Pierre Emangongo
8 Décembre 2008
Kinshasa — Le dialogue inter-centrafricain s'ouvre ce lundi 8 décembre 2008 à Bangui. Entre temps la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a procédé le vendredi 5 décembre 2008 à la publication du rapport faisant état de violations massives des droits de l'homme aussi bien par l'armée régulière que par les rebelles.
Les travaux du dialogue national en Centrafrique vont débuter officiellement ce lundi 8 décembre 2008 à Bangui, pour tenter de sortir le pays de la crise et y ramener la paix. Ces assises vont, selon Chine nouvelle, connaître la participation de la classe politique, des mouvements rebelles et de la Société civile. Le président gabonais Omar Bongo Ondimba qui a offert sa médiation dans cette crise fera également le déplacement de la capitale centrafricaine. L'accueil et l'enregistrement des participants ont lieu du 5 et 6 décembre 2008, a indiqué M. Bozizé dans une interview à la presse. Selon le calendrier arrêté, ce dialogue se tiendra jusqu'au 20 décembre.
L'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé revient à Bangui est arrivé hier dimanche 7 décembre après 5 ans d'exile au Togo, selon l'AFP. «Je ne suis pas venu pour juger, mais pour trouver un terrain d'entente et aborder les problèmes de la République centrafricaine», a-t-il déclaré brièvement à la presse. Le président Bozizé n'a pas exclu la participation d'Abdoulaye Miskine, chef du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC, rebelle), qui n'avait pas signé l'accord de paix globale de Libreville du 21 juin dernier.
Jean-Jacques Demafouth, président de la rébellion centrafricaine de l'APRD, a affirmé le jeudi 4 décembre 2008 à l'AFP à Libreville qu'il demanderait en premier «pardon au peuple» en mettant fin à six ans d'exil en France pour prendre part au Dialogue politique inclusif. En outre, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a procédé le vendredi 5 décembre 2008 à la publication du rapport d'une mission internationale d'enquête en République centrafricaine.
Ce rapport insiste sur le fait que ce Dialogue politique, s'ouvre sur fond de combats encore récents entre les Forces armées centrafricaines et les groupes rebelles dans le Nord du pays avec leur lot de graves violations des droits de l'Homme. L'insécurité physique et économique des populations civiles dans le nord du pays est totale du fait des exactions commises par l'ensemble des belligérants.
Le rapport démontre que si les Forces armées centrafricaines (FACA) ont cessé la pratique de la terre brûlée, certains de ses éléments sont toujours responsables d'exécutions sommaires de civils, d'extorsion de fonds et d'arrestations arbitraires. En outre, plusieurs sources concordantes font état de détentions arbitraires, d'actes de torture et de mauvais traitements à l'égard de présumés rebelles, perpétrés par les forces de sécurité centrafricaines dans les centres de détention.
Par ailleurs, certains rebelles de l'Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD) se rendent également coupables d'exécutions arbitraires de civils, suite à des jugements expéditifs rendus par des tribunaux d'exception, de crimes sexuels, d'enlèvements et de pillages. Qu'à cela ne tienne,les Centrafricains n'ont plus droit à l'erreur, et ils devront, selon un observateur, saisir cette opportunité pour laver les linges sales en familles, surmonter leurs divergences et faire preuve du patriotisme de manière à sceller définitivement la réconciliation nationale et mettre fin à la guerre civile.
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