Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Dr Seydou Sidibé(ATP) - "Nous voulons soutenir les politiques de production animale"

S. Nadoun Coulibaly

16 Décembre 2008


interview

Dr Seydou Sidibé est le coordonnateur du projet Agrobusiness and trade promotion qui organise du 16 au 18 décembre, un atelier de validation de l'évaluation sous-régionale de la chaîne de valeur bétail-viande. Il se prononce sur les attentes de cette assise de même que sur le rôle moteur de l'élevage dans les économies sous-régionales.

Qu'est-ce que le projet Agrobusiness and trade promotion (ATP) ?

C'est un projet qui a pour objectif essentiel l'augmentation de la valeur et du volume commercial et taxe régionale des produits dont nous prônons la promotion. Il s'agit du maïs, l'oignon et surtout l'élevage.

Le projet entend accompagner les différents partenaires sous-régionaux, en l'occurrence la CEDEAO, l'UEMOA et le CILSS dans la mise en Å"uvre de leurs politiques. Nul n'ignore que l'UEMOA et la CEDEAO sont confrontées aux barrières tarifaires et non tarifaires qui voilent la

"Le projet ATP entend augmenter la valeur et le volume commerciaux des produits animaux".

route des animaux du Burkina vers la Côte d'Ivoire et surtout de l'élevage

Partant de ce constat, nous avons mis l'accent essentiellement sur l'appui à la levée des barrières tarifaires et non tarifaires mais aussi de la mise en relation d'affaires des différents acteurs pour satisfaire à leurs besoins. Nous avons également l'ambition de renforcer la qualité de l'information.

Il s'agit de mettre l'information commerciale à la disposition des acteurs en temps réel pour leur permettre de mener à bien leur travail. Le projet ATP se veut être un catalyseur qui accompagne et appuie les autres partenaires dans la mise en Å"uvre de leurs activités.

Un séminaire est prévu du 16 au 18 décembre 2008 sur l'évolution de la chaîne de valeurs bétail/viande. De quoi sera-t-il question exactement ?

Etant donné que notre projet vient de démarrer, nous pensons qu'avant de faire un plan de travail, il est souhaitable de faire une mission de référence.

De ce point de vue, nous avons entrepris une mission d'évaluation dans les cinq pays où nous intervenons, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Bénin. Cette démarche a conduit à la formulation d'une seule et même référence.

Etant entendu que nous sommes portés sur le marché et que c'est le marché qui commande la production, nous avions d'abord tenté de voir quels sont au niveau des pays côtiers, les besoins.

Nous avons par la suite, examiné la catégorisation des besoins, des marchés dans le but de pouvoir satisfaire aux préoccupations des pays sahéliens. Nous avons, pour ce faire, sillonné la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Bénin afin de nous enrichir de leurs expériences.

A partir de la chaîne de valeurs de la carte que nous avons tracée, l'objet de l'atelier dont vous faites allusion, c'est de faire valider la carte telle que nous l'avons perçue actuellement au niveau de ces pays.

 Qu'avez-vous pu mettre en évidence dans votre étude ?

Si nous prenons par exemple le premier domaine qui est l'accès à l'aliment-bétail, nous avons constaté que dans les pays visités, il y a un accès difficile à l'aliment-bétail. En effet, les promoteurs d'aliments sont confrontés à des difficultés financières si bien qu'il ne leur est pas aisé de mettre à la disposition des éleveurs, l'aliment-bétail.

Il y a les Grands moulins comme ceux du Burkina, du Mali par exemple qui font de l'aliment mais... Il y a aussi des fourrages qui, malheureusement, connaissent également des difficultés en fonction de la saison

Dans les pays visités, nous avons noté que l'accent n'est pas mis sur les produits vétérinaires. Or pour avoir un produit sain, il faut qu'il soit bien traité. Cette problématique relève du domaine des intrants.

Si on remonte au deuxième maillon de la chaîne qui concerne la production, on se rend compte qu'elle est (la production) caractérisée par son aspect traditionnel. Non seulement elle est traditionnelle mais aussi marquée pour une faiblesse en termes de productivité.

Cet état de fait est dû à deux éléments essentiels notamment les mauvaises conditions d'élevage et de faible potentiel génétique des races locales.

Il importe donc au regard de ces insuffisances, de partir de l'élevage traditionnel qui constitue le creuset de la production des animaux pour aller vers un élevage amélioré qui est l'embouche. C'est en cela qu'on parviendra à mettre à la disposition des pays côtiers, des animaux de qualité.

Après la production, nous avons constaté qu'au niveau de la commercialisation, les choses se font de façon informelle. Le commerce qui s'y fait est essentiellement oral, qui se règle en espèces et géré par des gens qui n'ont pas les technicités modernes pour exercer ce commerce qui reste exclusivement fondé sur la confiance mutuelle.

Outre cela, il y a beaucoup d'intermédiaires qui, bien que sans statut clair, sont les garants des transactions commerciales. Ce caractère traditionnel mérite d'être corrigé, étant donné que nous évoluons dans un monde caractérisé par la modernité.

Au niveau de la transformation, bien que nos Etats aient souvent investi beaucoup dans la réfection des abattoirs, il demeure malheureusement toujours un problème de gestion et d'hygiène.

Pour pallier ce handicap, il faut organiser des sessions de formation à l'intention des bouchers, de sorte à les amener à maîtriser les techniques modernes y afférentes, gages de l'exportation de la viande de qualité. Mais là aussi réside une autre contrainte : l'absence de camions frigorifique ou de bétailleurs.

L'acquisition de ces instruments de transport (bétailleurs) reste une nécessité impérieuse. Il faut également envisager la construction de conserveries modernes. Toutes ces actions, ces conditions doivent être réunies avant toute exportation. Toutes les étapes des intrants jusqu'à l'exportation doivent être régies par la contractualisation des transactions.

Au regard de votre expérience dans le domaine, comment envisagez-vous l'intensification ou la diversification de la production bétail et viande ?

Il faut absolument améliorer la productivité et la production animale. En ce sens, il convient de mettre un accent particulier sur l'alimentation. Il faut maîtriser l'alimentation mais aussi la santé animale. L'amélioration de la génétique est une Å"uvre de longue haleine. Ce n'est pas avec des projets de trois voire cinq ans qu'on peut atteindre des résultats probants. Ce que notre projet envisage de faire.

Quelle est la durée et le coût du projet ATP ?

Le projet ATP s'étend sur cinq ans. Il a démarré en 2007 et prend fin en 2012. Le projet est estimé à 16,9 millions de dollars. Le siège de l'ATP se trouve à Accra au Ghana. Le projet couvre tous les pays membres de la CEDEAO.

Comme nous avons obligation de résultats, nous intervenons pour le moment dans les pays cités plus haut. Nous travaillons en partenariat avec les institutions sous-régionales sus-citées et les départements ministériels ayant en charge les ressources animales.

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