La Prospérité (Kinshasa)

Nigeria: Obasanjo essoufflé, Louis Michel au secours !

12 Décembre 2008


Kinshasa — C'est un atterrissage forcé qu'ont connu les pourparlers entre le Gouvernement et le CNDP, à Naïrobi. Blocage mercredi, dans la soirée, et menaces de quitter la table de discussions, jeudi matin. Et, finalement, c'est sur Louis Michel que le médiateur compte, pour une nouvelle mission de bons offices en vue de dégager rapidement un compromis. Le commissaire Européen au Développement rencontre aujourd'hui le Président Kabila, après ses entretiens séparés avec Paul Kagame et Laurent Nkunda.

L'objectif visé, dans tous ces entretiens, est d'encourager toutes les parties à se concentrer sur les causes principales de la crise actuelle au Nord-Kivu, souligne John Clancy, le Porte-parole de Louis Michel. La présence des Fdlr ainsi que la question de l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RD. Congo, pouvaient, par exemple, constituer la colonne vertébrale de ces pourparlers. Louis Michel qui intervient à la demande de l'ancien Président Nigérian a rencontré ce jeudi, de manière séparée, Paul Kagame, à Kigali, et Laurent Nkunda, dans son fief naturel, au Nord-Kivu. Aujourd'hui, il poursuit ses entretiens autour de l'épineuse question de la crise de l'Est avec le Président Joseph Kabila, à Kinshasa.

Louis Michel insiste sur une solution politique et diplomatique

« La situation humanitaire est grave et il est important que je puisse me rendre compte de conditions difficiles auxquelles tant de personnes sont confrontées. L'aide humanitaire de la Commission Européenne est essentielle au soutien à court terme des personnes déplacées au Nord-Kivu. Les projets d'aide humanitaire financés par la Commission tels que les centres médicaux et les camps ne se situent pas seulement autour de la ville de Goma, mais dans toute la région. Nous devons redonner aux populations du Kivu l'espoir de retrouver une vie normale. Comme je l'ai déjà dit précédemment, l'Europe se sent concernée et se mobilise pour aider à la reconstruction dans la zone du Kivu. Mais, tout d'abord, l'ensemble des parties doivent trouver une solution diplomatique et politique et parvenir à un accord sur une paix durable », a déclaré, hier, Louis Michel, à l'issue de sa mission humanitaire du Nord-Kivu.

Echos négatifs à Nairobi

Deux obstacles majeurs ont épuisé la réserve de patience du médiateur Olusegun Obasanjo. Le CNDP, au départ, un mouvement de revendications d'une cause purement ethnique, aurait voulu étendre ses tentacules, loin du Kivu. Le Mouvement de Laurent Nkunda qui dit vouloir libérer l'ensemble du peuple congolais, aurait souhaité la réédition de l'expérience de Sun City. Un dialogue direct portant sur la situation générale du pays et la gouvernance. A la clé, le CNDP postule pour un changement, à terme, des animateurs des institutions issues des urnes. Quitte à réinventer, peut-être, une nouvelle formule atypique, sur les décombres du schéma 1+4 de triste mémoire. Puis, Obasanjo a constaté que le mandat de la délégation du CNDP présente à Nairobi, paraissait strictement limité, au regard de son refus à signer les textes reprenant les compromis dégagés, durant trois jours de discussions. Et, pourtant, Kinshasa s'y est prêté, sans problème. Kinshasa et la facilitation n'émettent sur la même longueur d'ondes que le CNDP. Le mouvement de Laurent Nkunda dénoncé, d'ailleurs, une certaine partialité de la part de la facilitation. Mais, pour Obasanjo, lui-même, les exigences du CNDP, dépassent les bornes tracées dans le mandat qui le désignait, le 7 novembre dernier, comme médiateur. Pour lui, en effet, il n'avait reçu mission que de faciliter le règlement de la crise du Kivu, et, spécialement, celle qui a jeté plus de 250.000 personnes dans la brousse.

Où va-t-on ?

Mal engagés, les pourparlers de Nairobi n'ont pas résisté à la critique. Les sceptiques n'y avaient vu qu'une épaisse fumée, juste bonne pour rincer les cils. Trois jours, dans la capitale kenyane, n'étaient pas suffisants. Gouvernement et CNDP n'accordent toujours pas leurs violons. Les populations civiles, pendant ce temps, croupissent dans la misère la plus noire. Le drame ? Les visées rivales soutenues par les uns et autres, offrent peu de chance à la paix. Celle-ci ne tient plus qu'à un fil, en raison du calme précaire observé depuis quelques semaines, sur le terrain des opérations. Les interventions se multiplient, en Afrique, Europe, à l'Onu et ailleurs, à telle enseigne que le ballet diplomatique est resté sérieusement mouvementé, depuis fin août 2008, sur cette crise de l'Est. Kabila et Kagame en ont parlé, eux aussi, à Nairobi, auparavant. Ban Ki-Moon était témoin. Jean Mping, le Président de la commission de l'Union Africaine, était aussi là. La Sadc a même menacé. Tandis qu'un sommet de la CEEAC regroupant les Chefs d'Etat-Majors des armées de l'Afrique Centrale y a sérieusement consacré de l'énergie. L'Union Européenne, lors de ses dernières délibérations, s'y est prononcée, en levant les dernières options sur le respect de la légalité et légitimité des institutions. L'intangibilité des frontières et la souveraineté de la RD. Congo ne devaient pas en pâtir, selon une déclaration sanctionnant ces délibérations de l'Union Européenne. Obasanjo, après des chaudes discussions, accuse aujourd'hui, des signes d'essoufflement. C'est encore et toujours Louis Michel qui revient. Alors que Karel De Gucht parle, lui, d'un cocktail mortel en RD. Congo. Un pays qui, selon lui, affiche une absence quasi-totale de l'autorité de l'Etat, des richesses naturelles abondantes mais, utilisées à des fins de guerre. L'Onu, de son côté, prépare l'envoi de quelque trois casques bleus. Alors que la force intérimaire de l'UE, une sorte d'Artémis II, tarde à prendre corps. Les perspectives sont sombres. Le bout du tunnel étant encore loin. Où va-t-on ?

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2008 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Nigeria

Ask Obama a Question