront rassemblées et comparaîtront devant Lui. Il mettra ainsi à part, dans cette multitude humaine, comme le Pasteur dans le troupeau qui lui appartient, les brebis d'un côté, les boucs de l'autre, celles-là à droite, ceux-ci à gauche" Mt 25, 34.

Oui, Frères et Soeurs, le coeur de l'Eglise notre Mère s'inquiète à raison en songeant qu'alors plusieurs de ses enfants seront à gauche du Juge Suprême, et que, privés, de toute part avec les élus, ils seront pieds et mains liés dans ces ténèbres où il n'y aura que des pleurs et des grincements de dents.

Aussi, dans le St Temps de l'Avent, l'Eglise s'arrête-t-elle si souvent à montrer l'Avènement du Christ comme un Avènement terrible, et choisit-elle dans les Ecritures les passages les plus propres à réveiller une terreur salutaire dans l'âme de ceux et celles de ses enfants qui dormiraient d'un sommeil de péché.

2- L'observance du précepte divin de la vigilance comme condition du salut du genre humain.

Jésus reviendra cette fois-ci dans la gloire, nous dit la Sainte Ecriture. Il reviendra inéluctablement à la fin de notre vie, il reviendra certainement à la fin du monde.

Malheureusement, les hommes et les femmes de notre temps ont trop tendance à renvoyer l'Avènement de Jésus à la fin des Temps, en pensant que nous avons des chances de ne pas voir la fin du monde.

C'est donc contre cette fausse appréciation des choses que Jésus nous met sévèrement en garde à la faveur de ce 1er Dimanche de l'Avent, à travers la célèbre parabole de l'exhortation à Vigilance.

Mais quelle est la signification de cette parabole? Dieu est le Maître de notre vie. Il nous a créés par amour et attend de ses créatures que nous sommes un concours précis.

L'homme parti en voyage n'est autre que Jésus qui reviendra à la fin des Temps pour juger les hommes et rendre à chacun selon ses oeuvres.

Dieu est le Maître de notre vie, et en appelant l'homme à la vie, Il l'associe à son oeuvre laissée par Lui volontairement inachevée.

Ainsi, la vie de l'homme n'est pas un sombre accident, elle est l'invention d'une Sagesse infinie. Les créatures humaines que nous sommes, ne sommes pas des oubliés sur la planète terre, car Dieu nous y a placés pour une fin déterminée.

Il est le Maître de ce monde qu'il a créé, le Maître que l'on ne voit certes pas, comme dans la parabole, mais quoi qu'invisible, Il n'est pas absent. Tout ce que nous possédons Lui appartient; nous devons donc travailler pour notre Maître, sur son fonds, avec les biens qu'II nous a confiés.

En d'autres termes, la vie est un don et une charge et notre devoir est d'en faire ce pourquoi son Auteur nous l'a donnée, i,e. collaborer à l'oeuvre divine de la création et de la rédemption. Chacun, chacune de nous a reçu une charge; chacun, chacune de nous a reçu un travail à faire. Oui, Dieu a remis à chacun, à chacune de nous selon sa capacité; Il a proportionné ses dons à nos tâches.

Certes, le Maître est absent, mais nous avons des devoirs, dans l'intervalle, et en attendant son retour, de nous mettre au travail, de ne pas baisser la garde, car son retour peut se faire de façon soudaine, imprévisible. La vigilance doit être constante, car son retour peut être inopiné : le soir ou à minuit ou le matin.

Nous ne devons donc pas nous laisser prendre par le sommeil à quelque heure de la nuit que ce soit, car l'Avènement du Seigneur sera l'occasion pour les serviteurs que nous sommes de rendre des comptes sur la façon dont nous aurons fait fructifier les dons que nous avons reçus.

En somme, le caractère imprévu de la venue du Seigneur impose à chaque serviteur le devoir de vigilance et de fidélité dans l'accomplissement de la tâche qui lui a été confiée.

3- La problématique de la purulence morale et sociale de la Côte d'Ivoire et l'impérieuse nécessité de conversion des Ivoiriens et des Ivoiriennes, dans l'attente de la venue du Seigneur

"Ce que je vous dis là, je le dis à tous: Veillez !" Mc 13,37.

Frères et Soeurs, la Parole de Jésus ne s!adressait pas seulement à ses contemporains; son enseignement est pour tous les temps et pour tous hommes.

La Parole de Jésus n'a pas vieilli. Et cette exhortation pressante de Jésus à la vigilance est merveilleusement adaptée à tous les besoins de l'âme humaine; après plus de 20 siècles, comme jadis, elle veut nous éclairer, elle est adressée à nous aujourd'hui, à nous Ivoiriens et Ivoiriennes.

