Jfb à Bangui
10 Décembre 2008
Le chef de l'Etat gabonais n'a ménagé ni son temps, ni les moyens de son pays pour venir en aide à ses voisins. Pour les responsables centrafricains de tous les niveaux et tous ceux qui s'intéressent au sort de la République centrafricaine, Libreville aura été l'un des principaux pôles d'attraction la semaine dernière.
Non pas qu'une partie des nombreuses manifestations liées au cinquantenaire de la proclamation de l'Etat centrafricain y ont été délocalisées, mais simplement parce que la plupart des protagonistes du Dialogue politique inclusif (Dpi) qui s'est ouvert hier à Bangui s'y sont rendus.
Du président François Bozizé qui est arrivé dans la capitale gabonaise mardi 2 décembre dernier, à peine les lampions du cinquantenaire éteints à Bangui pour une visite éclair de 24 heures à ange Félix Patassé son prédécesseur qui revient en Rca cinq ans après y avoir été chassé, en passant par Pierre Buyoya, l'ancien chef de l'Etat burundais désigné par les soins de Omar Bongo Ondimba, facilitateur du Dpi.
Mais il faut indiquer que le principal centre d'intérêt de ce ballet diplomatique était Omar Bongo Ondimba. Le chef de l'Etat gabonais, désigné par ses pairs de la sous région d'Afrique centrale pour essayer de conduire un énième processus de paix en République centrafricaine, n'aura ménagé ni son temps, ni les ressources financières de son pays pour faire démarrer ces travaux.
On a ainsi appris de Cyriaque Gonda, le ministre centrafricain en charge de la Communication et du Dialogue national que le chef de l'Etat gabonais a mis à la disposition du comité d'organisation, la rondelette somme de 250 millions de francs Cfa.
Une manière d'aider les Centrafricains à se parler franchement pendant ces deux semaines de travaux et à penser enfin au développement économique de ce pays exsangue de l'Afrique centrale classé par le Pnud, 171 sur 177 Etats dans le monde.
Annoncé à Bangui hier dans l'après midi parce qu'en sa qualité de Khalife général des musulmans de son pays il devait présider les cérémonies liées à la fête du mouton, c'est finalement dans les coups de 12 heures qu'il a débarqué à l'aéroport international de Bangui M'Poko afin de faire démarrer les travaux.
" Le président a jugé de l'importance des travaux de Bangui et il a délégué ses responsabilités religieuses à un représentant " a-t- on appris d'un membre de l'entourage du numéro un gabonais.
Pourtant Omar Bongo Ondimba n'est pas à son premier essai dans la recherche des solutions au drame que vit la Rca. Il y a conduit de nombreux processus de paix dont ceux de 2003, 2006 et la signature de l'Accord de paix global de mai dernier. Les échecs des premières tentatives ont parfois été les siennes.
Mais il a une fois de plus reçu l'aval de ses pairs de la sous région pour une autre tentative. Sans doute parce qu'il est sans doute celui qui maîtrise le mieux les acteurs du conflit centrafricain. Cette fois, il a clairement tenu à marquer son territoire en choisissant le facilitateur.
Le choix porté sur Pierre Buyoya ne paraît pas fortuit. L'ancien chef de l'Etat burundais s'était déjà illustré dans un exercice similaire au Rwanda.
A tous les Centrafricains qui ont pour repères Barthélemy Boganda, le fondateur de la Rca, Omar Bongo Ondimba a dit hier " que l'heure est plus que jamais venu pour toutes les filles et fils de Rca de se souvenir des enseignements de Boganda ".
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