Le Potentiel (Kinshasa)

Zimbabwe: A propos du Zimbabwe

Agamaka Baza-Mata

9 Décembre 2008


opinion

Kinshasa — Le cas du Zimbabwe doit nous mettre la puce à l'oreille, doit interpeller nos consciences.

Si aujourd'hui nous n'arrivons pas à développer notre continent, c'est puisque nous sommes devenus et même demeurés les perroquets du système néoconservateur occidental. Il suffit qu'un de ses acteurs pointe du doigt un des nôtres, pour ne pas parler de nos leaders politiques, pour que nous utilisions toutes les armes à notre possession pour le diaboliser et ensuite le chasser du pouvoir en faisant couler notre propre sang.

Ce n'est pas un hasard si on trouve à la tête de ceux qui s'acharnent contre le régime et la personne du président Mugabe sont ceux-là qui font partie du clan des néocons (les néoconservateurs anglo-saxons) qui sont en train de décimer la population irakienne au vu et au su de tous, bafouant toutes les résolutions de l'Organisation des Nations unies et de son conseil de sécurité; ceux-là qui sont à la tête des multinationales qui alimentent et gèrent la guerre à l'Est de la RDC puisque obstinés dans leur idée de créer un Tutsi land à l'image de Somalie land qui leurs permettra de se goinfrer du coltan à leur guise, comme de coutume au mépris de la souffrance du peuple congolais, en particulier celle de la femme congolaise double victime de cette guerre; ceux-la mêmes qui viennent d'être désavoués par le peuple américain aux dernières élections au USA qui a porté M. Barak Obama à la Maison Blanche à cause de leurs pratiques de gestion globalement calamiteuses, répugnantes et racistes qui sont même à l'origine de la crise financière qui secoue le monde aujourd'hui; ce sont ceux-la mêmes qui ont asphyxié le régime du président Mugabe, comme de coutume au mépris de la souffrance de la population zimbabwéenne, se régalant de l'épidémie de choléra qui y sévit, appellent aujourd'hui au départ sans condition de celui qui les défie et surtout attendent de nous, Africains, de leur faciliter la tâche en nous élevant contre ce dernier et ensuite le livrer au TPI.

Moi je pense que le temps est venu pour que les Africains se réveillent. Analyse faite, j'ai tout simplement constaté que nous avons toujours été perdants en ayant peur de dire ouvertement "NON" au système néo conservateur occidental qui vient de montrer ses limites dans la crise actuelle. Forgeons notre personnalité en ayant confiance en nous-mêmes; refusons d'accompagner les injonctions macabres des néocons en nous acceptant mutuellement non seulement avec nos qualités mais aussi avec nos défauts. Tout le monde utilise cet adage mais, nous en Afrique, nous avons du mal à le pratiquer: "Les linges sales se lavent en famille".

Pourquoi les Africains livreraient un des leurs alors que les sanguinaires néocons bénéficient des largesses de ceux qui se prénomment "communauté internationale"?

Oui, le tribunal de la SADC a tranché en faveur d'un certain nombre de fermiers blancs. Naturellement les juges se sont basés sur les éléments administratifs qui leur donnent droit d'en être propriétaires. Moi, je conseillerai au gouvernement zimbabwéen, pourquoi pas l'Union africaine, de porter plainte contre ces fermiers auprès du même tribunal pour acquisition illégale des terres. Il est tout à fait clair lorsque ces mêmes juges analyseront tous les maillons de la chaîne de cette acquisition, ils vont vite comprendre que ces terres tant revendiquées ont été acquises, une fois de plus, au mépris des héritiers naturels, dans le sang, la désolation, bref dans l'illégalité totale.

Ne laissons pas tomber le régime du président Mugabe, ça sera un aveu d'échec terrible et dramatique pour notre peuple et pour notre continent; formons une chaîne de solidarité autour de ce régime en lui apportant un soutien clair et net tant matériel que moral pour battre en retraite ce plan de déstabilisation et de mépris orchestré par les néocons anglo-saxons. C'est l'image de l'Afrique ainsi que celle de tout son peuple qui est mise à l'épreuve.

Ceci nous emmène à la nécessité de la tenue de la Conférence panafricaine d'Addis-Abeba que je préconise, qui nous permettra de nous mettre en phase avec nos réalités profondes puisque aujourd'hui, notre Afrique est assise sur une fondation fragile bâtie de sable lors de la conférence de Berlin de 1884-1885. N'oublions surtout pas que la ville de Berlin est le tombeau de l'unité et de la fraternité africaine.

Ne nous trompons pas de combat, ciblons le système et non les hommes. L'Afrique par rapport à son passé a besoin d'écrire elle-même son histoire et de décider pour son devenir. Le président Mugabe n'est pas un ennemi des Africains.

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