Chokri Gharbi
3 Décembre 2008
Des sociétés tunisiennes ou étrangères ont investi depuis quelque temps dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ils ont fait appel à des compétences tunisiennes bien formées dans les universités et instituts supérieurs dans la gestion des réseaux, la création de logiciels et de sites web et bien d'autres techniques pointues qui ont fait d'eux des cadres très recherchés, non seulement en Tunisie, mais aussi dans d'autres pays du monde.
Les entreprises qui font partie de la branche informatique ne cessent, en effet, de se développer d'une année à l'autre à la faveur d'importants investissements à la charge du secteur privé. Le chiffre d'affaires de ces sociétés traduit clairement la position de ce secteur dans l'économie nationale.
Les services sont généralement destinés pour les grands comptes appartenant à des entreprises nationales ou à participation étrangère opérant dans diverses activités.
Dans une étude de positionnement de la branche informatique élaborée par l'Agence de promotion de l'industrie, il s'est avéré, en effet, que le marché tunisien de l'informatique a connu une évolution considérée comme remarquable durant la dernière décennie.
La tendance est à la diversification des produits et des services pour répondre aux demandes des entreprises économiques qui sont très exigeantes en matière de qualité de service, de coût et de délai.
La branche connaît, cependant, une croissance située entre 10 et 15% par an. À terme, et au bout de quelques années, le marché va connaître un changement radical à la faveur de l'accumulation de la croissance enregistrée chaque année.
Reste que le marché tunisien ne représente jusque-là - en tout cas à la date de la réalisation de cette étude-du moins, un niveau très modeste correspondant à moins de 1% du PIB.
Cette situation a tendance à s'améliorer évidemment à l'avenir grâce au changement des procédures de production des entreprises économiques et au renforcement de l'encadrement à tous les niveaux.
«Les petites et moyennes entreprises qui ont réalisé leur mise à niveau ont eu l'occasion de moderniser leurs outils de production, de réadapter les ressources humaines, en augmentant le taux d'encadrement et d'opter pour les nouvelles technologies», estime Malek R., jeune cadre informaticien dans une société privée, rencontrée lors du Salon de l'informatique et de la bureautique.
La branche informatique dans notre pays compte quelque 345 entreprises dont 300 font travailler moins de 10 employés. Ce sont en général de petites entreprises qui sont spécialisées dans des segments particuliers et pointus au profit des entreprises-même grandes de taille-qui ont font la demande.
Du pain sur la planche pour ces prestataires de services informatiques dans une économie qui fait appel de plus en plus au numérique.
Le marché est réparti entre le matériel informatique (68%), c'est-à-dire les ordinateurs et les périphériques, les logiciels standards (6%) et les logiciels d'application et les services (26%).
Les techniques de production ont connu une évolution remarquable dans ce secteur qui connaît des innovations et des créations de façon continue.
Les compétences nationales qui bénéficient d'une formation avancée et actualisée sont les auteurs de grandes réalisations et leur travail ne consiste pas à assembler les pièces et les composants venant d'ailleurs.
Les ordinateurs ont été introduits massivement dans les entreprises publiques et privées qui ont informatisé leurs services et leurs modes de production.
Demande des ingénieurs informatiques
Ce n'est pas pour rien que ces sociétés informatiques optent toujours pour les grands comptes, puisque 80% de leur chiffre d'affaires sont réalisés auprès des entreprises publiques et de l'administration. Le secteur privé fait partie aussi des clients potentiels dont le nombre est en évolution et sa part serait très grande à l'avenir.
La branche emploie pas moins de 6.550 personnes dont la moitié travaille dans les sociétés de services et d'ingénierie informatiques (SSII).
Le reste est employé dans l'administration, les centres nationaux d'informatique et les groupes publics. «C'est un secteur qui est un fort pourvoyeur de postes d'emploi et rien qu'à lire les annonces dans les journaux, on constate que plusieurs de grande envergure, dont certaines sont étrangères, demandent des ingénieurs informatiques dans diverses spécialités», estime notre interlocuteur.
Cela dit, la formation est assurée par les universités et les écoles d'informatique en plus du système de la formation professionnelle qui offre, lui aussi, des opportunités pour se spécialiser dans un secteur en expansion.
Intégration de nouveaux
modes de travail
Les échanges extérieurs sont caractérisés par l'importation de matériel et l'exportation de logiciels. Mais notre pays est devenu, depuis quelque temps, une plate-forme de choix pour produire et fournir des services à un public ou à des sociétés qui se trouvent hors des frontières.
C'est que de nombreuses entreprises informatiques européennes ont délocalisé leurs unités pour profiter du climat d'affaires avantageux de la Tunisie et gagner ainsi en compétitivité.
De façon générale, le taux de croissance de la branche est situé entre 10 et 15% par an, mais reste très faible par rapport à celui des pays européens et des USA.
Notre pays qui aspire accéder au concert des pays développés dispose de tous les moyens pour progresser et devenir en quelques années une véritable destination de choix dans les activités informatiques.
D'autant plus que l'infrastructure de base moderne et les équipements nécessaires sont disponibles dans presque toutes les régions. Le marché mondial de l'informatique-divisé entre les Etats-Unis, l'Europe, le Japon et le reste du monde-connaît une croissance annuelle moyenne de 10% au moins.
Pour ce qui est du matériel, les industriels se sont orientés notamment vers la production de serveur de haute gamme, de cartes réseaux et pour ordinateurs portables.
Au niveau des logiciels, la sécurité des systèmes d'information, la planification des ressources de l'entreprise, le développement Intranet et Extranet, le e-commerce, le stockage et la sauvegarde, la gestion de la relation client (CRM) et les applications mobiles sont les créneaux les plus attractifs. D'après l'étude en question, le coût horaire d'un informaticien tunisien est faible par rapport à certains pays comme la France, la Hongrie, l'Irlande et le Maroc.
L'activité des services informatiques demeure tournée vers le marché local, mais les choses commencent à changer grâce notamment à l'entrée en masse des entreprises étrangères dans notre pays qui ont commencé à exporter leurs produits et services vers les pays européens notamment.
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