Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: François Bozizé - Le pari de la réussite

Jfb à Bangui

2 Décembre 2008


Au pouvoir depuis cinq ans, le chef de l'Etat centrafricain focalise les espoirs d'un pays qui a mal à s'en sortir.

En présidant ce jour les manifestations commémoratives du cinquantenaire de l'Etat centrafricain, François Bozizé aura sans doute à l'esprit le dialogue politique inclusif qui va s'ouvrir le vendredi 5 décembre prochain à Bangui. Cette rencontre qui va mettre autour d'une même table, les hommes politiques, toutes tendances confondues, la rébellion armée, la société civile est en effet annonce comme celle de la dernière chance pour ce pays de la sous région d'Afrique centrale.

Le chef de l'Etat centrafricain aura autour de lui, les autres acteurs de la scène centrafricaine, dont les moindres ne sont pas Ange Félix Patassé et le chef rebelle Abdoulaye Miskine. Menée sous la médiation de Omar Bongo Ondimba, le dialogue politique inclusif centrafricain se réunit dans un contexte marqué par un certain apaisement. Certains de ces acteurs ont bénéficié de la loi d'amnistie votée sous la direction du chef de l'Etat centrafricain.

S'il a clairement indiqué la semaine dernière à nos confrères de Jeune Afrique qu'il ne s'agit pas d'une autre conférence nationale " Il n'y a pas en Centrafrique de crise institutionnelle ou constitutionnelle ", François Bozizé, comme la plupart de ses concitoyens, sait qu'il s'agit là d'un autre tournant de l'histoire de ce pays de moins de 5 millions d'habitants.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 15 mars 2003, François Bozizé, 62 ans depuis le 14 octobre dernier, dirige l'un des pays les plus pauvres de la planète, selon le dernier classement des instances internationales. Pays cinq fois plus grand que le Cameroun, "où des régions entières vivent en autarcie... ", la Rca est de tout temps apparue comme un pays où tout est à refaire. Les coups d'Etat s'y étant régulièrement succédés. Le pays vit une stabilité fragile, marquée par attaques régulières des bandes rebelles dont la dernière a récemment fait une quinzaine de morts dans les rangs des Forces armées de Centrafrique (Faca).

Pour mettre fin à cette situation de guerre permanente dans laquelle est plongée son pays, le chef de l'Etat centrafricain a accepté de signer la loi d'armistice en faveur de ses principaux adversaires d'hier et de s'asseoir à la même table de négociation que ces derniers.

Certains ont pu y voir la main du médiateur, l'inusable Omar Bongo Ondimba et des pays occidentaux comme la France, mais le chef de l'Etat centrafricain en acceptant cette option de la palabre à l'africaine veut sans doute donner de meilleures chances à un pays qu'il reconnaît lui-même qu'il a assez souffert des aspirations à gouverner de tous ses compatriotes. La fin de cette rencontre le 14 décembre prochain devrait être le gage d'un renouveau pour la Rca. Même si pour certains, " ce ne sera qu'une nouvelle occasion de partage des postes ministériels ".

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