Nord-Sud (Abidjan)
Nomel Essis
10 Décembre 2008
Le Zimbabwe est frappé de plein fouet par une épidémie de choléra qui a déjà entrainé la mort de plus de 500 personnes et en contaminé 12.700, selon les estimations de l'Onu. Cette maladie vient aggraver la situation d'un pays exsangue dont le système de santé est complètement délabré, les réseaux d'assainissement en panne, les personnels de santé démobilisés. Devant l'ampleur du drame, Harare a lancé un SOS à la communauté internationale qui n'a pas tardé à réagir positivement.
La Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale, s'est empressée de débloquer 11 millions d'euros, la France 200.000 euros et les USA qui promettent de délier la bourse. Pourtant les relations entre ces pays et le Zimbabwe sont au plus bas depuis quelques années. Incapable de faire face à l'épidémie de choléra qui est en train de décimer son peuple, Mugabe n'a pas eu honte de tendre la main à ses «ennemis». Paradoxe.
Il aurait été logique de gérer cette épidémie sans faire appel aux Occidentaux au nom de la souveraineté. De l'aveu même des autorités, le ministère de la Santé n'avait besoin seulement de 4 millions de dollars pour l'achat des produits chimiques nécessaires au traitement de l'eau, des médicaments mais aussi des vivres. Devant l'incapacité des dirigeants à lutter contre l'épidémie, les « Blancs » dans la foulée de l'aide qu'ils apportent, exigent le départ du président zimbabwéen au pouvoir depuis 28 ans.
La pression s'accentue sur le vieillard qui continue de défier les Occidentaux et les accuse de comploter contre lui. «Il est temps pour Robert Mugabe de partir. Je pense que c'est désormais une évidence», a lancé la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice en visite vendredi dernier à Copenhague au Danemark. Même son de cloche chez son homologue britannique, David Miliband.
«La détérioration de la situation au Zimbabwe n'est qu'une nouvelle illustration de l'incapacité du gouvernement du Zimbabwe», a-t-il estimé. Le président français Nicolas Sarkozy et le responsables des Affaires étrangères de l'UE, Javier Solana aussi ont demandé le départ de l'ancien maquisard. Hier, le président américain a enfoncé le clou en demandant clairement hier le départ de Mugabe.
En Afrique, seul le Premier ministre kenyan a ajouté sa voix à ce concert. «Il est grand temps pour les dirigeants africains d'entreprendre des actions pour l'écarter du pouvoir», a soutenu Raila Odinga. Les autorités d'Harare n'ont pas attendu longtemps pour réagir. «Les Zimbabwéens sont les seuls à pouvoir dire à Mugabe de partir à travers les voies constitutionnelles», a rétorqué le ministre des Affaires étrangères.
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