Aina Razafimahatratra
8 Décembre 2008
Depuis l'installation du Projet Ambatovy, le District, surtout la ville de Moramanga a connu d'énormes changements. Explosion démographique, nouvelles infrastructures, inflation, insécurité, embouteillage monstre, et même aggravation de la prostitution. Une situation qui en inquiète plus d'un.
Ces derniers temps, le cas de prostitution des mineurs à Moramanga a fait couler beaucoup d'encre. Des cas de viol collectif sur mineur, de proxénétisme, de harcèlement sexuel et tant d'autres ont été signalés.
En fait, depuis le projet Ambatovy, l'extraction de Nickel et de Cobalt par une grande firme internationale dans cette région ; Moramanga, surtout la ville a connu d'énormes changements : inflation, embouteillage, explosion démographique, insécurité, entre autres.
Dès l'entrée de la ville, l'on assiste à une valse de voitures tout terrain flambant neuve, des cars pour transport de personnels et des camions.
Vous n'auriez jamais imaginé qu'un jour vous seriez bloqué dans un embouteillage monstre pendant presque une heure à Moramanga, et pourtant c'est le cas actuellement, et inopportunément devenu le quotidien des Bezanozano. Et ce malgré les grands efforts entrepris par les agents de la police de la circulation.
Des passants fourmillent jour et nuit dans les rues. Le soir, hôtels, bars, restaurants et salle de karaoké sont pleins à craquer. A noter qu'Il est actuellement devenu quasi-impossible de trouver une chambre d'hôtel libre à Moramanga.
Vers 17 heures, les « filles de joie » longent la fameuse route de la gare, lieu de prostitution de la Capitale des Bezanozano. Une filière qui a connu une aggravation inquiétante. Pire, un réseau de proxénètes en profite, et les acteurs agissent en professionnels.
D'après Rasolofonjatovo Ezechiel, premier magistrat de la ville « la prostitution existait depuis des temps à Moramanga, certes, mais elle s'est aggravée depuis l'arrivée des milliers de travailleurs, dans le cadre du projet Ambatovy. Vu l'augmentation de l'offre, bon nombre de jeunes filles sont enchantées. Non seulement les travailleuses de sexe, mais également les étudiantes, même les mineurs.
Par conséquent, un réseau de proxénète s'est installé chez nous. Selon nos informations, ils contactent leurs clients par téléphone ou racolent les jeunes étudiantes à la sortie des écoles, et les mineures sont les plus convoitées ». Et d'ajouter, « la plupart des étudiantes à Moramanga vivent seules, cela présente une aubaine pour les proxénètes.
Vu que le prix des produits de première nécessité et les loyers ont connu une forte hausse, les étudiantes, qui n'ont d'ailleurs aucune source de revenu, sont obligées de trouver d'autres moyens pour subvenir à leurs besoins.
Pour une relation sexuelle avec un étranger, elles gagnent entre 250 000 Fmg à 400 000 Fmg. Selon toujours nos sources, ces étudiantes subissent des abus sexuels».
Face à cette situation inquiétante, les autorités locales ne sont pas restées les bras croisés. Un réseau pour la protection des mineurs est actuellement mis en place, et ce, dans le cadre du programme national de la lutte contre la violence envers les femmes et les enfants.
Dans ce sens, une association dénommée TAFAMOGO ou Tambazotra Fanilon'ny Ankizy eto Moramanga Gona, vient d'être créée, et travaille en étroite collaboration avec le District, la Commune, les chefs Fokontany, la Police, la société civile, les agents de santé, les associations des parents d'élèves et des associations de jeunes.
Sherritt, pour sa part met en place au sein de la société un task force pour faire face à cette situation. « Notre plan d'action est en cours de finalisation. Il s'agit en général de la sensibilisation et la formation de nos employés », nous confie un responsable auprès de la société.
La police de son côté met en place des dispositifs stricts. « Nous effectuons des contrôles systématiques dans toutes les chambres d'hôtel, dans la rue, dans les bars, et même dans les voitures. Récemment, nous avons réalisé une grande opération, en collaboration avec la gendarmerie.
Un effort qui a donné les résultats escomptés. Bilan, 21 personnes interpellées dont 3 étrangers, 4 filles mineures, 3 garçons mineurs et 7 adultes », nous livre Rakototiana Laubel Valisoa, chef commissariat de Moramanga.
Selon toujours notre interlocuteur : « la police entreprend actuellement un grand effort afin de démanteler ce réseau de proxénètes, mais cela demande également la collaboration de tout un chacun. En outre, une division de la police des moeurs et de la protection des mineurs vient d'être installée au sein de notre commissariat.»
A rappeler que des milliers d'étrangers, de différentes nationalités travaillent à Moramanga pour le projet Ambatovy. Chose étrange, aucun d'entre eux ne figure dans le registre du District.
Ce qui complique la tâche des forces de l'ordre pour les contrôles et les suivis. Qui plus est, les employés ayant commis des fautes professionnelles sont tout de suite expulsés.
En somme, la situation à Moramanga reste préoccupante, surtout ce réseau de proxénètes qui opère en professionnel. Malgré le manque de ressources, matérielles et humaines, les autorités locales font de leur mieux afin d'éradiquer cette catastrophe, mais elles ont également besoin d'un coup de main.
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