Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Le décembre de l'espoir

Jean Francis Belibi à Bangui

2 Décembre 2008


Le pays entame une quinzaine marquée par deux événements majeurs susceptibles de changer le cours de son histoire.

Même les activités religieuses n'ont pas été en marge des célébrations marquant le 50ème anniversaire de la République centrafricaine. Etat pourtant laïc, on a pu voir l'importance que les autorités de Bangui ont accordée aux différentes célébrations d'hier dans les nombreuses églises et autres lieux de culte de la capitale. Avec des représentants de l'Etat au niveau ministériel à tous ces endroits.

On eût dit de l'avis d'un observateur, " que les Centrafricains ont choisi de placer cette semaine qui commence sous la protection divine... ", car au-delà de la semaine de manifestations marquant le cinquantenaire de la République centrafricaine proclamée le 1er décembre 1958 par Barthélemy Boganda, la République centrafricaine a également rendez-vous dès jeudi prochain avec son histoire dans le cadre du dialogue politique inclusif, qui va mettre autour d'une même table, les acteurs politiques, la société civile, la rébellion armée.

On peut ainsi mieux comprendre le sens du message des évêques de Centrafrique réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale sous la plume de Mgr Paulin Pomodimo, archevêque de Bangui et président de cette instance qui ont ainsi appelé le pouvoir actuel, l'opposition, la rébellion et la société civile à faire de cette rencontre " un forum d'écoute réciproque et de respect mutuel... " et à en faire un lieu de " dialogue authentique, d'écoute réciproque... ", au moment où les Centrafricains rêvent de voir leur pays marquer son décollage dans une Afrique centrale où il semble évoluer en marge .

A défaut des " Etats-Unis de l'Afrique latine " qui auraient dû regrouper à l'époque l'Angola, le Congo démocratique, et les Etats membres de l'Afrique équatoriale française (Aef) à savoir le Cameroun, le Gabon, le Congo et l'Oubangui-Chari, Barthélemy Boganda a dû se contenter de la création de la République centrafricaine, ancienne Oubangui-Chari. Celui que les Centrafricains ne manquent pas de présenter comme un visionnaire avait en effet imaginé, selon Me Henri Pouzère, coordonnateur de l'Union des forces vives de la nation, une formation de l'opposition centrafricaine, " un grand pôle économique ".

Espoir

Au-delà du faste des manifestations qui se déroulent donc dans l'ensemble du pays depuis une semaine, la République centrafricaine entend faire de ces célébrations, un grand moment de communion, au regard du ratissage opéré par le pouvoir en place pour impliquer toutes les acteurs ayant marqué la scène politique de la Centrafrique depuis 1958.

On voit ainsi prendre part à ces manifestations aux côtés du chef de l'Etat François Bozizé, les familles respectives des Boganda, Bokassa, Dacko, Kolingba. Tous anciens présidents de la République. Seul manque sans doute à l'appel, Ange Félix Patassé qui est toujours dans son exil togolais, mais dont la présence est annoncée à Bangui cette semaine dans le cadre du " dialogue politique inclusif ".

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Le " dialogue politique inclusif" viendra-t-il exorciser la République centrafricaine des nombreux maux qui l'ont miné jusque-là ? Beaucoup de Centrafricains y croient au moment où leur pays semble de nouveau faire bonne presse au niveau des instances financières internationales. C'est dans ce sens que la France a récemment effacé 25 milliards de dettes de la Rca pour lui permettre de prétendre à l'initiative Pays pauvres très endettés (Ppte) et ainsi bénéficier d'autres réductions de dettes.

La Centrafrique a ainsi adhéré en 2006 à un programme du Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale en vue de cette initiative PPTE qui doit se terminer en 2009. Sur la base de ce programme, un plan triennal lui a permis d'obtenir le réengagement de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD) en juin 2006.

Une présence et une assistance internationale qui évite aujourd'hui aux fonctionnaires centrafricains de voir de moins en moins passer des mois avant de percevoir leurs salaires.

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