Moustapha Barry
10 Décembre 2008
La pression monte sur le président zimbabwéen, Robert Mugabé. Après les Etats-unis et le Royaume Uni, voilà que l'Union européenne et le président français réclament sa démission. A l'occasion de la célébration des soixante ans des droits de l'Homme, le président de la République française n'a pas fait dans la dentelle en ce qui concerne la crise politique qui secoue le Zimbabwe.
Devant un parterre de personnalités, composés des lauréats du prix Nobel de la paix, des anciens présidents de la République, des anciens chefs de gouvernement ou ministres, des intellectuels, Nicolas Sarkhozy lança : 'Je dis, aujourd'hui, que le président Mugabé doit partir, que le Zimbabwe a suffisamment souffert, que toutes les discussions ont été engagées'. Avant de rendre hommage à l'Afrique du Sud et au président Mbéki à cause des négociations qu'il avait dirigées lorsqu'il était président de la République et un peu après sa démission.
Toutefois, le président français estime que 'quand un dictateur ne veut pas entendre, ne veut pas comprendre, alors j'estime que les chefs d'Etat et de gouvernement doivent cesser de discuter'. Pour lui, 'il est temps de dire à M. Mugabé : 'Vous avez assez pris en otage votre peuple, les habitants du Zimbabwe, le droit à la liberté, à la sécurité et au respect'. Et d'en conclure : 'Il (Robert Mugabé, Ndlr) doit partir.'
C'est une pression supplémentaire que la France veut maintenir sur le président zimbabwéen après celle de l'Union européenne qui signale avoir renforcé les sanctions contre le régime d'Hararé. L'Union européenne rejoint ainsi les Etats-Unis et le Royaume Uni. Il faut rappeler que cette réclame de Nicolas Sarkozy s'est faite dans un contexte où le Zimbabwe fait face à une épidémie de choléra qui a déjà fait 600 victimes.
Ce n'est pas seulement Robert Mugabé qui est visé. Le président soudanais, El Béchir, est aussi dans le viseur de Nicolas Sarkozy qui l'avait rencontré à Doha, il y a quelques jours. 'Ce n'est pas la peine de vous donner beaucoup de mal pour me convaincre que le Darfour est sans doute l'un des grands scandales de ce début de siècle. Des dizaines de milliers, des centaines de milliers peut-être, de morts dans cette région du monde, où les populations n'ont rien et où ont eu lieu, sans doute, les premières guerres de la faim et de l'eau.
Nous avons besoin du gouvernement soudanais pour trouver enfin la paix au Darfour. Nul ne le conteste. Le président Béchir a bien peu de temps pour décider. Il a son avenir entre les mains. Soit, il change d'attitude et la communauté internationale peut discuter avec lui, soit il ne change pas d'attitude et il sera alors face à ses responsabilités, notamment devant la Cour pénale internationale qui est un progrès de l'humanité', soutient le président français.
Nicolas Sarkozy fait allusion au mandat d'arrêt international lancé contre le président soudanais par le Tribunal international de la Haye. Il estime que : 'Lorsqu'on conserve dans son gouvernement un homme qui est poursuivi pour crime, alors la communauté internationale ne peut pas parler avec vous'. Avant de marteler : 'Le choix du président Béchir, du président soudanais, est un choix qu'il doit faire non pas dans les semaines qui viennent, mais dans les prochains jours'. Sarkozy informe qu'il le lui a dit à Doha.
'J'ai eu l'occasion à Doha fin novembre de le lui dire de la façon la plus claire', soutient-il. Pourquoi l'avoir rencontré quand la plupart des présidents occidentaux refusent de voir El Béchir ? 'Si l'on ne parle pas avec le président soudanais, comment trouvera-t-on la solution dans cette partie du monde ?', se défend-il. Avant d'ajouter : 'Mais si le président soudanais ne change pas de politique, alors plus personne ne parlera avec lui'.
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