La Tribune (Algiers)

Zimbabwe: L'opposition zimbabwéenne accuse le gouvernement de vouloir instaurer l'état d'urgence

Rabah Iguer

16 Décembre 2008


Les autorités zimbabwéennes ont déclaré hier qu'elles bloqueraient toute tentative de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis de mettre le Zimbabwe à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. «Vous ne réunissez pas un Conseil de sécurité pour discuter d'un Etat souverain sans consulter ce pays», a dit le ministre de l'Information zimbabwéen, Sikhanyiso Ndlovu, cité par le quotidien gouvernemental le Herald.

«Nous ne sommes pas une menace. S'ils [la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ndlr] insistent, nous travaillerons dur pour bloquer cette action avec l'assistance de nos amis», a-t-il ajouté. Le Conseil de sécurité, composé de quinze membres, devait se réunir hier à huis clos, alors que les pressions se font de plus en plus insistantes sur le président Robert Mugabe pour qu'il démissionne tandis que son pays fait face à une grave crise économique et à une épidémie de choléra massive.

Les Etats-Unis accusent le vieux dirigeant zimbabwéen de l'état économique et social catastrophique dans lequel se trouve son pays où, selon les Nations unies, le choléra a fait près de 800 morts et plus de 16 000 malades, le tout sur fond d'impasse politique entre le parti au pouvoir et l'opposition quant au partage du pouvoir. La semaine dernière, le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a indiqué que Washington discutait avec le grand voisin du Zimbabwe, l'Afrique du Sud, et d'autres membres du Conseil de sécurité sur la nécessité d'«entamer un processus qui mettrait fin à la tragédie se déroulant» dans ce pays.

Parallèlement, l'opposition zimbabwéenne, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a affirmé, hier également, que le parti au pouvoir avait l'intention de déclarer l'état d'urgence, ce qui lui permettrait de suspendre la Constitution, selon le secrétaire général de ce parti, Tendai Biti. «Nous n'avons aucun doute [...] qu'ils vont déclarer l'état d'urgence», a indiqué le numéro deux du MDC lors d'une conférence de presse à Harare. «Avec l'état d'urgence, on ne peut avoir recours aux avocats, la Constitution est suspendue», a-t-il rappelé.

Selon lui, le parti au pouvoir tente actuellement d'obtenir des aveux de certains opposants pour justifier cet état d'urgence. «Les 15 militants [du MDC] enlevés depuis octobre seront utilisés pour obtenir de faux aveux», a-t-il ajouté. Pour rappel, le Zimbabwe est plongé dans la paralysie politique depuis les élections générales de mars, remportées par le MDC.

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