Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Dr Seydou Sidibé(ATP) - "Nous voulons soutenir les politiques de production animale"

S. Nadoun Coulibaly

16 Décembre 2008


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Nous voulons accompagner ces ministères à peaufiner des politiques, des stratégies en matière de production animale. Nous apportons également un appui à une confédération notamment la confédération des fédérations du secteur du bétail et de la viande des pays de l'UEMOA.

 Que pensez-vous de l'abattage clandestin qui s'opère dans les grandes villes de la sous-région ?

Le Burkina a beaucoup investi dans l'abattoir de Ouagadougou. Il a coûté la bagatelle de 3 milliards de francs CFA. Cependant, les mesures d'accompagnement n'ont pas suivi car il y aurait fallu procéder au renforcement des capacités des acteurs à la mise en place de mécanismes qui puissent concourir à une bonne gestion du patrimoine.

Cette insuffisance fait que l'abattage clandestin a pris de l'ampleur et ce, au détriment de la santé de la population. Ce que je suggère aux autorités, c'est de mettre en place des brigades non pas de répression mais de sensibilisation, de formation et d'information.

 Quel est l'apport de la filière bétail-viande à l'économie nationale ? Est-elle menacée par la crise financière ?

La seule vraie richesse que les pays sahéliens possèdent, c'est leur bétail. Que ce soit l'or ou le coton, ce sont des expatriés qui viennent les exploiter.

Mais le bétail, c'est notre propriété, notre richesse. Malheureusement, l'élevage est entre les mains de gens qui sont pour la plupart analphabètes. Il faudrait qu'une nouvelle génération d'éleveurs voit le jour.

Il faut des businessmen, il faut des plans d'affaires, des gens formés. Malheureusement, ce sont les anciens qui détiennent la surface financière.

La valorisation du secteur bétail et de ses sous-produits doit être un impératif. Une bonne gestion du pâturage peut concourir également à une bonne rentabilité du secteur. Nous devons avoir la maîtrise de la gestion de notre environnement, des pâturages etc.

 Peut-on dire que la récession économique en cours au Nord laisse présager des craintes d'une éventuelle baisse des quantités de bétail ou de viandes exportées ?

A mon avis, non ! Parce que nous méconnaissons notre cheptel. Mieux, nos exportations sont orientées essentiellement vers les pays côtiers. Les paramètres zootechniques ne sont pas maîtrisés. Nous faisons des recensements ponctuels.

Nous faisons des analyses ponctuelles. Ce qu'il faut faire c'est de mettre un mécanisme de suivi permanent de notre cheptel.

Le dernier recensement du cheptel burkinabè s'est fait en 2003, 2004 au Mali. D'année en année, on doit réactualiser les données en y affectant des taux de croix. C'est en cela qu'on fera de notre cheptel une véritable source de production de devises.

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