Fraternité Matin (Abidjan)

Zimbabwe: Forte pression pour le départ de Mugabe

Ernest Aka Simon

9 Décembre 2008


Abidjan — Alors qu'une épidémie de choléra sévit dans le pays, le départ du président fait la une au plan international.

La pression internationale se renforce de plus en plus pour obtenir le départ du président zimbabwéen, Robert Mugabe. Selon France 24 et Rfi, le président américain George Bush a affirmé mardi qu'il était «temps pour Mugabe de partir». Après la réclamation faite lundi par le président français et président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, de voir le Chef de l'Etat zimbabwéen quitter au plus vite son fauteuil présidentiel. Vendredi dernier, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a donné le ton, appelant Mugabe à renoncer au pouvoir.

Comme si cela ne suffisait pas, George Bush a fait un appel pressant aux pays voisins du Zimbabwe à rejoindre ceux qui appellent à la fin de son règne. Mais parmi ces pays, seul le Bostwana a répondu à cet appel. Suggérant, par ailleurs, de priver Mugabe de l'essence, une des ressources qui le maintiennent à la tête du Zimbabwe. Afin de le contraindre à la démission.

A l'opposé, le gouvernement sud-africain ne se sent pas concerné par les appels internationaux en faveur de la démission de Robert Mugabe. Il estime d'ailleurs que le président zimbabwéen ne devrait pas être démis de force de ses fonctions.

«La position que nous avons n'est pas de pousser le président Robert Mugabe à la démission», a déclaré, à l'Afp, le directeur général des Affaires étrangères, Ayanda Nstaluba.

A Harare, on pense à une éventuelle attaque du Zimbabwe par les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le président Robert Mugabe a accusé, mardi, ces deux pays de prévoir une invasion de son pays, rejetant avec force les appels de la communauté internationale pour sa démission, a indiqué son porte-parole, George Charamba.

Pour le ministre zimbabwéen de l'Information, Sikhanyiso Ndlovu, «après avoir étranglé le pays avec des sanctions ( ) l'Occident cherche à s'engouffrer dans la brèche ouverte par le désastre pour justifier une intervention militaire».

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Sikhanyiso Ndlovu affirme, du reste, que les pays occidentaux ont contaminé le Zimbabwe avec de l'anthrax et du choléra. L'épidémie de choléra, à en croire le ministre de l'Information, «est sous contrôle».

«Nous avons assez de produits chimiques pour purifier l'eau. Nous avons assez de devises étrangères pour acheter des tuyaux», afin de réparer les égouts, a-t-il indiqué.

Selon un dernier bilan publié mardi, l'épidémie de choléra qui sévit au Zimbabwe a fait 589 morts et contaminé 13 960 personnes.

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