Augustin Kouyo Augustinkouyo@yahoo.fr
9 Décembre 2008
Le Zimbabwe, pays pauvre d'Afrique australe, est confronté depuis quelque temps, à une grave épidémie de choléra. Les chiffres officiels font état de plus de 500 morts. Et l'épidémie menace de se propager aux pays voisins.
Pour faire face à cette catastrophe humanitaire, le gouvernement zimbabwéen a cru bon de faire appel à la solidarité internationale, comme le font tous les gouvernements du monde quand leurs concitoyens sont frappés par des calamités de ce genre. Parfois c'est la communauté internationale qui fait des pieds et des mains pour offrir son aide quand bien même certains gouvernements sont réticents à la solliciter. On a récemment vu le cas de la Birmanie qui a été pratiquement contrainte à accepter l'aide internationale quand ce pays a été frappé par le cyclone Nargis qui a fait plus de 100.000 morts. Même la grande Chine n'a pu se passer de l'aide internationale quand un violent séisme a dévasté le Sud-Ouest du pays causant la mort de 50.000 personnes. C'est donc dans l'ordre des choses si le Zimbabwe sollicite la solidarité internationale quand son peuple est victime d'une grave épidémie.
Mais, au lieu d'un élan de solidarité que le peuple zimbabwéen est légitimement en droit d'attendre, c'est plutôt des appels au meurtre qui fusent de partout. Le mot d'ordre lancé par le Premier ministre britannique Gordon Brown est reçu cinq sur cinq par ses alliés. "Mugabe doit partir par la force". Le refrain est repris en choeur "le syndicat" qui n'attend que ce genre d'occasions pour porter le coup de grâce à un Mugabe dont le seul crime aura été de tenter d'instaurer un peu de justice dans son pays en redistribuant à de pauvres Noirs sans terre une partie des terres colonisées par la minorité blanche. Et que cette dernière, soutenue par l'Occident, refuse de partager malgré l'accession à l'indépendance du pays depuis 1980.
Pourquoi Nicolas Sarkozy, Condolezza Rice, Gordon Brown et leurs amis donnent-ils le sentiment qu'ils font du départ de Mugabe un préalable à l'envoi d'aide aux populations Zimbabwéennes menacées par une épidémie de choléra ? Si les Occidentaux aiment vraiment les zimbabwéens plus que Mugabe, comme ils le prétendent, qu'ils renoncent à leur funeste projet de faire partir Mugabe par la force. Car, s'ils s'entêtent, ils parviendront certainement à capturer Mugabe et à l'assassiner, mais ils n'obtiendront jamais la paix au Zimbabwe. Il y a fort à parier que le départ de Mugabe dans les conditions envisagées par les Occidentaux entraînera le Zimbabwe dans une instabilité qui pourrait faire regretter les années Mugabe.
Le cas de l'Irak est encore sous nos yeux et devrait incliner l'Occident à plus de prudence dans la démonstration de sa force destructrice.
Mais malgré tout si les Occidentaux veulent bien faire la preuve qu'ils aiment les Africains plus que les dirigeants de ce continent, il leur est loisible d'installer par la force u0n Etat en Somalie devenue un véritable no man's land depuis une vingtaine d'années. Ils peuvent aussi lever une armée pour aller mettre de l'ordre dans l'Est de la République démocratique du Congo où le chef-rebelle Laurent Nkunda défie la communauté internationale. Tout le monde sait que la situation au Zimbabwe n'est rien à côté des dégâts causés par la rébellion en RDC. Le problème est que selon la conception occidentale des Droits de l'Homme, déposséder quelques milliers de Blancs de terres qu'ils ont acquises par la force est un plus grand crime que massacrer plusieurs milliers de Noirs qui n'ont rien fait du tout.
Le drame dans l'affaire, c'est que des personnalités respectables comme Desmond Tutu joignent leurs voix au hurlement des loups.
Pitié pour l'Afrique !
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