Dieu a créé l'homme par amour. Il a appelé l'homme à vivre avec Lui, à le connaître, à l'aimer, par ce que son projet en le créant est de le voir vivre heureux.

Il nous a créés et nous a placés sur cette portion de l'univers avec une mission spécifique, à savoir collaborer à son oeuvre pour l'édification d'une société fraternelle où tous les hommes et toutes les femmes puissent vivre en vue de leur éternelle destinée.

II nous a donné des lois, Il nous a donné des commandements pour notre bonheur. Il nous demande de travailler de toutes nos forces pour rendre le monde meilleur, pour rendre la Côte d'Ivoire meilleure.

Or, si Dieu revenait aujourd'hui, si le jugement dont il est parlé dans l'Evangile avait lieu aujourd'hui, comme ils seraient nombreux ceux et celles à qui Il reprocherait vivement de n'avoir pas fait le bien au cours de leur existence humaine, le bien éminent de la charité fraternelle qui résume tous les préceptes divins: " J'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger..." ou encore " chaque fois que vous avez omis d'être charitable ,..,.vers l'un de ces petits, c'est à moi-même que vous l'avez fait" Mt 25, 41!

Oui, si Dieu revenait aujourd'hui, ne serait-il pas excédé des horreurs d'atroces règlements de comptes, de pillages, de violences, d'assassinats et de massacres à intervalles réguliers, de destructions de biens publics et privés et du règne sans frein de tous les vices, toutes choses qui démontrent suffisamment que nous n'avons cure des préceptes édictés par Dieu Lui-même pour notre pays et pour notre bonheur?

L'état de pourrissement avancé de notre société ne se justifie-t-il pas, justement, par le peu de crainte que nous avons de Dieu, du refus d'aimer notre prochain comme nous-mêmes et de servir honnêtement notre pays?

Comment expliquer ces actes gravissimes posés dans notre pays depuis de nombreuses années déjà ? Comment justifier les manifestations de haine, de violence, de terreur dans un pays considéré, à un moment donné comme la seconde patrie du Christ?

N'est-ce pas un trompe-l'oeil que tout le pouvoir à tout le peuple, en régime démocratique? Le peuple souverain n'a-t-il pas été engagé dans une folle aventure par les concepteurs et les acteurs du sinistre coup d'Etat de 1999, qui a ouvert la voie royale à l'instabilité chronique dans notre pays et à toutes les velléités de déstabilisation de nos institutions depuis lors?

Le régime déchu par le putsch militaire que le peuple souverain s'était donné n'était-il pas un don de Dieu? N'avait-il pas l'onction de la Providence divine? Aujourd'hui, la myopie de ceux et celles qui l'ont applaudi et qui ont dansé ne s'est-elle pas dissipée?

Aujourd'hui, avec du recul, peut-on raisonnablement soutenir que ce putsch a fait avancer la démocratie en Côte d'Ivoire? Et depuis lors notre société n'est-elle pas en proie au double vertige militaire et personnel ?

Oui, le peuple n'est-il pas fatigué, ne se sent-il pas pris en otage, n'est-il pas le plus grand perdant dans la crise politique, militaire et sociale survenue en Côte d'Ivoire et dans la situation de ni paix ni guerre que nous observons depuis quelques années, malgré les nombreux accords qui ont été signés et foulés aux pieds par ceux-là mêmes qui y ont apposé leurs signatures, malgré la tenue d'un Forum de réconciliation nationale qui avait pourtant suscité tant d'espoir?

Mais malheur à ceux qui travaillent contre le peuple, contre son unité, contre son progrès! Malheur à ceux qui, tournant le dos à leur mission qui est de conduire le peuple tout à la fois à la vertu et à la satisfaction de l'intérêt général, de le conduire comme de bons Pères de familles, préfèrent à cette finalité leurs intérêts privés, le bon peuple qui aujourd'hui, est saturé de souffrance, gagné par la pauvreté et qui ploie sous le fardeau de la misère et de la faim!

Malheur à ceux qui, au lieu de défendre le peuple, de veiller sur ses biens, de faire respecter l'ordre qui protège les faibles contre les forts, sont devenus leurs propres bourreaux!

Oui, depuis près d'une décennie, toutes les manifestations dans un pays démocratique comme le nôtre se sont violemment heurtées à la furia des Forces de défense et de sécurité. Les sorties macabres et répétées de notre Police Nationale ne donnent-elles pas à réfléchir sur le véritable rôle de nos hommes en treillis et en armes?

Ne tirent-ils pas à balles réelles sur des hommes et des femmes sans défense qui manifestent donc les mains nues et qui crient, par moments, leur ras-le-bol contre la cherté de la vie?

