Nord-Sud (Abidjan)
Marcel Konan, Correspondant Régional
2 Décembre 2008
Le ravitaillement du bétail en provenance du Burkina et du Mali se déroule désormais sans aucune difficulté après la traversée de la frontière ivoirienne Pogo et Ouangolo.
Sidi Camara est certain de pouvoir accomplir le sacrifice rituel du mouton, le jour de la Tabaski. Débutée la veille, la recherche d'un bélier dans l'intention de commémorer le geste sacré d'Abraham, vient de connaître son couronnement. Hier, au moment de l'achat de l'animal au quartier Dar-es-Salam, cet employé d'une société de téléphonie mobile de la place, ne peut cacher sa satisfaction : «C'est un bélier d'environ deux ans et demi. Je l'ai eu à 68.000 Fcfa. J'ai passé du temps aux différents corridors de la ville, en train de discuter avec les convoyeurs de bétail en partance pour le Sud. Je pensais avoir le mouton moins cher mais le prix minimum proposé, était de 85.000 Fcfa », précise-t-il avant d'embarquer avec le bélier pour le domicile.
Autour de nous le négoce bat son plein. Vente à la criée, transactions ardues Presqu'une semaine avant la Fête du mouton, cet espace anciennement utilisé par des footballeurs de rue et du dimanche est devenu une véritable foire à ciel ouvert. Sur le quai réservé aux arrivées, Hassan Niangadou, débarque fraichement du Mali, avec un cheptel de 180 moutons. Avec quatre de ses collègues, ils ont affrété un camion remorque depuis Ségou, le lieu de l'embarquement. Le visage marqué par la fatigue, il note beaucoup de progrès dans la fluidité routière, depuis la frontière ivoirienne. « Je suis à mon troisième voyage en deux mois. Cette année, il y a moins de tracasseries. Nous avons traversé aisément la zone. La taxe unitaire de transit a été revue à la baisse.
Une fois payée à Pogo, on circule sans grande difficulté. Les levées de barrages, se satisfait-il, ne sont plus imposées comme par le passé. C'est maintenant au choix, ajoute-t-il. Hormis quelques éléments isolés qui sont réticents, au niveau des barrages, on peut pousser un véritable ouf de soulagement ». Ce sont, poursuit-il, les dépenses annexes qui font grimper les prix du mouton et du boeuf : les frais de gardiennage, l'eau et la nourriture du bétail sur le lieu de vente. S'y ajoutent, divers frais liés au séjour.
Ce ne sont pas, conclut-il, les taxes ni les barrages. L'amélioration des conditions de transit des zones ex-assiégées par les opérateurs économiques de la filière bétail, à en croire Abel Djohoré, chef de cabinet du ministre Dosso Moussa, fait partie des mesures structurelles prises à la suite de la flambée généralisée des prix. «Quand il y a eu la flambée des prix des hydrocarbures, de façon immédiate toutes les denrées ont connu une hausse drastique.
Le bétail, comme tant de secteurs, n'a pas été épargné », fait-il remarquer. Et de poursuivre : «Nos différentes régies, avaient une certaine façon de taxer les produits dans la zone. Dans le souci d'améliorer la qualité du panier de la ménagère sur l'ensemble du territoire national, le Premier ministre a donné des instructions au ministre Dosso Moussa. Il y a cinq à six mois, une convention entre les différentes régies et la confédération des acteurs de la filière bétail, a été ratifiée.
Les Forces nouvelles ont pris la résolution de réduire les taxes appliquées sur les produits de trois quarts. En clair, à titre d'exemple, pour une taxe de 2.000 Fcfa, l'opérateur ne paie que 500 Fcfa, comme le stipule la convention». Outre cette concession, les villes frontalières (Pogo en provenance du Mali, Ouangolo en venant du Burkina Faso), deviennent les seuls guichets.
Une fois acquitté de sa taxe, le commerçant en transit, fait sa traversée sans peine. « Le point de convergence, c'est l'unicité des caisses de l'Etat. C'est ce à quoi, nous aspirons. Nous sommes à pied d'oeuvre, pour lui donner corps. Et il n'y a pas de raison de surtaxer les opérateurs économiques. Sachant très bien qu'il y aura des retombées négatives sur le quotidien des populations ivoiriennes » note-t-il. Sur les voies de l'acheminement du bétail, les répercussions de la charte entre l'aile économique des Forces nouvelles et les opérateurs, enchantent Traoré Omar, responsable de la Fédération nationale de la filière bétail dans la capitale du Centre.
La fluidité routière est redevenue une réalité, à la grande satisfaction de tous. « Nous notons avec satisfaction la disparition d'un nombre important de barrages, qui par le passé troublaient notre quiétude. Du 24 novembre au 1er décembre, en ce qui concerne la voie routière, c'est un total de 235 camions remorques qui ont déferlé, sur la zone ex-rebelle.
En la matière, la palme d'or revient aux convois par train. Chaque jour, au moins 30 wagons transitent par Bouaké pour gagner Abidjan, par la voie ferroviaire. Je m'apprête à recevoir 27 wagons. Et chaque wagon contient au moins 200 bêtes » indique Traoré Oumar. Compte tenu de ces facilités d'acheminement, il, pense que « le prix du mouton, ne devrait pas excéder 100.000 Fcfa cette année ». D'autant que la confédération estime que les voyages se passent bien.
L'organisation mise en place, participe en effet à la professionnalisation de la filière. Toutefois, les convois solitaires, en dehors de la confédération, restent peu avantageux. « Les dirigeants des Forces nouvelles ont fait beaucoup d'efforts. Ils ont réduit sensiblement les taxes. J'invite les meneurs des convois solitaires à quitter dans l'informel, en rejoignant la confédération. Ils pourront bénéficier d'une large marge de manoeuvre pour proposer des prix de moutons à la portée des consommateurs», conseille l'opérateur économique.
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