Nord-Sud (Abidjan)
Bakayoko Youssouf
12 Décembre 2008
Robert Mugabe veut noyer le poisson. Le président zimbabwéen a tenté de faire croire hier que l'épidémie de choléra, qui a fait près de 800 morts selon l'Onu, était finie. Dans le même temps, l'Afrique du Sud déclarait sa région frontalière "zone de catastrophe" suite à l'afflux de malades et à la contagion régionale. "Je suis heureux d'annoncer que nos médecins ont été aidés par d'autres (organisations), par l'Oms et ils ont maintenant enrayé le choléra", a déclaré M. Mugabe.
A la télévision nationale, il s'en est pris au Premier ministre britannique Gordon Brown ainsi qu'aux présidents français Nicolas Sarkozy et américain George W. Bush qui ont appelé à son départ. "A cause du choléra, M. Brown, M. Sarkozy et M. Bush voulaient une intervention militaire.
Maintenant qu'il n'y a plus de choléra, il n'y a plus de raison de faire la guerre", a poursuivi le vieux dictateur Mugabe, dont le gouvernement avait accusé en début de semaine l'Occident d'avoir notamment "contaminé (le pays) avec du choléra" pour "justifier une intervention militaire". Peu après cette allocution, l'Onu a fourni un nouveau bilan, sans cesse en hausse, faisant état d'au moins 783 morts du choléra au Zimbabwe depuis août et de 16.403 cas suspects.
Le plus vieux chef d'Etat africain (84 ans) s'est aussi attiré un démenti immédiat de la France, qui préside actuellement l'Union européenne. "Contrairement à ce qu'affirme M. Mugabe, l'épidémie de choléra n'est pas endiguée", a déclaré à la presse le porte-parole-adjoint du ministère des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux, en citant l'Organisation mondiale de la santé (Oms).
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Nord-Sud. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.