Comment expliquer la violence dans le jeu politique en Côte d'Ivoire? Comment justifier les massacres d'allochtones baoulé, burkinabé ou malinké, la terreur entretenue dans certaines de nos régions, les effroyables tueries massives qui ont été perpétrées ainsi que les nombreux charniers et autres fosses communes qui ont été découverts sur le sol de notre territoire?

Peut-on au nom du pouvoir, de sa préservation ou de sa conservation instaurer la terreur et faire couler tant de sang humain? A-t-on le droit de recourir à la force, notamment à celle des armes, à la violence comme moyen de règlement de problèmes auxquels les fils et les filles d'un même pays peuvent être confrontés?

Comment qualifier cet acte qui a consisté à tirer sur de paisibles populations, à les priver d'eau et d'électricité à une période aussi cruciale, à la période sacrée du jeûne musulman?

La Côte d'Ivoire, ce pays naguère paisible, hospitalier et prospère, n'est-elle pas toujours coupée en deux, avec une partie Nord et une autre partie dite "utile"? Aujourd'hui, n'a-t-on pas le sentiment que certains de nos gouvernants sont liés par un pacte social, où ils se partagent le butin suivant une loi agréée par eux, un pacte où ils se partagent les richesses et les postes ministériels?

Il faut que cesse dans notre pays la haine tenace de l'autre ! Il faut que l'on cesse de faire porter à l'autre notamment à l'étranger la responsabilité de nos maux, de nos propres turpitudes, de nos magouilles! Il faut mettre fin à la diabolisation permanente de l'autre !

Il faut extirper définitivement de notre pays les comportements xénophobes et les propos haineux du genre: "à chacun son petit Français ou encore la Côte d'Ivoire aux Ivoiriens"! Il faut cesser de s'en prendre à l'étranger coupable à nos yeux de vouloir voler notre pétrole et de faire main basse sur nos richesses!

Il faut mettre fin à la démagogie, à l'intoxication, à la propagande, à la désinformation... Oui, il faut dénoncer et condamner les propos qui peuvent inciter à la haine et à des affrontements et nuire à la paix encore fragile dans notre pays, et notamment à la célébration des groupes armés illégalement constitués pour défendre des intérêts privés et égoïstes!

Il faut cesser d'utiliser une frange de la population notamment les jeunes, comme chair à canon, des jeunes manipulés, protégés, qui peuvent piller, casser, violer, tuer dans l'impunité totale des créatures de Dieu comme eux, brutaliser, humilier leurs maîtres sans être inquiétés par quelque autorité que ce soit!

Frères et Soeurs, la Côte d'Ivoire aujourd'hui n'est-elle pas au bord du gouffre? Toutes les valeurs qui lui étaient jadis chères n'ont-elles pas disparu depuis lors? La paresse, la corruption, le laxisme, le mensonge, le détournement des deniers publics, le mépris pour la frange qui gagne son pain à la sueur de son front, tout cela n'est-il pas érigé en valeurs nouvelles!?

Tous ces désoeuvrés, ces médiocres, ces indigents d'hier, ne sont-ils pas devenus, à la faveur de la guerre, des modèles de réussite que l'on présente de façon altière à la face du monde? N'est-on pas conduit à penser qu'il faut, dans notre pays, être violent, manier la machette et le fusil pour avoir une place, pour avoir de la promotion, un pays où les diplômes sont distribués aux plus offrants ?

Oui, n'a-t-on pas le sentiment que l'excellence et le mérite ont foutu le camp de la Côte d'Ivoire? Notre système éducatif n'est-il pas en pleine déliquescence?

Frères et Soeurs, toutes ces choses ne sont que des manifestations de ce mal profond qui mine la Côte d'Ivoire, la fin des moeurs qui est aussi celle des lois. Le mal s'aggravant, la décadence de la Côte d'Ivoire est d'abord amenée par la passion du pouvoir, par le luxe et l'étalage qu'une poignée de privilégiés, de parvenus font de leur argent, des riches cependant plus avides de richesse quel que soient les moyens de l'acquérir.

La manne de la filière café-cacao ne se trouve-t-elle par entre les mains de ces privilégiés? Comment sont gérées les ressources du pétrole et du gaz? Les experts ne sont-ils pas unanimes à dire que même en crise, la Côte d'Ivoire n'a jamais géré autant de ressources?

Dans cette situation de décadence, n'a-t-on pas le sentiment que l'appareil judiciaire de notre pays est en pleins errements, qu'il se discrédite à travers des décisions contraires, qu'il est à plusieurs vitesses, dans des affaires où un jugement qui est pris le matin, et remis en cause par un autre l'après-midi, par la même justice?

