A. Sarr Gonzales
11 Décembre 2008
Salif Cissé et Sadio Konté, tous domiciliés au village de Warang, dans le département de Mbour, sont retournés en prison pour un séjour de deux ans. Ainsi, en a décidé le tribunal régional de Thiès où ils étaient entendus pour le délit de trafic de chanvre indien.
C'est un coup dur pour les prévenus qui totalisent cinq ans dans cette localité pour pouvoir thésauriser un peu d'argent avant de retourner chez eux.
Seulement, ils n'ont pas pu résister à la tentation, eux qui ont finalement opté pour le commerce illicite de chanvre indien. Leurs activités très louches dans cette localité avaient attiré l'attention de quelques villageois qui ont informé les policiers du commissariat urbain de Mbour.
Les policiers sont alors descendus tout récemment à Warang pour les épingler. Le premier, en l'occurrence Salif Cissé, exerce le boulot de manoeuvre, tandis que Sadio s'est orienté, depuis son arrivée dans cette localité, vers le métier de ramasseur d'ordures.
Avec sa charrette, le bonhomme gagnait bien sa vie. Au tribunal, il a expliqué les raisons qui l'ont poussé à s'adonner au trafic de « l'herbe qui tue ». A l'en croire, c'est lors de son premier essai qu'il a vite compris que ce commerce était bien juteux et qu'il pouvait s'enrichir en quelques mois. Et comme l'appétit vient en mangeant, il a changé de modus operandi en recevant de manière ostentatoire ses clients.
La dernière fois, ce sont les policiers qui lui ont rendu visite. Ils l'ont trouvé dans la cour de son domicile avec un cornet de chanvre indien. Poursuivant leurs investigations dans la chambre de Konté, ces derniers mirent la main sur un cornet de yamba et 3,5 kilogrammes de la même drogue enveloppés dans un sac en plastique. Le charretier fut aussitôt mis aux arrêts.
Au cours de son interrogatoire, il déclara que le chanvre lui avait été fourni par un certain Salif Cissé. Cap chez ce dernier. Là également, c'est un kilogramme que les policiers découvrirent au domicile de Salif Cissé.S'il est bien vrai qu'ils avaient fait des aveux circonstanciés au commissariat de Mbour, par contre ils ont passé tout leur temps à nier les faits qui leur sont reprochés à la barre.
Plus grave encore, Sadio, le charretier, a indiqué que c'est un coup monté par les policiers. Il affirme avoir été tabassé par ces derniers.
Son fournisseur, Salif Cissé, dit avoir été accusé à tort et qu'il est blanc comme neige. Même avec ces déclarations pas du tout convaincantes, ils n'ont pas réussi à sortir de l'auberge puisque le procureur de la République n'a pas manqué de s'appesantir sur leur malhonnêteté.
Selon le parquet, la loi n'interdit pas de mentir, mais que dans ce cas d'espèce, ils se sont empêtrés dans des contrevérités et des dénégations incessantes.
Pour la sentence, il a requis une peine de deux ans ferme à chacun d'eux. Le tribunal l'a bien suivi dans son réquisitoire et a ordonné la destruction de toute la drogue trouvée chez les prévenus.
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