Notre Voie (Abidjan)

Sénégal: Ouverture du CISMA à Dakar (Sénégal) - Wade réclame une conférence panafricaine sur la prévention

Coulibaly Zié Oumar

5 Décembre 2008


Me Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, a réclamé mercredi à l'ouverture de la 15ème conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA) qui se tient à l'hôtel Méridien de Dakar, au Sénégal, une conférence panafricaine sur la prévention.

«Quinze conférences pour parler du sida ça suffit, d'autres devront être consacrées à la prévention. Nous devons faire moins d'incantation sur le sida et plus d'action en faveur de la prévention», a soutenu le président sénégalais. Pour lui, la seule politique de cure «est une course perdue d'avance contre la maladie.» Wade est convaincu que les stratégies actuelles de lutte contre le sida n'insistent pas suffisamment sur la prévention.

Selon lui, c'est par la prévention que le sida pourra reculer. «Nous devons consacrer la moitié de nos efforts à la prévention de sorte que le tarissement des ressources extérieures pour la prise en charge médicale des malades n'ait aucune influence sur nous. Parce que la prévention ne coûte rien. Je réclame une place spéciale pour la prévention», a encore affirmé Me Wade qui s'est aussi dit favorable à un dépistage systématique. Par ailleurs, le chef de l'Etat du Sénégal a proposé, pour le traitement des patients du sida, la construction d'unités régionales de fabrication de médicament, en Afrique.

Peter Piot, directeur de l'ONUSIDA a aussi dénoncé le trop plein de processus et de séminaires. «Concentrons-nous sur les résultats plutôt que sur les processus et les séminaires», a conseillé le directeur exécutif de l'ONUSIDA qui doit céder à la fin de ce mois son fauteuil à M. Michel Sidibé. Pour M. Piot, la réalité du sida sur le continent est que les gens s'infectent plus rapidement et la prise en charge de la maladie est encore très faible.

«Nous devons faire plus de dépistage et rendre les systèmes de santé plus fonctionnels», a insisté M. Piot. A l'en croire, l'Afrique doit adapter ses programmes de lutte à ses réalités locales. Comme le président Wade, il a recommandé plus de mobilisation «vers la prévention que ce qui est fait pour le traitement.» Pour le futur ex-directeur de l'ONUSIDA, «il n'y a pas trop d'argent pour la lutte contre le sida», car il y a encore énormément de travail à faire qui a besoin de financement.

L'une des interventions qui a reçu le plus d'applaudissements est celle de Mme Jeanne Gapia, 22 ans, représentant les personnes vivant avec le VIH. Pour cette dame, la réalité du sida en Afrique est que les centres de dépistage ne vont pas au devant de la majorité de la population. Conséquence, selon l'OMS, 9 africains sur 10 ne connaissent pas leur statut sérologique.

«Il n'y a pas jusqu'à présent, une meilleure intégration des soins pour les malades du VIH et de la tuberculose. Beaucoup de malades parcourent encore de longues distances pour espérer recevoir des soins en vain», a-t-elle dénoncé. Pire, selon elle, la dernière réunion du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme augure de lendemain, difficile, pour la lutte contre le sida car le budget demandé par le fonds ne sera pas obtenu à cause des pays développés qui arguent de la crise financière actuelle pour ne pas faire face à leur responsabilité.

Mme Gapia a par ailleurs dénoncé le comportement de certain pays qui empêchent la libre circulation des personnes au motif qu'elles sont séropositive. Pour finir, elle a proposé que les décideurs à tous les niveaux réduisent les contraintes financières et sécurisent les financements prévisibles et durables au profit de la lutte contre le sida.

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