L'Ivoirien aujourd'hui est-il condamné à ne plus exprimer son mécontentement? Pourquoi les marches de protestations finissent-elles toujours dans un bain de sang ? Comment justifier cette justice du poing, ce droit du plus fort?

Comment justifier cette Justice des Juges accapareurs de cadeaux qui ne rendent justice qu'à coût de sentences torses? Quel crime a commis le jeune ASSALE TIEMOKO qui croupit depuis près d'un an dans les geôles sombres de la MACA alors que des fossoyeurs de notre économie sont en liberté? Que sont devenus Jean Hélène et André KIEFFER, ces deux journalistes qui ne cherchaient qu'à faire fructifier les talents que Dieu leur a donnés ?

Nous rendrons tous des comptes au Seigneur le moment venu, mais malheur à ceux qui ont conduit la Côte d'Ivoire dans l'errance, dans le désordre total et dans cette folle aventure et qui alors que, le peuple meurt de faim ou de maladie parce que gravement sous-alimenté et mal soigné, se construisent des châteaux avec l'argent des contribuables, des déchets toxiques et des affaires

sales, roulent dans des voitures rutilantes et améliorent sans cesse, leur parc automobile !

Oui, les milliers de victimes des déchets toxiques qui ont osé manifester dans la rue n'ont-ils pas été proprement gazés et matraqués par les forces de l'ordre?

Ils rendront des comptes au Seigneur le moment venu, les adeptes de cette nouvelle forme de cannibalisme qui consiste à enlever des - enfants, à les tuer et à les dépouiller de certains organes, à extraire leur sang! Malheur aux auteurs de ces pratiques mystiques qui se livrent au commerce clandestin d'organes humains pour de l'argent, pour le pouvoir et pour la gloire!

Quelle décadence! Et dans l'intervalle; nous sommes insensibles au danger qui nous guette et en particulier à la dépravation qui traînent la complète anarchie dans le domaine des moeurs et qui aboutit à la corruption morale et sociale telle que notre société risque de se détruire! Et dans l'intervalle, on célèbre une telle décadence dans les médias d'Etat, on célèbre "la rue princesse", haut lieu de cette dépravation.

Frères et Soeurs, nous devons prêter une oreille extrêmement attentive à l'appel à la fidélité et à la vigilance à nos devoirs. Nous devons agir dans notre existence comme si chaque jour qui luit pour nous est le dernier, pour espérer échapper au sort dévolu aux mauvais dont il est question dans l'Evangite.

Nous devons donc avoir constamment présent à l'esprit que Dieu est certes Amour, "mais que ce que pèse chacun de nous dans l'éternité, c'est son poids d'amour, et rien d'autre", St Augustin.

En somme, Dieu nous a créés par amour, mais Il nous laisse libres d'orienter nous-mêmes nos vies, d'accepter son amour ou de le refuser. Il ne veut pas d'hommages forcés, mais nous devons savoir qu'au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour.

Nous devons donc tous avoir le sentiment très aigu de la fuite du temps et de la précarité du bonheur sur terre et nous tourner vers Dieu qui seul peut éloigner de la Côte d'Ivoire le chaos sanglant, à savoir, éloigner de nous le feu, les flammes, la mort, les destructions de toutes sortes, les larmes et l'appel à occuper les rues.

C'est alors que le Temps de l'Avent s'offre à être ce temps de recul, de la réflexion et de la prière! C'est alors le lieu d'implorer la miséricorde du Seigneur pour que le royaume qu'il est venu inaugurer advienne aussi dans cette partie de l'univers qu'il nous a donné !

C'est alors que nous devons prier avec ferveur pour que s'instaure dans notre pays, une société conduite selon le plan de Dieu, i.e., une société imprégnée des vertus de l'Evangile, dans laquelle il n'y a ni riches, ni puissants, ni possédants, ni faibles, ni marginaux, où tous se considèrent comme des frères et des soeurs;

une société où règnent enfin la paix de Dieu, la justice, le droit et la vérité, pour une Côte d'Ivoire réconciliée avec ses enfants sans distinction ni de région, ni de religion, ni d'ethnie, ni d'appartenance politique ou sociale; des enfants rassemblés la main dans la main autour d'un seul et même objectif, à savoir la réunification, la reconstruction, le développement de la Côte d'Ivoire et le bien-être de ses habitants dans le pardon sincère, l'unité, la fraternité et la concorde; une société enfin extirpée définitivement du mensonge, de l'hypocrisie, de l'orgueil, de la suffisance et de l'arrogance!

Puisse le Seigneur donner à chacun et à chacune de nous un coeur nouveau pour admirer les merveilles qu'il accomplie pour notre pays et pour chacun de nous et nous sauver, Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen !

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