La Prospérité (Kinshasa)
10 Décembre 2008
Kinshasa — Les pourparlers de paix étaient prévus pour durer trois jours. Les deux premières journées de lundi 8 et mardi 9 décembre 2008 ont été gaspillées sur des questions de forme et de cadre. Il en sera de même aujourd'hui mercredi 10 décembre. Gouvernement et CNDP seront convoqués avant la fête de Noël, Obasanjo dixit.
Décidemment, les négociateurs congolais n'ont toujours pas tiré de leçons des crises précédentes. Ceux qui sont allés à Nairobi en étaient encore hier mardi 9 décembre 2008, au deuxième jour des entretiens avec les rebelles du CNDP, à discutailler de la forme et du cadre. Franchement, c'est comme si l'on perdait du temps sur le sexe des anges. Les questions de fond sont loin d'être attaquées.
La partie gouvernementale, conduite par Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération régionale, insiste sur sa position, selon laquelle, un pouvoir légitime et légalement établi ne pouvait négocier directement avec un groupe armé, fût-il le CNDP de Laurent Nkunda. Autrement dit, si négociations il devrait y avoir, cela se déroulerait dans le cadre du dialogue permanent défini par le Programme Amani au sortir de la Conférence sur la paix, la stabilité e le développement du Kivu, en janvier 2008 à Goma.
Une façon de revenir à la rhétorique, vieille comme la terre, connue de tous, que tous les groupes armés actifs opérant dans l'espace kivutien soient associés aux discussions. Ce que récuse le CNDP qui tente de se mettre au même diapason que le Gouvernement. Nkunda et ses hommes ont présenté, mi-novembre, une avalanche de revendications au médiateur désigné par l'ONU, Olesegun Obasanjo. Nkunda ne vise pas autre chose que le partage du pouvoir. Selon l'un de ses lieutenants, le très arrogant Bertrand Bisimwa, présent à Nairobi, des discussions devaient porter sur trois aspects : politique, économique et militaire.
Comme n'importe quel analyste peut aisément le saisir, il n'y aucune avancée significative. Les parties campent, chacune, sur ses positions tranchées. Ce qui paraît curieux et troublant. En effet, pourquoi effectuer le déplacement de Nairobi dès lors que nul n'a la réelle volonté de faire des concessions ? Il y a fort à parier que les mêmes causes à l'origine de l'échec du Programme Amani produisent les mêmes effets à Nairobi.
A qui veut-on plaire quand quelque 2 millions de personnes sont condamnées à l'errance au Nord-Kivu ? Puisqu'il est écrit quelque part dans la Constitution que la liberté d'expression est garantie en RD Congo, les congolais sont fatigués de la guerre. Il faut la paix à tout prix. Cette guerre, imposée, a changé les priorités du Gouvernement. Et quand les gens doivent consacrer tout leur temps à chercher où cacher la tête, aucun développement n'est possible. D'où viendra la solution ? En tout cas pas de Nairobi.
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