Simon-Pierre Butsana
16 Décembre 2008
(Page 2 of 2)
Assez de théorie, du concret à présent
Les rayonnements des antennes (sectorielles) du monde cellulaires de nos téléphones GSM, chauffent-ils nos corps par micro-ondes? C'est la question. Les spécialistes ne s'accordent pas sur une réponse unique et claire sur ce sujet. La situation est sans doute compliquée par les conflits d'intérêts de différents groupes industriels, scientifiques, et même politiques. Mais que dit la science?
Le chauffage par micro-ondes est fonction de la fréquence de l'onde, du temps d'exposition, ainsi que de la capacité du corps rencontré à absorber l'onde. Cette capacité est elle-même fonction de la fréquence et de la température à l'intérieur du corps. Il n'y a pas beaucoup de données sur le comportement de la matière ... pardon, du corps humain aux fréquences utilisées par les GSM, en partie parce qu'il est difficile d'avoir des cobayes humains, et aussi la difficulté à isoler les effets lents d'autres causes possibles.
Bien que la capacité d'absorption d'hyperfréquences du corps humains aux fréquences GSM soit mal connue, le chauffage des tissus humains par absorption d'ondes de ces hyperfréquences pourrait avoir, à moyen ou long terme, divers effets néfastes sur la santé. Penser par exemple à la dénaturation des protéines lorsqu'elles sont chauffées (Que devient un oeuf de poule chauffé dans l'eau ?).
Dans une situation où des spécialistes s'opposent sur la nocivité ou risque négligeable de ces hyperfréquences, nous pensons qu'il y a lieu d'adopter des mesures conservatoires pour assurer la santé de la population.
Les utilisateurs de GSM doivent éviter de téléphoner de longues minutes avec leur mobile collé à l'oreille: cela augmente le temps d'exposition du cerveau notamment aux ondes électromagnétiques et est potentiellement nuisible, en cas d'absorption par le cerveau d'une partie de l'énergie rayonnée; dans la mesure du possible, il faut utiliser le haut parleur du téléphone ou un kit mains libres;
Les pouvoirs publics devraient: protéger la population en limitant par loi la puissance des émetteurs alimentant les antennes sectorielles sur les pylônes des opérateurs de téléphonie cellulaire : il s'agirait de normaliser (et s'assurer que la norme est respectée) la puissance maximale admissible pour les émetteurs hyperfréquences installés en zones habitées ; imposer une distance minimale entre les sites des pylônes des opérateurs du cellulaire et les premières habitations; Imposer une étude d'impact santé / environnement avant tout nouveau développement; encourager le développement de moyens de communications alternatifs car, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les hyperfréquences ne sont pas la seule technologie de télécommunications accessible et de coût raisonnable pour un pays peu ou en voie de développement.
La RDC pourrait ainsi explorer la fibre optique, les lasers en espace libre (FSO : Free Space Optics), la transmission de données sur les lignes de transport d'énergie électrique (BPL : Broadband over Power Line), etc. ; mettre en place un cadre juridique où les opérateurs de téléphonie cellulaire pourraient confier en cas de besoin le transport de leur trafic (des sites distants vers les équipements centraux et vice-versa) à des sociétés indépendantes possédant ou exploitant une infrastructure autonome approuvée; encourager la mise sur pied d'un syndicat réellement indépendant de consommateurs des services de téléphonie cellulaire.
L'emplacement de ces pylônes tiendrait compte aussi bien des avantages de relief, de visibilité et de couverture électromagnétiques que de la minimalisation de l'exposition de la population aux ondes intenses. Différents opérateurs loueraient alors de l'espace sur ces pylônes à l'autorité publique. Cette approche, tout en apportant un gage sur la préservation de la santé de la population, constituerait par ricochet une source supplémentaire de revenus pour l'Etat. D'un point de vue d'urbanisme et beauté du paysage, il y aurait moins de pylônes poussant à travers la ville.
Ceci est pour nous d'autant plus impérieux que diverses technologies sans fil se déploient à travers la RDC sans qu'aucune question ne soit posée au sujet de leur impact sur la santé publique. Outre le cellulaire, des antennes de divers types sont visibles partout à Kinshasa: WiMax, WiFi, protocoles propriétaires. Il est temps de commencer à réguler véritablement avant qu'un drame national ne s'abatte dans le pays.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.