Gabriel Barbier
5 Décembre 2008
Dans la ville de Mame Coumba Bang, l'arrestation de pêcheurs sénégalais de Guet Ndar en Guinée-Bissau est au centre des débats. Dans les chaumières, au bord de la plage, sous l'arbre à palabres, au marché, au stade et au niveau des lieux de rencontres et autres grand-places, le sujet ne laisse personne indifférent.
Et c'est tout un quartier qui retient son souffle, tout en guettant le moindre bruit de moteur provenant de la mer dans l'espoir de retrouver sain et sauf qui un frère, qui un cousin, un mari ou tout simplement un parent. Le seul moyen qui permet d'échanger avec les pêcheurs reste le téléphone. Et c'est par ce truchement que des informations parviennent régulièrement aux parents en attendant le retour tant souhaité à Guet Ndar.
L'affaire soulève toujours des vagues dans la langue de barbarie, quinze jours après sa survenue. L'arraisonnement d'un bateau ramasseur avec, à son bord, près de 150 pêcheurs, en terre guinéenne, est source d'inquiétudes à Guet Ndar et environ. Cette sensation désagréable est exacerbée par la libération d'un autre bateau ramasseur immobilisé au même endroit, dont les occupants ont déjà rejoint la terre ferme.
C'est la désolation chez les proches de ces Saint-Louisiens 'prisonniers'. La crainte des parents des pêcheurs est de ne pas voir leurs fils revenir au bercail pour la fête de la Tabaski. En fait, en plus de l'importante manne financière que les pêcheurs rapportent de leur long séjour en mer, c'est aussi le bonheur partagé de se retrouver en famille à l'occasion de la fête de l'Aid El Kébir qui fait courir les parents et proches.
Aujourd'hui, les autorités compétentes sont interpellées afin que des mesures, tendant à les faire libérer, soient mises en branle. Surtout que, soutient-on dans cette partie de la capitale du nord, les pêcheurs, aujourd'hui dans le pétrin, ne sont pas responsables de ce qui leur arrive dans la mesure où ce sont les capitaines des bateaux ramasseurs qui choisissent les sites de pêche. Les bateaux ramasseurs, plus connus sous l'appellation de 'bateaux coréens' convoient, sur une longue période, en haute mer, pirogues et pêcheurs à la recherche de poisson noble. Payés sur la base de leurs productions respectives, les pêcheurs peuvent être trimballés d'un pays à un autre, selon la volonté des capitaines des bateaux ramasseurs, seuls maîtres à bord.
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